Lactoferrine orale pour la prévention du sepsis et de l’entérocolite nécrosante chez les prématurés

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Les prématurés courent le risque d’attraper une infection du sang (sepsis) et/ou des lésions gastro-intestinales (entérocolite nécrosante ou ECN). Plusieurs bébés souffrant de sepsis ou d’ECN meurent ou développent des lésions cérébrales et pulmonaires sur le long terme malgré le traitement par antibiotiques. La lactoferrine, qui est présente dans le lait humain, s’est révélée efficace contre les infections lors des tests sur les animaux et en laboratoire. La lactoferrine améliore également la capacité des bébés à combattre l’infection. Cette revue a trouvé une seule étude réalisée en Italie qui a utilisé la lactoferrine pour prévenir l’infection et l’ECN chez les prématurés. Dans cette étude, la supplémentation en lactoferrine dans le lait des nouveau-nés pesant moins de 1 500 g a réduit l’infection après 72 heures de vie, mais pas l’ECN. Nous recommandons que des études soient menées afin de confirmer les résultats de cette étude pour ce qui est de la tolérance, de la posologie, de la durée et du type de lactoferrine pour la prévention des infections et de l’ECN chez les prématurés.

Conclusions des auteurs: 

La prophylaxie de la lactoferrine orale réduit l’incidence du sepsis à début tardif chez les nourrissons pesant moins de 1 500 g et est la plus efficace chez les nourrissons pesant moins de 1 000 g. Aucune preuve ne permet d’affirmer que la lactoferrine orale (administrée seule) est efficace pour prévenir l’ECN chez les prématurés.

Des essais randomisés bien conçus doivent étudier la posologie, la durée et le type de prophylaxie de la lactoferrine (bovine ou humaine) pour la prévention du sepsis et de l’ECN. L’effet de l'alimentation exclusive au lait maternel doit être clarifié.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

La lactoferrine, un composant naturel du colostrum, du lait, des larmes et de la salive humains, peut améliorer la défense de l’hôte et se révéler efficace pour la prévention du sepsis et de l’entérocolite nécrosante (ECN) chez les prématurés.

Objectifs: 

Évaluer la tolérance et l’efficacité en pratique de la lactoferrine orale dans la prévention du sepsis et de l’ECN chez les prématurés.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé la stratégie de recherche documentaire du groupe de revue Cochrane néonatal (GRCN) en effectuant des recherches dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library), MEDLINE et PREMEDLINE, EMBASE et CINAHL. Nous avons également mené une recherche dans les registres d’essais cliniques et dans les actes de conférence des Sociétés pédiatriques - Pediatric Academic Societies. Les recherches ont été mises à jour en juillet 2011.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés évaluant la lactoferrine orale quelle que soit la dose ou la durée pour prévenir le sepsis ou l’ECN chez les prématurés.

Recueil et analyse des données: 

Le recueil et l’analyse des données ont été effectués selon les méthodes standard du GRCN.

Résultats principaux: 

Un seul essai (Manzoni 2008) ayant randomisé 472 nourrissons de très faible poids de naissance était éligible. Une diminution statistiquement significative du sepsis à début tardif a été observée dans les groupes ayant reçu de la lactoferrine seule (risque relatif (RR) 0,34, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,17 à 0,70) ou en combinaison avec le Lactobacillus rhamnosus GG (RR 0,27, IC à 95 % 0,12 à 0,60).

Dans les analyses en sous-groupe, les nourrissons pesant moins de 1 000 g et ceux nourris exclusivement au lait maternel montraient une réduction significative du sepsis à début tardif après une supplémentation en lactoferrine orale seule. Dans le groupe recevant une supplémentation en lactoferrine orale et en Lactobacillus rhamnosus,les nourrissons pesant moins de 1 000 g avaient une diminution significative du sepsis à début tardif, un résultat non observé chez les nourrissons exclusivement nourris avec le lait maternel.

La prophylaxie avec la lactoferrine orale seule n’a pas diminué l’incidence de l’ECN (RR 0,33, IC à 95 % 0,09 à 1,17), mais une diminution significative de l’ECN avec une combinaison de lactoferrine et de Lactobacillus rhamnosus GG a été notée (RR 0,05, IC à 95 % 0,00 à 0,90).

Aucun effet indésirable dû à la lactoferrine n’a été observé dans cette étude. Les résultats neurologiques sur le long terme n’ont pas été évalués dans cet essai.

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.