Médicaments vasodilatateurs oraux destinés à réduire les symptômes du phénomène de Raynaud primaire

Le phénomène de Raynaud est provoqué par une compression à court terme des petites artères dans les extrémités, généralement les doigts. Pendant quelques minutes, généralement, le bout des doigts vire au blanc et ressent des engourdissements ou des picotements et des fourmillements. Ensuite, le flux sanguin revient et ils deviennent chauds et rouges, ce qui peut également être douloureux. Chez certaines personnes, les orteils, les oreilles, le nez, la langue ou les mamelons sont touchés. Le froid ou un stress émotionnel peut déclencher les crises. Se maintenir au chaud, arrêter de fumer et éviter d'utiliser les outils qui vibrent peut prévenir les crises, mais parfois un traitement médicamenteux est nécessaire. Les inhibiteurs des canaux calciques comme la nifédipine sont les médicaments de choix, mais ils peuvent avoir des effets secondaires indésirables.

La revue a porté sur l'efficacité d'autres médicaments qui peuvent être pris par voie orale. Il s'agissait de médicaments qui augmentent le flux sanguin (vasodilatateurs). Les preuves issues d'essais contrôlés randomisés sont limitées. Les auteurs de la revue ont identifié huit études contrôlées. Elles ont été publiées entre 1980 et 1996 et ont porté sur un total de 290 participants assignés au hasard au médicament vasodilatateur ou au placebo. La durée du traitement variait entre deux semaines et six mois. Seuls deux essais ont étudié le même médicament, l'inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA) captopril, si bien que la plupart des résultats provenaient d'essais uniques. La prise d'énalapril a entraîné une légère augmentation de la fréquence des crises en une semaine. Le buflomédil a réduit la fréquence des crises, mais sans effet manifeste sur leur gravité. Le moxisylyte (thymoxamine) a également réduit les crises, mais le béraprost et le moxisylyte produisaient tous deux plus d'effets indésirables que le placebo. Pour le captopril, le béraprost, le dazoxiben et la kétansérine, il n'y avait aucune preuve d'un effet sur la fréquence, la gravité ou la durée des crises.

La qualité méthodologique de la plupart des essais était médiocre et ils étaient de petite taille. Les résultats étaient subjectifs et ont été rapportés sur des échelles qui n'étaient pas bien décrites ou validées. Cela rend l'importance clinique des résultats difficile à évaluer, surtout si la réponse au placebo est élevée.

Conclusions des auteurs: 

La mauvaise qualité méthodologique, la taille réduite des échantillons et les données limitées disponibles ont entraîné une faible précision des résultats statistiques et une valeur limitée des résultats globaux. Les résultats globaux montrent qu'il n'y a aucune preuve d'un effet des médicaments vasodilatateurs sur le phénomène de Raynaud primaire.

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Contexte: 

De nombreux médicaments différents ont été proposés pour le traitement symptomatique du phénomène de Raynaud primaire. Mis à part les inhibiteurs des canaux calciques, qui sont considérés comme des médicaments de choix, les preuves des effets des traitements pharmacologiques alternatifs sont limitées. Ceci est une mise à jour d'une revue publiée pour la première fois en 2008.

Objectifs: 

Évaluer les effets de différents médicaments ayant des actions vasodilatatrices sur le phénomène de Raynaud primaire.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour cette mise à jour , le coordinateur de recherche d'études du groupe Cochrane sur les maladies vasculaires périphériques a effectué des recherches dans le registre spécialisé (dernière recherche effectuée le14 mai 2012), CENTRAL (numéro 4, 2012) et les bases de données d'essais cliniques. Nous avons contacté un laboratoire pharmaceutique et un auteur d'essai à la recherche d'informations supplémentaires. De plus, les bibliographies d’études pertinentes ont également été consultées à la recherche de références supplémentaires. Il n'y avait aucune restriction concernant la langue.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés évaluant les effets des formulations orales de tout médicament ayant des effets vasodilatateurs sur les symptômes subjectifs du phénomène de Raynaud primaire. Le traitement avec, ou la comparaison avec, les inhibiteurs des canaux calciques n'ont pas été évalués dans cette revue.

Recueil et analyse des données: 

Deux membres de l'équipe de revue ont évalué les essais à inclure ainsi que leur qualité et ont extrait les données de façon indépendante. L'extraction des données comprenaient les événements indésirables. Nous avons contacté les auteurs des essais pour obtenir des données manquantes.

Résultats principaux: 

Huit études impliquant 290 participants ont été incluses. Deux essais ont évalué les effets du captopril, le reste des essais étaient des essais uniques portant sur des médicaments uniques. Toutes les comparaisons ont été effectuées avec un placebo. La qualité méthodologique de la plupart des essais était médiocre.

L'énalapril était associé à une légère augmentation de la fréquence des crises par semaine (différence dans les moyennes 0,8 ; IC à 95 % 0,43 à 1,17). La différence entre les groupes d'intervention sur un score d'amélioration subjectif était non-significative.
Il y avait un effet significatif du buflomédil sur la fréquence des crises par semaine (différence moyenne pondérée (DMP) -8,8 ; IC à 95 % -17,55 à -0,09), mais il n'y avait aucune preuve d'un effet sur le score de gravité.
La proportion avec moins de crises était significativement plus élevée sous moxisylyte que sous placebo (risque relatif (RR) 4,33 ; IC à 95 % 1,36 à 13,81).
Pour le captopril, le béraprost, le dazoxiben et la kétansérine, il n'avait aucune preuve d'un effet sur la fréquence, la gravité ou la durée des crises.
Le béraprost et le moxisylyte produisaient significativement plus d'effets indésirables que le placebo.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.