Les corticostéroïdes comme traitement unique ou adjonctif du mal de gorge

Le mal de gorge est une affection fréquente. Souvent, les patients reçoivent des antibiotiques pour le mal de gorge et l'on pense que cela contribue à la résistance aux antibiotiques au niveau de la personne et de la collectivité. Les maux de gorge sont douloureux en raison de l'inflammation de la muqueuse de la gorge. Les corticostéroïdes réduisent l'inflammation et puisqu'ils agissent sur ​​les voies respiratoires supérieures dans d'autres affections, ils pourraient également être bénéfiques pour le mal de gorge.

Cette revue systématique a combiné les résultats de huit essais qui avaient examiné cette question, totalisant 743 participants. Les patients qui prenaient des corticostéroïdes étaient trois fois plus susceptibles de voir totalement disparaitre en 24 heures leurs symptômes de mal de gorge, en comparaison avec ceux recevant un placebo. En outre, les corticostéroïdes avaient amélioré les temps nécessaires pour un début de soulagement des symptômes et pour la complète disparition des symptômes, bien que les essais n'étaient pas cohérents pour ces critères de résultat. Les événements indésirables, les taux de rechute et les taux de récidive ne différaient pas entre les groupes à corticostéroïdes et à placebo. Parmi les limitations de la revue on notera l'absence d'essais réalisés en Europe et le fait que seuls deux essais aient abordé la question chez les enfants. Comme des antibiotiques avaient également été donnés à tous les participants dans tous les essais inclus, nous recommandons que les recherches futures examinent le bénéfice des corticostéroïdes chez les patients qui ne prennent pas en parallèle des antibiotiques.

Conclusions des auteurs: 

Les corticostéroïdes par voie orale ou intramusculaire, en supplément à des antibiotiques, augmentent la probabilité tant de disparition que d'amélioration de la douleur chez les participants souffrant de mal de gorge. Il y a besoin de nouveaux essais évaluant les corticostéroïdes en l'absence d'antibiotiques ainsi que chez les enfants.

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Contexte: 

Le mal de gorge est une affection fréquente associée à un taux élevé de prescriptions d'antibiotiques, en dépit des preuves limitées de l'efficacité des antibiotiques. Les corticostéroïdes peuvent alléger les symptômes du mal de gorge en réduisant l'inflammation des voies respiratoires supérieures.

Objectifs: 

Évaluer le bénéfice clinique et l'innocuité des corticostéroïdes pour les symptômes de mal de gorge chez l'adulte et l'enfant.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans The Cochrane Library, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL 2012, numéro 5) qui inclut le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections respiratoires aiguës, la Database of Reviews of Effects (DARE) et la NHS Health Economics Database, MEDLINE (de 1966 à la quatrième semaine de novembre 2012) et EMBASE (de 1974 à juin 2012).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ayant comparé des stéroïdes à un placebo ou au traitement standard chez les adultes et les enfants (âgés de plus de trois ans) souffrant de maux de gorge. Nous avons exclu les études portant sur des participants hospitalisés, sur des personnes atteintes de mononucléose infectieuse, sur des maux de gorge consécutifs à une amygdalectomie ou une intubation, ou sur des abcès péritonsillaires.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont, de manière indépendante, examiné et sélectionné des essais à partir de recherches, évalué et noté la qualité des études et extrait les données pertinentes.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus huit essais impliquant 743 participants (369 enfants et 374 adultes). Dans tous les essais, des antibiotiques avaient été donnés tant aux groupes à placebo qu'à corticostéroïdes ; aucun essai n'avait évalué les corticostéroïdes comme traitement exclusif du mal de gorge. En plus d'un effet des antibiotiques et des analgésiques, les corticostéroïdes augmentent d'un facteur supérieur à trois la probabilité de totale disparition de la douleur après 24 heures (risque relatif (RR ) 3,2;; intervalle de confiance (IC) à 95% 2,0 à 5,1 ; P <0,001, statistique I2 de 44 %) et d'un facteur 1,7 fois après 48 heures. Moins de quatre personnes doivent être traitées pour éviter qu'une personne continue à ressentir des douleurs après 24 heures. Les corticostéroïdes avaient également réduit le temps moyen avant l'apparition de la douleur et le temps moyen avant complète disparition de la douleur, de 6 et 14 heures respectivement, malgré une hétérogénéité significative. Après 24 heures, la douleur (évaluée sur une échelle visuelle analogique) avait été réduite de 14% de plus par les corticostéroïdes. Aucune différence dans les taux de récidive, de rechute ou d'événements indésirables n'avait été rapportée entre les participants ayant pris des corticostéroïdes ou un placebo, bien que le compte-rendu des événements indésirables ait été mauvais.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.