Interventions visant à éviter la survenue d'une mammite après un accouchement

Les autorités médicales et l'Organisation mondiale de la Santé recommandent que les nouveau-nés soient exclusivement nourris au sein jusqu'à l'âge de six mois. L'allaitement est bénéfique à la santé de l'enfant, lui conférant notamment une meilleure alimentation et une plus grande protection contre les maladies telles que les gastro-entérites, les infections respiratoires et de l'oreille, les infections urinaires, les allergies et le diabète sucré. L'allaitement maternel est également moins coûteux et il est bénéfique pour la mère. La mammite est une complication importante de la lactation susceptible, chez certaines mères, de mettre fin à l'allaitement. Le mamelon devient sensible et le sein douloureux et gonflé. Si le mamelon se fissure, le sein risque de s'infecter et la mère pourra ressentir des symptômes semblables à ceux de la grippe. Un mauvais attachement du bébé au sein et un vidage incomplet du sein lors de l'allaitement sont susceptibles de contribuer au développement d'une mammite. Il convient d'étudier les mesures préventives permettant de préserver et d'accroître la durée et l'exclusivité de l'allaitement maternel.

Cette revue a trouvé cinq essais contrôlés randomisés ayant impliqué au total 960 femmes. Elles avaient examiné une variété d'interventions préventives, notamment l'éducation à l'allaitement, la prise de médicaments antibiotiques, les onguents topiques et une céréale à facteur anti-sécrétoire. Pour aucun des traitements, les données limitées n'ont mis en évidence un effet sur la réduction des infections du sein ou sur la durée et l'exclusivité de l'allaitement maternel. Les études étaient en général de faible qualité et leurs résultats limités soulignent le besoin d'une recherche de meilleure qualité dans ce domaine.

Conclusions des auteurs: 

Il n'y avait pas suffisamment de données pour démontrer l'efficacité d'une intervention quelconque, notamment de l'éducation à l'allaitement, des traitements pharmacologiques et des thérapies alternatives, pour ce qui concerne la survenue de la mammite ou l'exclusivité et la durée de l'allaitement. Bien que les études aient rendu compte de l'incidence de la mammite, elles avaient toutes porté sur des interventions différentes. Les conclusions de cette revue doivent être considérées avec prudence, car elles sont souvent basées sur des études à petits effectifs. De nouvelles recherches de puissances suffisantes sont urgemment nécessaires dans ce domaine afin de déterminer avec certitude l'efficacité de ces interventions.

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Contexte: 

Malgré les bienfaits de l'allaitement maternel pour la santé, les taux d'initiation et les durées continuent à être très inférieurs aux directives internationales. De nombreux facteurs peuvent conduire une femme à arrêter d'allaiter, les principales raisons invoquées étant associées aux complications de la lactation telles que la mammite.

Objectifs: 

Évaluer les effets des stratégies de prévention de la mammite et leurs effets subséquents sur la durée de l'allaitement.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre d’essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et l'accouchement (8 août 2012).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés d'interventions pour la prévention de la mammite chez les femmes post-partum qui allaitent.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons indépendamment identifié des études pertinentes et évalué la qualité des essais. Quand c'était nécessaire, nous avons contacté les auteurs des essais pour obtenir des données et des informations manquantes.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus cinq essais portant sur 960 femmes. Dans trois essais portant sur 471 femmes, nous n'avons pas trouvé de différences significatives dans l'incidence de la mammite entre l'utilisation et la non-utilisation d'antibiotiques (risque relatif (RR) 0,43 ; intervalle de confiance (IC) à 95% 0,11 à 1,61), ni non plus dans un essai portant sur 99 femmes comparant deux doses (RR 0,38 ; IC à 95% 0,02 à 9,18). Nous n'avons pas trouvé de différences significatives concernant la mammite dans trois essais comparant l'éducation à l'allaitement effectuée par un spécialiste aux soins habituels (un essai), à la céréale à facteur anti-sécrétoire (un essai), et à la mupirocine, la pommade à l'acide fusidique ou les conseils d'allaitement (un essai).

En général, les effets ne montraient aucune différence quant à l'initiation ou la durée de l'allaitement, ou aux symptômes de la mammite.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.