Analogues de l'hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires pour la douleur associée à l'endométriose

L'endométriose est une affection fréquente qui touche les femmes en âge de procréer, et qui est généralement due à la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine. Les symptômes courants sont notamment la douleur et l'infertilité. Les analogues de la GnRH sont un groupe de médicaments fréquemment utilisés pour traiter l'endométriose en faisant chuter les taux d'hormones. Cette revue a mis e évidence des preuves suggérant qu’un traitement avec un analogue de la GnRH contribuait à un meilleur soulagement des symptômes comparativement à l’absence de traitement ou à un placebo. Il n'y avait pas de données probantes indiquant une différence statistiquement significative comparativement au danazol ou à un progestatif intra-utérin. Toutefois, il y a eu davantage d’effets secondaires signalés dans le groupe traité par analogue de la GnRH que dans le groupe traité par danazol. Il n'existe pas suffisamment de preuves pour établir clairement s’il vaut mieux administrer des doses supérieures ou inférieures d'analogues de la GnRH, ou pour déterminer la meilleure durée du traitement.

Conclusions des auteurs: 

Les analogues de la GnRH semblent être plus efficaces pour soulager la douleur associée à l'endométriose que l'absence de traitement/un placebo. Il n’y avait pas de preuve attestant d'une différence sur le plan du soulagement de la douleur entre les analogues de la GnRH et le danazol, bien qu'un plus grand nombre d'événements indésirables aient été signalés dans les groupes traités par analogue de la GnRH. Il n’y avait pas de preuve attestant d'une différence sur le plan du soulagement de la douleur entre les analogues de la GnRH et le lévonorgestrel et aucune étude n'a comparé les analogues de la GnRH avec des analgésiques.

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Contexte: 

L'endométriose est une affection gynécologique fréquente, caractérisée par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine (sauf adénomyose) qui se manifeste souvent par des douleurs. Les analogues de l'hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires (GnRH) constituent une intervention qui a été proposée pour le soulagement de la douleur chez les femmes préménopausées. Les analogues de la GnRH peuvent être administrés par voie intranasale, par injection sous-cutanée ou intramusculaire. Ils sont supposés avoir un effet de rétrocontrôle négatif de l’hypophyse et induire un état d'hypogonadisme hypogonadotrope.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et l’innocuité des analogues de la GnRH dans le traitement des symptômes douloureux associés à l'endométriose.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des recherches électroniques dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité, CENTRAL, MEDLINE, EMBASE, PsycINFO et CINAHL ont été effectuées en avril 2010 pour identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) pertinents.

Critères de sélection: 

Les ECR portant sur les analogues de la GnRH en tant que traitement de la douleur associée à l'endométriose versus absence de traitement, placebo, danazol, progestatifs intra-utérins, ou autres analogues de la GnRH ont été inclus. Les essais utilisant un traitement substitutif, des contraceptifs oraux, une intervention chirurgicale, des antagonistes de la GnRH ou des thérapies complémentaires ont été exclus.

Recueil et analyse des données: 

L’évaluation de la qualité et l'extraction des données ont été réalisées indépendamment par deux auteurs de la revue. Le critère de jugement principal était le soulagement de la douleur. Le risque relatif a été utilisé comme mesure de l'effet pour les données dichotomiques. Pour les données continues, les différences moyennes ou les différences moyennes standardisées ont été utilisées.

Résultats principaux: 

Quarante et un essais (n = 4935 femmes) ont été inclus. Les données suggèrent que les analogues de la GnRH étaient plus efficaces pour le soulagement des symptômes que l'absence de traitement/un placebo. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les analogues de la GnRH et le danazol pour la dysménorrhée RR = 0,98 (IC à 95 % de 0,92 à 1,04 ; P = 0,53). Cela correspond à 3 femmes pour 1000 de moins (IC à 95 % de 12 à 6) présentant un soulagement de la douleur symptomatique dans le groupe traité par analogue de la GnRH. Les événements indésirables signalés se sont avérés plus nombreux dans le groupe traité par analogue de la GnRH. Pour la résolution globale, il y avait un effet bénéfique en faveur des analogues de la GnRH, RR = 1,10 (IC à 95 % de 1,01 à 1,21 ; P = 0,03) comparativement au danazol. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative en termes de douleur globale entre les analogues de la GnRH et le lévonorgestrel DMS = -0,25 (IC à 95 % de -0,60 à 0,10 ; P = 0,46). Les preuves quant à la posologie optimale ou la durée du traitement pour les analogues de la GnRH étaient limitées. Aucune voie d'administration n'a semblé supérieure à une autre.

Notes de traduction: 

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