L’opération versus la physiothérapie seule après une luxation patellaire

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La rotule est un os en forme de lentille situé à l’avant du genou. Elle est incorporée dans le tendon des muscles quadriceps de la cuisse et se déplace au sein d’une trochlée au niveau de l’extrémité inférieure de l’os de la cuisse (fémur). La luxation patellaire survient lorsque la rotule sort complètement de cette trochlée. Elle survient généralement chez les personnes jeunes et physiquement actives, souvent pendant des activités sportives.

Lorsque la rotule est luxée, une lésion des tissus mous de l’articulation du genou survient, celle-ci requiert une période de rééducation. Cela peut comprendre des traitements comme une immobilisation et un appareillage pour limiter les mouvements du genou, des exercices, une thérapie manuelle, un bandage et des modalités électrothérapeutiques. Certains chirurgiens ont suggéré que les patients pourraient obtenir de meilleurs résultats avec des procédures chirurgicales réparant ou reconstruisant les tissus mous endommagés, ou avec d’autres procédures permettant d’empêcher une nouvelle luxation de la rotule.

Cette revue Cochrane comprenait cinq études (soit 339 participants) qui ont passé en revue les résultats de la chirurgie par rapport à un traitement non-chirurgical seul chez les patients ayant subi une luxation de la rotule. Tous les participants étaient traités pour une luxation primaire (première fois). Ces études étaient courtes et montraient quelques faiblesses dans leur conception et leur réalisation.

En se basant sur les données regroupées des cinq études, l’évaluation n’a démontré aucune différence significative entre la gestion chirurgicale ou non-chirurgicale pour le risque de luxation récurrente, ou dans les scores des mesures des résultats associés à l’état du genou. Les données regroupées de trois études n’ont indiqué aucune différence entre les groupes de traitement quant au besoin d’opérations ultérieures. La seule étude mentionnant des complications signalait que l’ensemble des quatre complications sont survenues dans le groupe de gestion chirurgicale.

L’évaluation a conclu qu’il n’y avait pas de preuve suffisante pour confirmer une différence significative dans les résultats entre la gestion initiale chirurgicale ou non-chirurgicale des personnes ayant subi une luxation patellaire. Des recherches complémentaires sont recommandées.

Conclusions des auteurs: 

Il n’y a pas de preuve de qualité suffisante pour confirmer une différence significative dans les résultats entre la gestion initiale chirurgicale ou non-chirurgicale des patients après une luxation patellaire primaire, et aucune étude n’examine cette comparaison chez les personnes avec une luxation patellaire récurrente. Nous recommandons que des essais cliniques randomisés et multicentriques d’une puissance adéquate soient réalisés et établis en fonction des normes actuelles.

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Contexte: 

La luxation patellaire survient lorsque la rotule se désengage complètement de la trochlée (fémorale). Une fois la luxation réduite, une rééducation conservatrice avec physiothérapie peut être prescrite. Etant donné que la récurrence de la luxation est courante, certains chirurgiens prônent l’intervention chirurgicale en plus de la rééducation.

Objectifs: 

L’objectif de cette revue était d’estimer les résultats cliniques et radiologiques des interventions chirurgicales, par rapport aux interventions non-chirurgicales dans le traitement de la luxation patellaire primaire ou récurrente.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le Registre spécialisé du Groupe Cochrane sur les traumatismes osseux, articulaires et musculaires, le Cochrane Central Register of Controlled Trials (The Cochrane Library), MEDLINE, EMBASE, AMED, CINAHL, ZETOC, la Physiotherapy Evidence Database (PEDro) et une multitude d’autres bases de données documentaires et de registres d’essais cliniques. Les auteurs correspondants ont été contactés afin d’identifier les études supplémentaires. Date de la recherche : août 2010.

Critères de sélection: 

Les essais cliniques candidats à l’inclusion étaient les essais cliniques randomisés et quasi-randomisés évaluant les interventions chirurgicales vs non-chirurgicales pour traiter la luxation patellaire latérale.

Recueil et analyse des données: 

Deux examinateurs ont étudié indépendamment les titres et les résumés de chaque étude identifiée afin d’évaluer l’éligibilité de l’étude, extraire les données et évaluer le risque de biais. Les résultats principaux évalués étaient la fréquence de la luxation récurrente et des scores validés fonctionnels du genou estimés par le patient. Lorsque cela fut nécessaire, les données ont été regroupées. Les risques relatifs ont été calculés pour les résultats dichotomiques ainsi que les différences moyennes pour les résultats continus.

Résultats principaux: 

Cinq études (soit 339 participants) ont été incluses. Toutes les études avaient des lacunes méthodologiques, en particulier les deux essais quasi-randomisés qui présentaient un risque élevé au niveau des biais de sélection. Le suivi était de deux ans minimum dans deux études et entre cinq et sept ans dans les trois autres études. Il n’y avait aucune différence significative entre la gestion chirurgicale et la gestion non-chirurgicale de la luxation patellaire primaire (première fois) dans le risque de luxation récurrente (47/182 vs 53/157 ; risque relatif 0,81, intervalle de confiance 95% 0,56 à 1,17 ; 5 essais), les scores de Kujala au niveau des troubles patello-fémoraux (différence moyenne 3,13, intervalle de confiance 95% -7,34 à 13,59 ; 5 essais), ou la nécessité d’une chirurgie ultérieure (risque relatif 1,09, IC 95% 0,72 à 1,65 ; 3 essais). Des évènements indésirables ont été signalés dans un essai, citant quatre complications majeures survenues dans le groupe chirurgical. Aucun essai clinique randomisé n’a évalué les populations avec une luxation patellaire récurrente.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.