Interventions de prise de décision partagée chez les patients atteints de problèmes de santé mentale

Les problèmes de santé mentale sont courants et peuvent avoir des conséquences graves pour les patients et la société. Les recommandations cliniques actuelles encouragent les professionnels de santé mentale à impliquer les patients dans les décisions médicales. Cette position est préconisée sur l'idée que les patients ont le droit de choisir et aussi que leur participation pourrait permettre d'améliorer l'observance du traitement.

Nous avons effectué des recherches exhaustives afin d'identifier des essais contrôlés randomisés (ECR), des essais contrôlés quasi-randomisés (quasi-ECR), des études contrôlées avant-après et des études de séries temporelles interrompues (STI) examinant des interventions visant à accroître la prise de décision partagée chez les patients atteints de problèmes de santé mentale. Nous avons identifié deux études remplissant les critères d'inclusion. Ces deux études étaient de bonne qualité et des mesures avaient été prises pour réduire les sources de biais potentielles.

Nous avons cherché à déterminer si les interventions visant à accroître la prise de décision partagée avaient un impact sur la satisfaction des patients vis-à-vis du traitement ou des soins, entraînaient de meilleurs résultats cliniques ou réduisaient la probabilité de réadmission à l'hôpital chez ces patients. L'une des études indiquait que l'intervention augmentait la satisfaction des patients à court terme. Une étude indiquait que les médecins impliquaient davantage les patients dans la prise de décision suite à l'intervention, mais aucun effet n'était observé sur les résultats cliniques ou les services de santé dans aucune des deux études. Aucune des deux études ne rapportait d'effets délétères associés à la prise de décision partagée chez les patients atteints de problèmes de santé mentale. Néanmoins, aucune conclusion définitive ne peut être présentée sur la base de ces deux études pour aucun des critères de jugement mesurés, et des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

À l'heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de tirer de conclusions définitives concernant les effets des interventions de prise de décision partagée chez les patients atteints de problèmes de santé mentale. Aucune preuve d'effets délétères n'était rapportée, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires au plus vite dans ce domaine.

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Contexte: 

Au cours de son existence, une personne sur quatre présente des problèmes de santé mentale pouvant être diagnostiqués. Ces problèmes peuvent avoir un effet dévastateur sur la vie du patient et de sa famille, et sur la société dans son ensemble. Les soins de santé mentale basés sur un modèle de partenariat sont de plus en plus recommandés et consacrés dans les politiques de santé internationales. La prise de décision partagée fait partie de ces approches. La prise de décision partagée est une forme de communication entre le patient et le professionnel, dans laquelle on considère que les deux parties apportent leurs connaissances au processus de soins et prennent des décisions en partenariat. Cette position est préconisée sur l'idée que les patients ont le droit de choisir et aussi que leur participation pourrait permettre d'améliorer l'observance du traitement.

Objectifs: 

Évaluer les effets des interventions de prise de décision partagée entre le fournisseur de soins et l'usager ou le soignant chez des patients de tous âges atteints de problèmes de santé mentale concernant plusieurs critères de jugement : la satisfaction des patients, les résultats cliniques et les résultats sur les services de santé.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans : Le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL, Bibliothèque Cochrane 2008, numéro 4), MEDLINE (1950 à novembre 2008), EMBASE (1980 à novembre 2008), PsycINFO (1967 à novembre 2008), CINAHL (1982 à novembre 2008), British Nursing Index and Archive (1985 à novembre 2008) et SIGLE (1890 à septembre 2005 (dernière date disponible dans la base de données)). Nous avons également consulté les registres d’essais cliniques en ligne et les références bibliographiques des articles pertinents, et contacté les auteurs des études incluses.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR), les essais contrôlés quasi-randomisés (quasi-ECR), les études contrôlées avant-après et les études de séries temporelles interrompues (STI) examinant des interventions visant à accroître la prise de décision partagée chez les patients atteints de problèmes de santé mentale (sur la base des critères DSM ou ICD-10).

Recueil et analyse des données: 

Les données relatives aux méthodes de recrutement, aux critères d'éligibilité, aux caractéristiques des échantillons, aux interventions, aux mesures de résultats, au flux de participants et aux données de résultats de chaque étude ont été extraites par un auteur et vérifiées par un second auteur. Les données sont présentées sous forme de synthèse narrative.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus deux études allemandes indépendantes portant sur un total de 518 participants. Une étude examinait le traitement de la schizophrénie en milieu hospitalier et l'autre, le traitement de patients atteints de dépression nouvellement diagnostiquée en soins primaires. Concernant les critères de jugement principaux, une étude rapportait une amélioration statistiquement significative de la satisfaction des patients, mais pas l'autre. Aucune des deux études ne rapportait de preuves d'effet sur les résultats cliniques ou les taux de réadmission à l'hôpital. Concernant les critères de jugement secondaires, certains signes indiquaient que les interventions visant à accroître la prise de décision partagée facilitaient l'implication du patient par le médecin dans la prise de décision et n'augmentaient pas la durée de la consultation. Les interventions n'amélioraient pas l'observance du plan de traitement par le patient. Aucune des deux études ne rapportait d'effets délétères associés à l'intervention. Aucune conclusion définitive ne peut être présentée sur la base de ces deux études.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.