Efficacité de l'ajout de sulpiride pour traiter la schizophrénie

La schizophrénie est une maladie grave et chronique dans laquelle des symptômes psychotiques prédominent. Les symptômes psychotiques sont traités par des médicaments. Toutes les personnes atteintes de schizophrénie ne répondent pas bien au traitement par antipsychotiques et le sulpiride est souvent utilisé en tant que médicament supplémentaire pour promouvoir l'efficacité d'un autre médicament. Plusieurs essais cliniques ont rapporté les effets d'un ajout de sulpiride pour la prise en charge de la schizophrénie. Quatre essais de petite taille ont été inclus ; ils comparaient du sulpiride plus de la clozapine et de la clozapine seule pour des patients très malades. Les preuves issues de la présente revue suggèrent qu'un traitement à court terme de sulpiride plus clozapine serait plus efficace que la clozapine seule pour produire des améliorations cliniques chez certaines personnes. Cependant, les preuves sont faibles et sujettes à un biais considérable. Il serait intéressant d'étudier plus en profondeur ce sujet.

Conclusions des auteurs: 

Un traitement par sulpiride plus clozapine est probablement plus efficace qu'un traitement par clozapine seule pour produire une amélioration clinique chez certaines personnes dont la maladie est résistante à d'autres médicaments antipsychotiques y compris la clozapine. Cependant, des données bien plus solides sont nécessaires.

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Contexte: 

Le sulpiride peut être utilisé en association à d'autres médicaments antipsychotiques en vue d'augmenter leur efficacité (en particulier pour les schizophrènes qui se sont avérés résistants au traitement).

Objectifs: 

Évaluer les effets de l'ajout de sulpiride versus la monothérapie pour les personnes souffrant de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre d'essais du groupe Cochrane de Schizophrénie (juillet 2009) qui se fonde sur des recherches régulières dans les bases de données CINAHL, EMBASE, MEDLINE et PsycINFO.

Critères de sélection: 

Tous les essais cliniques randomisés (ECR) pertinents.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons extrait les données de manière indépendante. Pour les données dichotomiques, les risques relatifs (RR) ont été calculés avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %, selon un modèle à effets fixes. Pour les données continues, les différences moyennes pondérées (DMP) ont été calculées sur la base d'un modèle à effets fixes.

Résultats principaux: 

Trois essais à court terme et un essai à long terme (total N=221) ont été inclus. Tous les participants étaient atteints de schizophrénie soit résistante au traitement, soit avec des symptômes négatifs prédominants. Toutes les études comparaient le sulpiride plus la clozapine et la clozapine (+/- placebo), étaient de petite taille et présentaient un risque considérable de biais.

Les données à court terme de réponse non cliniquement significative de l'état général tendaient à être favorables à l'ajout de sulpiride à la clozapine par rapport à la clozapine seule (n=193, 3 ECR, RR 0,58 IC entre 0,3 et 1,09).

Les personnes randomisées dans le groupe de sulpiride plus clozapine présentaient davantage de troubles du mouvement (n=70, 1 ECR, RR 48,24 IC entre 3,05 et 762,56) et une augmentation de la prolactine dans le sérum (données asymétriques, 1 ECR), mais une incidence moindre d'hypersalivation (n=162, 3 ECR, RR 0,49 IC entre 0,29 et 0,83) et un gain de poids moindre (n=64, 1 ECR, RR 0,30 IC entre 0,09 et 0,99). L'ajout de sulpiride à la clozapine a également entraîné moins de perte d'appétit (n=70, 1 ECR, RR 0,09 IC entre 0,01 et 0,70, NST 4 IC entre 4 et 12, Z=2,31, P=0,02) et moins de distension abdominale (n=70, 1 ECR, RR 0,10 IC entre 0,01 et 0,78, NST 5 IC entre 4 et 19, Z=2,20, P=0,03).

Les données à long terme n'ont montré aucune différence significative de l'état général (n=70, 1 ECR, RR 0,67 IC entre 0,42 et 1,08) et des rechutes (n=70, 1 ECR, RR 0,85 IC entre 0,5 et 1,3).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.