Les différents schémas thérapeutiques antibiotiques dans le traitement des femmes enceintes présentant des bactéries dans les urines sans symptôme d'infection urinaire

Cinq à 10 % des femmes enceintes présentent des bactéries dans les urines sans symptôme d'infection (bactériurie asymptomatique). En l'absence de traitement, elles peuvent, par la suite, développer des complications graves, telles qu'une infection rénale ou un accouchement prématuré. Dans cette revue, nous avons examiné les études comparant différents traitements antibiotiques pour la bactériurie asymptomatique afin de déterminer quels antibiotiques ou quelle durée de traitement (courte vs longue) par les mêmes antibiotiques étaient les plus efficaces pour traiter l'infection. Nous avons également étudié les effets secondaires, tels que les vomissements. Les études incluses dans cette revue n'ont pas permis de démontrer une meilleure efficacité de nouveaux antibiotiques ou de nouveaux schémas thérapeutiques par rapport aux anciens.

Nous avons inclus cinq essais contrôlés randomisés impliquant 1 140 femmes dont les analyses urinaires montraient une bactériurie asymptomatique. Chacune des cinq études a évalué des antibiotiques différents ; c'est pourquoi nous n'avons pas combiné les résultats. Quatre des comparaisons (fosfomycine vs céfuroxime ; pivmécillinam vs ampicilline ; céfalexine vs Miraxid® (pivmécillinam 200 mg et pivampicilline 250 mg) ; et cyclosérine vs sulfadimidine) n'ont montré aucun bénéfice clair d'un antibiotique par rapport à un autre en termes de traitement de l'infection, d'effets secondaires et d'innocuité. L'ampicilline comparée au pivmécillinam a provoqué moins de vomissements et était, par conséquent, mieux toléré par les femmes dans cette étude. Toutefois, aucune différence n'a été observée dans le traitement de l'infection en cours et dans la prévention des récidives chez les femmes qui prenaient de l'ampicilline par rapport à celles qui prenaient le pivmécillinam. Dans une autre étude comparant un schéma d'un jour à un schéma de sept jours de nitrofurantoïne, le traitement plus long était plus efficace pour traiter la bactériurie pendant la grossesse. Les femmes qui ont reçu le traitement plus court avaient une infection plus persistante, mais il n'y avait pas de différence marquée du taux d'infection symptomatique à deux semaines, des nausées ou des accouchements prématurés.

Conclusions des auteurs: 

Nous ne pouvons tirer aucune conclusion formelle quant au schéma antibiotique qui serait le plus efficace et le plus sûr dans le traitement initial de la bactériurie asymptomatique au cours de la grossesse. Une étude a montré des bénéfices avec un schéma de nitrofurantoïne sur une plus longue durée, et une autre a montré une meilleure tolérance à l'ampicilline par rapport au pivmécillinam ; ces cas mis à part, il n'y a pas eu de différence significative entre les groupes traités par différents antibiotiques. Étant donné ce manque de preuves concluantes, il serait peut-être souhaitable que les cliniciens prennent en compte des facteurs tels que les coûts, la disponibilité locale et les effets secondaires dans leur choix de la meilleure option thérapeutique.

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Contexte: 

La bactériurie asymptomatique survient dans 5 % à 10 % des grossesses et, en l'absence de traitement, peut entraîner des complications graves.

Objectifs: 

Évaluer quel antibiotique est le plus efficace et le moins néfaste en traitement initial de la bactériurie asymptomatique pendant la grossesse.

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (mars 2010) et dans les bibliographies des études trouvées.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés comparant deux schémas antibiotiques pour traiter la bactériurie asymptomatique.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont examiné, de façon indépendante, les études à inclure et en ont extrait les données.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus cinq études impliquant 1 140 femmes présentant une bactériurie asymptomatique. Nous n'avons pas réalisé de méta-analyse ; chaque essai a étudié des schémas antibiotiques différents ; par conséquent, nous n'avons pas pu combiner les résultats. Dans une étude comparant une dose unique de fosfomycine trométamol 3 g à un traitement de cinq jours par céfuroxime, aucune différence significative n'a été observée en termes de persistance de l'infection (risque relatif (RR) 1,36, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,24 à 7,75), de passage à d'autres antibiotiques (RR 0,08, IC à 95 % 0,00 à 1,45), ou d'allergie ou de prurit (RR 2,73, IC à 95 % 0,11 à 65,24). Une comparaison de traitements de sept jours par 400 mg de pivmécillinam vs 500 mg d'ampicilline, tous deux administrés quatre fois par jour, n'a montré aucune différence significative en termes de persistance de l'infection à deux semaines ou de récidives de l'infection, mais il y avait une augmentation des vomissements (RR 4,57, IC à 95 % 1,40 à 14,90) et les femmes étaient donc plus susceptibles d'arrêter le traitement prématurément avec le pivmécillinam (RR 8,82, IC à 95 % 1,16 à 66,95). Avec la céfalexine 1 g vs Miraxid® (pivmécillinam 200 mg et pivampicilline 250 mg), administrés deux fois par jour pendant trois jours, aucune différence significative n'a été relevée en termes de persistance de l'infection ou de récidives. Dans le cas d'un traitement d'un jour comparé à un traitement de sept jours par nitrofurantoïne, l'infection était plus persistante avec le traitement court (RR 1,76, IC à 95 % 1,29 à 2,40), mais aucune différence significative n'a été observée en termes d'infection symptomatique à deux semaines, de nausées ou d'accouchement prématuré. Dans la comparaison de cyclosérine et de la sulfadimidine, aucune différence significative n'a été observée en termes d'infection symptomatique, de persistance ou de récidive de l'infection.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.