Stimulants de l'appétit pour les personnes atteintes de mucoviscidose

Question de la revue

Nous avons cherché des preuves sur les effets bénéfiques et néfastes de l'utilisation de stimulants de l'appétit chez les personnes souffrant d'anorexie associée à la mucoviscidose.

Contexte

La perte d'appétit chez les personnes atteintes de mucoviscidose est une source de préoccupation pour les patients ainsi que leurs familles. Des stimulants de l'appétit ont été utilisés pour aider les personnes atteintes de mucoviscidose, souffrant d'un manque d'appétit, à augmenter les quantités qu'elles consomment afin de prendre du poids et améliorer leur santé globale. Cependant, des inquiétudes existent sur les potentiels effets secondaires des stimulants de l'appétit.

Date de recherche

Nous avons effectué la dernière recherche de preuves le 8 avril 2014.

Caractéristiques des études

Nous avons inclus trois essais, avec un total de 47 patients, dont un essai portant sur de jeunes enfants et deux autres portant sur des enfants et des adultes.Ces essais examinaient les effets de médicaments (acétate mégestrol et chlorhydrate de cyproheptadine) par rapport à un placebo (un comprimé qui ne contient pas de médicament) pour stimuler l'appétit. La durée de ces essais allait de trois à six mois.

Principaux résultats

Nous avons constaté que, à court terme (jusqu'à six mois), ces médicaments peuvent améliorer le poids et l'appétit. Aucun effet n'était observé sur la fonction pulmonaire. Tous les stimulants peuvent avoir des effets indésirables pouvant aggraver la mucoviscidose, tels que des effets sur le contrôle de la glycémie, la fatigue, l'humeur, la rétention d'eau, le foie et l'essoufflement, mais les données précises sur la fréquence d'occurrence de ces symptômes n'étaient malheureusement pas toujours consignées de la même manière. Les essais que nous avons trouvés étaient trop petits pour montrer si l'acétate mégestrol et le chlorhydrate de cyproheptadine peuvent améliorer le poids et l'appétit en toute sécurité.

Bien qu'il existe des preuves suggérant que les stimulants de l'appétit puissent améliorer le poids et le manque d'appétit chez les adultes et les enfants atteints de mucoviscidose, nous pensons que plus de recherches sont nécessaires pour identifier d'abord des moyens appropriés de mesurer l'appétit et recueillir ensuite des données fiables de suffisamment de patients permettant de savoir si les stimulants de l'appétit peuvent effectivement améliorer l'appétit en toute sécurité dans la mucoviscidose.

Qualité des preuves

Nous sommes contents que, dans deux des trois essais, les volontaires aient eu des chances égales de recevoir des stimulants de l'appétit ou un placebo, mais nous ne savons pas si cela était vrai pour le troisième essai. Il n'était pas clair pour nous si les volontaires ou leurs médecins pouvaient arriver à savoir dans quel groupe ils allaient être assignés. Nous pensons qu'aucun des volontaires ou de leurs médecins ne pouvait dire s'ils recevaient des stimulants de l'appétit ou un placebo. Des volontaires sont sortis de deux études et nous avons quelques préoccupations concernant les raisons de leur retrait. Nous craignons également que certains des résultats que l'essai devait mesurer n'aient pas été consignés dans les résultats publiés.

Conclusions des auteurs: 

À court terme (six mois), chez l'adulte et l'enfant, les stimulants de l'appétit ont amélioré seulement deux des critères de jugement de cette revue - le poids (ou le score z du poids) et l'appétit ; et les effets secondaires ont été insuffisamment consignés pour déterminer l'ampleur totale de leur impact. Bien que les données puissent suggérer une utilisation potentielle pour des stimulants de l'appétit dans le traitement de l'anorexie chez l'adulte et l'enfant atteint de mucoviscidose, ce résultat est fondé sur des données de qualité modérée issues d'un petit nombre d'essais ; ainsi, les résultats de cette revue ne permettent pas de recommander de façon conclusive ce traitement. Les cliniciens doivent être conscients des effets indésirables potentiels des stimulants de l'appétit et, par conséquent, surveiller activement les patients recevant ces médicaments.

Des recherches sont nécessaires pour déterminer des mesures de substitution significatives pour l'appétit et définir ce qui constitue un gain de poids de qualité. Les futurs essais de stimulants de l'appétit doivent utiliser une mesure validée de symptômes, y compris un instrument spécifique de la maladie pour mesurer le manque d'appétit. Cette revue met en évidence le besoin d'essais multicentriques bien conçus et d'une puissance statistique suffisante pour évaluer des agents permettant d'augmenter en toute sécurité l'appétit chez les personnes atteintes de mucoviscidose et déterminer le mode de traitement optimal.

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Contexte: 

La perte d'appétit chronique chez les personnes atteintes de mucoviscidose est une source de préoccupation pour les individus ainsi que leurs familles. Des stimulants de l'appétit ont été utilisés pour aider les patients atteints de mucoviscidose souffrant d'anorexie chronique à atteindre un indice de masse corporelle et un état nutritionnel optimaux. Ceux-ci peuvent toutefois avoir des effets néfastes sur l'état clinique.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue est de rechercher et évaluer systématiquement les preuves sur les effets bénéfiques des stimulants de l'appétit dans la gestion de l'anorexie associée à la mucoviscidose et d'effectuer une synthèse des effets secondaires rapportés.

Stratégie de recherche documentaire: 

Des essais ont été identifiés à travers des recherches dans le registre des essais sur la mucoviscidose du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et les autres maladies génétiques, MEDLINE, Embase et CINAHL, ainsi qu'une recherche manuelle de listes bibliographiques et des contacts avec des experts locaux et internationaux.

Dernière recherche dans les bases de données en ligne : 1er avril 2014.

Dernières recherches effectuées dans le registre des essais cliniques sur la mucoviscidose : 8 avril 2014.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés et quasi randomisés de stimulants de l'appétit, comparés à un placebo ou à l'absence de traitement pendant au moins un mois chez des adultes et des enfants atteints de mucoviscidose.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et évalué le risque de biais dans les essais éligibles. Des méta-analyses ont été effectuées.

Résultats principaux: 

Trois essais (total de 47 patients recrutés) comparant des stimulants de l'appétit (chlorhydrate de cyproheptadine et acétate mégestrol) à un placebo ont été inclus ; le nombre d'adultes ou d'enfants au sein de chaque essai n'était pas toujours signalé. Le risque de biais des essais inclus a été estimé comme étant modéré.

Une méta-analyse de ces trois essais a montré que les stimulants de l'appétit produisaient une plus grande augmentation du score z de poids à trois mois par rapport au placebo, différence moyenne de 0,61 (intervalle de confiance à 95 % de 0,29 à 0,93) (P < 0,001) (n = 40), sans preuve d'une différence d'effet entre deux stimulants de l'appétit différents. Un de ces essais a également signalé une augmentation significative du poids avec l'acétate mégestrol par rapport au placebo à six mois (n = 17). Les trois essais n'ont rapporté aucune différence significative dans le volume expiratoire forcé à une seconde (en pourcentage de la valeur prédite) entre les groupes sous stimulants de l'appétit et placebo lors du suivi, dont la durée allait de deux à neuf mois. Une méta-analyse de deux essais a mis en évidence une proportion significativement plus élevée de patients signalant une augmentation de l'appétit, rapport des cotes 45,25 (intervalle de confiance à 95 % de 3,57 à 573,33) (P = 0,003) (n = 23), mais la fréquence des effets indésirables rapportés était indéterminée.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.