Exercices de respiration pour le traitement de la maladie pulmonaire obstructive chronique

Les personnes souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ont souvent une respiration altérée et souffrent d'essoufflement, notamment quand ils s'exercent. Cette revue visait à déterminer si des exercices de respiration qui sont conçus pour réapprendre à respirer pouvaient réduire l'essoufflement, augmenter la capacité à l'effort et améliorer le bien-être des personnes souffrant de BPCO.

Seize essais totalisant 1233 participants ont été inclus, la plupart atteints de BPCO sévère. Les techniques de respiration étudiées incluaient la respiration à lèvres pincées (expiration lente avec les lèvres en position de sifflement), la respiration diaphragmatique (respiration profonde se concentrant sur l'abdomen), la respiration de yoga Pranayama (respiration rythmée orientée sur l'expiration), le changement de façon de respirer utilisant un retour (feedback) informatisé pour ralentir le rythme respiratoire et augmenter la durée de l'expiration, ainsi que des combinaisons de ces diverses techniques. La qualité des études était généralement faible. Les exercices de respiration semblaient être sans danger pour les personnes souffrant de BPCO. Dans quatre études, la respiration yoga, la respiration à lèvres pincées et la respiration diaphragmatique avaient amélioré d'en moyenne 35 à 50 mètres la distance parcourue en six minutes. Les effets des exercices de respiration sur l'essoufflement et le bien-être avaient été variables. Lorsqu'ils se rajoutaient à des exercices physiques complets, les exercices de respiration ne semblaient conférer aucun bénéfice supplémentaire.

Conclusions des auteurs: 

Des exercices de respiration sur quatre à 15 semaines améliorent la capacité fonctionnelle d'effort chez les personnes souffrant de BPCO, en comparaison avec l'absence d'intervention, mais il n'y a pas d'effets cohérents sur la dyspnée ou la qualité de vie liée à la santé. Les résultats étaient similaires pour tous les exercices de respiration examinés. Les effets du traitement pour les critères de résultat rapportés par le patient pourraient avoir été surestimés en raison de l'absence de masquage. Les exercices de respiration pourraient aider à améliorer la tolérance à l'effort chez les personnes souffrant de BPCO qui ne sont pas en mesure d'effectuer un entraînement physique, mais ces données ne permettent pas d'attribuer un large rôle aux exercices de respiration dans la prise en charge globale des personnes souffrant de BPCO.

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Contexte: 

Les exercices de respiration pour les personnes souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) visent à modifier l'usage des muscles respiratoires, à améliorer la performance des muscles respiratoires et à réduire la dyspnée. Bien que certaines études ont fait état d'effets physiologiques positifs à court terme des exercices de respiration chez les personnes souffrant de (BPCO), leurs effets sur la dyspnée, la capacité à l'effort et le bien-être ne sont pas clairs.

Objectifs: 

Déterminer si des exercices de respiration chez les personnes souffrant de M(BPCO) ont des effets bénéfiques sur la dyspnée, la capacité à l'effort et la qualité de vie liée à la santé, en comparaison avec l'absence d'exercices de respiration ; et également déterminer si les exercices de respiration ont des effets indésirables sur les personnes souffrant de BPCO.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires et dans la base de données PEDro, de leur origine respective jusqu'à octobre 2011.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais randomisés en parallèle ayant comparé des exercices de respiration à l'absence d'exercices de respiration ou à une autre intervention, chez des personnes souffrant de BPCO.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont extrait les données et évalué le risque de biais de façon indépendante. Les principaux critères de jugement étaient la dyspnée, la capacité à l'effort et la qualité de vie liée à la santé ; les critères de jugement secondaires étaient les échanges gazeux, la façon de respirer et les effets indésirables. Afin de déterminer si les effets variaient en fonction du traitement utilisé, nous avons évalué séparément chaque technique de respiration.

Résultats principaux: 

Seize études ont été incluses, impliquant 1233 participants à valeurs prédites de volume expiratoire maximal seconde (VEMS1) moyen de 30 % à 51 %. Il y avait eu une amélioration significative de la distance de marche en six minutes après trois mois de yoga incluant des techniques pranayama de respiration rythmée (différence moyenne de 45 mètres avec le groupe de contrôle ; intervalle de confiance à 95% 29 à 61 mètres ; deux études ; 74 participants), et des améliorations similaires dans des études uniques sur la respiration à lèvres pincées (moyenne de 50 mètres ; 60 participants) et la respiration diaphragmatique (moyenne de 35 mètres ; 30 participants). Les effets sur la dyspnée et la qualité de vie liée à la santé variaient entre les essais. L'ajout à l'exercice d'un retour (feedback) de ventilation informatisé n'avait pas abouti à une amélioration supplémentaire de la qualité de vie liée à la dyspnée (différence moyenne standardisée -0,03 ; IC à 95% -0,43 à 0,49 ; deux études ; 73 participants) et le seul retour de ventilation était moins efficace que l'exercice seul pour améliorer l'endurance à l'exercice (différence moyenne -15,4 minutes ; IC à 95% -28,1 à -2,7 minutes ; une étude ; 32 participants). Aucun effet indésirable notable n'avait été signalé. Quelques études avaient rendu compte de détails sur l'assignation secrète, la mise en aveugle des évaluateurs ou l'analyse en intention de traiter.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.