Comparer la réduction de la consommation de tabac à l'arrêt total soudain pour arrêter de fumer

La méthode standard pour arrêter de fumer consiste à fumer comme d'habitude jusqu'à un certain jour où l'on décide d'arrêter totalement de fumer des cigarettes. La plupart des fumeurs qui tentent d'arrêter finissent par recommencer à fumer plus tard, il y a donc un certain nombre de personnes ayant déjà essayé sans succès d'arrêter de fumer de manière soudaine, et ayant été déçus par cette approche. Une autre façon de se sevrer pourrait être de réduire la quantité de cigarettes fumées avant de passer à un sevrage complet. Il existe des preuves suggérant que la réduction du tabagisme avant un arrêt serait appréciée par les fumeurs. Cela signifie que l'offre de cette approche de sevrage pourrait encourager davantage de fumeurs à s'arrêter, mais avant d'offrir cette approche il est important de garantir qu'elle est au moins autant efficace que l'arrêt brutal. Cela est dû au fait que si ce choix avait été offert à des fumeurs ayant autrement décidé d'arrêter soudainement, ceux-ci pourraient choisir de commencer par réduire leur consommation. Si la réduction de la consommation n'est pas aussi efficace, les fumeurs choisissant cette méthode seraient désavantagés. L'objectif de cette revue était de comparer les taux de sevrage chez les personnes ayant réduit leur consommation pour arrêter de fumer par rapport à celles ayant tenté un arrêt brutal, afin de déterminer si la réduction de la consommation dans le but d'arrêter de fumer est au moins autant efficace que l'arrêt brutal. Dix études ont comparé la réduction du tabagisme avant l'arrêt brutal. Les résultats regroupés ont révélé que ni la réduction ni l'arrêt brutal ne menaient à de meilleurs taux de sevrage. Cette observation était maintenue si une thérapie de substitution nicotinique avait été utilisée dans le cadre de l'intervention ou non, et s'il avait été proposé aux participants de recevoir des brochures d'auto-assistance ou un soutien comportemental. Ces résultats suggèrent qu'il devrait être proposé aux fumeurs souhaitant arrêter de fumer soit de réduire leur consommation avant d'arrêter ou de réaliser un arrêt brutal. Cependant, afin d'orienter le développement de nouvelles interventions, plus de recherches sont nécessaires pour identifier la méthode de réduction de la consommation la plus efficace.

Conclusions des auteurs: 

La réduction du nombre de cigarettes fumées avant le jour d'arrêt et l'arrêt brutal, sans réduction préalable de la consommation, produisent des taux de sevrage comparables ; par conséquent, ce choix peut être offert à ces personnes. Les interventions de réduction de la consommation peuvent être menées à l'aide de documents d'auto-assistance ou d'un soutien comportemental, et peuvent être réalisées avec l'aide d'une TSN avant le sevrage. Des recherches supplémentaires sont nécessaires afin d'étudier quelle méthode de réduction de la consommation avant l'arrêt est la plus efficace et quelles catégories de fumeurs profitent le mieux de chaque méthode, afin d'orienter le développement des futures interventions et stratégies.

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Contexte: 

La méthode standard pour arrêter de fumer consiste à cesser brusquement de fumer à une date précise. Un certain nombre de fumeurs ont tenté sans succès d'arrêter de cette manière. La réduction du tabagisme avant d'arrêter pourrait être une alternative à l'arrêt soudain. Avant que cette méthode ne soit adoptée il est important de déterminer si celle-ci est au moins autant efficace que l'arrêt brutal.

Objectifs: 

1. Comparer les taux de succès des interventions d'arrêt soudain et de réduction de la consommation de cigarettes pour arrêter de fumer. 2. Comparer les effets indésirables entre les groupes dans les études ayant utilisé la pharmacothérapie pour aider à réduire la consommation.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur le tabagisme en utilisant les termes spécifiques relatifs au sujet. Ce registre contient des rapports d'essais d'interventions pour la dépendance au tabac identifiés à partir de recherches dans MEDLINE, EMBASE et PsycInfo. Nous avons également consulté les références bibliographiques des articles pertinents et contacté les auteurs des essais en cours. Date de la recherche la plus récente : juillet 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) ayant recruté des adultes désirant arrêter de fumer. Les études incluaient au moins un bras dans lequel il était indiqué aux participants de réduire leur consommation avant d'arrêter de fumer et un bras dans lequel il était indiqué aux participants de réaliser un arrêt brutal.

Recueil et analyse des données: 

Le critère de jugement était l'abstinence tabagique après un suivi d'au moins six mois. Nous avons regroupé les essais inclus en utilisant un modèle à effets fixes de Mantel-Haenszel. Les essais ont été divisés pour deux analyses de sous-groupes : pharmacothérapie versus aucune pharmacothérapie, thérapie d'auto-assistance versus soutien comportemental. Les événements indésirables ont été résumés sous forme narrative. Il n'a pas été possible de les comparer quantitativement car il y avait une variation dans la nature et les détails des notifications entre les études.

Résultats principaux: 

Dix études étaient pertinentes pour inclusion, avec un total de 3760 participants inclus dans la méta-analyse. Trois de ces études avaient utilisé la pharmacothérapie dans le cadre des interventions. Cinq études comprenaient un soutien comportemental dans l'intervention, quatre incluaient la thérapie d'auto-assistance et la dernière étude avait des groupes recevant une offre de soutien comportemental et des groupes recevant une offre de thérapie d'auto-assistance. Ni la réduction ni l'arrêt brutal n'ont mené à des taux d'abstinence supérieurs lorsque toutes les études étaient combinées dans l'analyse principale (RR = 0,94, IC à 95 % = 0,79 à 1,13), lorsque la pharmacothérapie était utilisée (RR = 0,87, IC à 95 % = 0,65 à 1,22) ou pas (RR = 0,97, IC à 95 % = 0,78 à 1,21), lorsque les études comprenaient un soutien comportemental (RR = 0,87, IC à 95 % = 0,64 à 1,17) ou une thérapie d'auto-assistance (RR = 0,98, IC à 95 % = 0,78 to1 .23). Nous n'avons pas été en mesure de tirer des conclusions concernant des différences au niveau des événements indésirables entre les interventions, mais des études récentes suggèrent que la TSN avant le sevrage n'accroit pas les effets indésirables.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.