Stéroïdes intratympaniques pour le traitement de la maladie ou syndrome de Ménière

La maladie de Ménière est un trouble de l'oreille interne qui entraîne des étourdissements de type rotatoire (vertiges), une perte auditive et des bourdonnements dans les oreilles (acouphènes) ; cela peut être très incapacitant. La cause de la maladie de Ménière reste inconnue. Dans la littérature médicale il existe des études favorables à un traitement impliquant l'injection de stéroïdes via le tympan et dans l'oreille moyenne, afin de réduire la fréquence et la gravité de ces symptômes.

Des études comparant des injections de stéroïdes dans l'oreille et un placebo chez des patients atteints de la maladie ou syndrome de Ménière ont été recherchées. Une seule étude répondait aux critères d’inclusion prédéfinis pour cette revue. Cette étude démontrait que ce traitement était bénéfique pour les patients atteints de la maladie de Ménière ; à 24 mois, les patients dans le groupe de traitement avaient bien moins d'épisodes de vertige. Les conclusions de cette revue sont encourageantes, cependant, attendu qu'elles se fondent sur les résultats d'une seule étude, des recherches complémentaires sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats d'un seul essai fournissent des preuves limitées à l'appui de l'efficacité des stéroïdes intratympaniques chez les patients atteints de la maladie de Ménière. Cet essai mettait en évidence une amélioration statistiquement et cliniquement significative de la fréquence et de la gravité des vertiges mesurés 24 mois après l'administration du traitement. Il est important de préciser que certains aspects de l'étude n'ont pas pu être éclaircis avec les auteurs.

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Contexte: 

La maladie de Ménière est un trouble qui se caractérise par une perte auditive, des acouphènes et des vertiges incapacitants.L'utilisation de stéroïdes intratympaniques pour réduire la gravité de ces symptômes est de plus en plus généralisée.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité de stéroïdes intratympaniques sur la fréquence et la gravité des épisodes de vertige, sur des symptômes chroniques tels que les acouphènes, le déséquilibre et la perte auditive et sur la progression de ces symptômes chez des patients atteints de la maladie ou du syndrome de Ménière avéré, selon la définition du comité de l'AAO-HNS.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur l'otorhinolaryngologie ; le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) ; PubMed ; EMBASE ; CINAHL ; Web of Science ; BIOSIS Previews ; Cambridge Scientific Abstracts ; ICTRP et autres sources afin de recenser des essais publiés et non publiés. La recherche la plus récente a été effectuée le 13 janvier 2011.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés sur la dexaméthasone intratympanique versus un placebo chez des patients atteints de la maladie de Ménière.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué le risque de biais des essais et extrait les données de manière indépendante. Les auteurs des études ont été contactés afin d'obtenir des informations supplémentaires lorsque cela était possible.

Résultats principaux: 

Un seul essai rassemblant 22 patients et présentant un risque de biais faible a été inclus.Cet essai mettait en évidence qu'après 24 mois, par rapport au placebo, l'utilisation de dexaméthasone intratympanique entraînait une amélioration statistiquement significative des vertiges, définie comme une augmentation respective du niveau fonctionnel (90 % versus 42 %), de la classe fonctionnelle (82 % versus 57 %), des scores au test DHI (Dizziness Handicap Inventory) (60,4 versus 41,3) et de l'amélioration subjective moyenne des vertiges (90% versus 57 %).Le traitement décrit par les auteurs impliquait des injections quotidiennes d'une solution de 4 mg/ml de dexaméthasone, pendant cinq jours consécutifs. Ces résultats étaient cliniquement significatifs. Aucune complication n'a été rapportée.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.