Traitements psychologiques chez les personnes atteintes de trouble de la personnalité antisociale

Le trouble de la personnalité antisociale est une pathologie associée à une violation continuelle des lois, une criminalité et un abus de drogues ou d'alcool. Il est très difficile à gérer pour le personnel concerné, la famille du patient et la société dans son ensemble.Cette revue examine de manière systématique les preuves d'efficacité des traitements psychologiques pour aider les patients atteints de trouble de la personnalité antisociale.

Nous avons examiné 11 études mais n'avons pas été en mesure de tirer de conclusions définitives sur la base des preuves disponibles. Plusieurs études examinaient des traitements visant à réduire l'abus de drogues ou d'alcool chez des patients atteints de trouble de la personnalité antisociale, mais peu d'études examinaient spécifiquement le traitement de cette pathologie. Trois études seulement rapportaient des mesures de résultats initialement définies comme particulièrement importantes dans le protocole de cette revue (nouvelles condamnations et agressivité). Néanmoins, certaines preuves indiquaient qu'un traitement connu sous le nom de gestion de la contingence (qui récompense les progrès pendant le traitement) pourrait aider les patients atteints de trouble de la personnalité antisociale à réduire l'abus de drogues ou d'alcool.

D'autres recherches sont nécessaires dans les plus brefs délais afin d'identifier les traitements psychologiques efficaces chez les patients atteints de ce trouble. Ces recherches devraient être effectuées dans le cadre d'essais cliniques soigneusement planifiés. Ils devraient s'attacher à examiner les principales caractéristiques du trouble de la personnalité antisociale. Pour être instructifs, ils devraient porter sur un nombre de participants suffisamment important.

Conclusions des auteurs: 

Les résultats suggèrent que les preuves issues des essais sont insuffisantes pour justifier l'utilisation d'une intervention psychologique chez les adultes atteints de TPAs. Il est décevant de constater que peu d'études examinaient les critères de jugement principaux définis dans cette revue (agressivité, nouvelles condamnations, fonctionnement global, fonctionnement social, effets indésirables). Trois interventions (gestion de la contingence avec traitement d'entretien standard ; TCC avec traitement d'entretien standard ; programme de prévention de la conduite en état d'ivresse avec incarcération) semblaient plus efficaces que l'intervention témoin pour améliorer au moins un critère de jugement dans au moins une étude. Toutes ces interventions avait été initialement développées pour des patients présentant des problèmes d'abus de substances. Les améliorations significatives étaient principalement limitées aux critères de jugement liés à l'abus de substances. Aucune étude ne rapportait de changement significatif associé à un comportement antisocial spécifique. D'autres recherches sont nécessaires dans les plus brefs délais afin d'examiner ce trouble prévalent et onéreux.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Le trouble de la personnalité antisociale (TPAs) est associé à de nombreux problèmes, notamment une violation continuelle des lois, une criminalité, un abus de substances, une situation de chômage, une absence de domicile fixe et des difficultés relationnelles.

Objectifs: 

Évaluer les effets bénéfiques et indésirables potentiels des interventions psychologiques chez les patients atteints de TPAs.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des recherches ont été effectuées dans le registre CENTRAL des essais contrôlés, MEDLINE, EMBASE, CINAHL, PsycINFO, ASSIA, BIOSIS et COPAC.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés prospectifs randomisant des participants atteints de TPAs pour une intervention psychologique ou une intervention témoin (traitement habituel, liste d'attente ou absence de traitement).

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs ont sélectionné les études de manière indépendante. Deux auteurs ont extrait les données de façon indépendante. Nous avons calculé les différences moyennes, avec les rapports des cotes pour les données dichotomiques.

Résultats principaux: 

Onze études portant sur 471 participants atteints de TPAs remplissaient les critères d'inclusion, mais des données n'étaient disponibles que dans cinq études portant sur 276 participants. Deux études seulement examinaient un effectif exclusivement atteint de TPAs. Onze interventions psychologiques étaient examinées. Deux études seulement documentaient les nouvelles condamnations, et une seule documentait l'agressivité. Par rapport à l'intervention témoin, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) + traitement d'entretien standard était supérieure chez les patients ambulatoires présentant une dépendance à la cocaïne dans une étude, mais la TCC + traitement habituel n'était pas supérieure chez les patients ambulatoires masculins ayant récemment fait preuve de violence verbale/physique dans une autre étude. La gestion de la contingence + traitement d'entretien standard était plus efficace en termes d'abus de substances chez des patients ambulatoires présentant une dépendance à la cocaïne dans une étude mais pas dans une autre, probablement en raison des différences entre les interventions comportementales utilisées. Néanmoins, la gestion de la contingence était supérieure en termes de fonctionnement social et de présentation des patients aux séances de counselling dans la deuxième étude. Une intervention à composantes multiples utilisant les principes de l'entrevue motivationnelle, un programme de prévention de la conduite en état d'ivresse et une incarcération était supérieure à l'incarcération seule chez des personnes emprisonnées pour conduite en état d'ivresse.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.