Zotépine versus autres antipsychotiques atypiques dans la schizophrénie

Cette revue compare les effets de la zotépine par rapport à d’autres antipsychotiques de deuxième génération. Trois essais suggèrent que l'efficacité de la zotépine pourrait être comparable à celle de la rispéridone et du rémoxipride. La base factuelle est insuffisante pour tirer des conclusions définitives et déterminer si la zotépine est aussi efficace ou moins efficace que la clozapine. Les troubles du mouvement et les changements cognitifs semblent être similaires à ceux induits par la clozapine, la rispéridone et le rémoxipride. Le recours à des médicaments antiparkinsoniens est comparable à celui observé avec la rispéridone et le rémoxipride, mais pourrait être associé à une augmentation du besoin par rapport à la clozapine.

Conclusions des auteurs: 

La base factuelle relative à la zotépine est insuffisante pour tirer des conclusions définitives concernant ses effets absolus ou relatifs, et cela malgré son utilisation en Autriche, en France, en Allemagne, au Japon et au Royaume-Uni.

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Contexte: 

Dans de nombreuses régions du monde, particulièrement dans les pays industrialisés, les antipsychotiques de deuxième génération (atypiques) sont devenus le traitement de première intention chez les patients souffrant de schizophrénie. La question de savoir si les effets des différents antipsychotiques de deuxième génération diffèrent est sujette à débat.

Objectifs: 

Évaluer les effets de la zotépine par rapport à d’autres antipsychotiques de deuxième génération chez les patients souffrant de schizophrénie et de psychoses schizophréniformes.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre spécialisé du groupe Cochrane sur la schizophrénie (novembre 2009) a été examiné, les références bibliographiques de toutes les études pertinentes ont été inspectées afin d’identifier d’autres d'essais, et les auteurs des essais ont été contactés pour obtenir des informations supplémentaires.

Critères de sélection: 

Nous n'avons inclus que les essais cliniques contrôlés randomisés qui comparaient la zotépine à toutes les formes d'amisulpride, d'aripiprazole, de clozapine, d'olanzapine, de rispéridone, de sertindole ou de ziprasidone chez les patients souffrant de schizophrénie seule ou de psychoses schizophréniformes.

Recueil et analyse des données: 

SS et KK ont extrait les données de façon indépendante. Pour les variables dichotomiques, nous avons calculé les risques relatifs (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % en intention de traiter sur la base d'un modèle à effets aléatoires. Pour les données continues, les différences moyennes pondérées (DMP) ont été calculées, de nouveau sur la base d’un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Trois études ont été incluses (n total = 289 ; 2 ECR, zotépine versus clozapine ; 1 ECR, zotépine versus clozapine versus rispéridone (à des doses de 4 et 8 mg) versus rémoxipride. Toutes les études étaient de qualité méthodologique limitée. Lorsque la zotépine était comparée à la clozapine, la clozapine était plus efficace en termes d'état global (n = 59, 1 ECR, RR d’absence de réponse cliniquement significative de 8,23, IC entre 1,14 et 59,17). Les scores d'état mental favorisaient également la clozapine (n = 59, 1 ECR, DM score moyen (total BPRS, élevé = médiocre) de 6,00, IC entre 2,17 et 9,83) et le recours à des médicaments antiparkinsoniens était inférieur dans le groupe sous clozapine (n = 116, 2 ECR, RR de 20,96, IC entre 2,89 et 151,90). Dans la comparaison entre la zotépine et la rispéridone, le score de l'état mental ne révélait pas de différence significative entre les groupes (vs 4 mg : n = 40, 1 ECR, DM score moyen en fin d’étude (total BPRS, élevé = médiocre) de 1,40, IC entre -9,82 et 12,62 ; vs 8 mg : n = 40, 1 ECR, DM de -1,30, IC entre -12,95 et 10,35) et le recours à des médicaments antiparkinsoniens était équivoque (vs 4 mg : n = 40, 1 ECR, DM de 1,80, IC entre -0,64 et 4,24 ; vs 8 mg : n = 40, 1 ECR, DM de 2,50, IC entre -0,05 et 5,05). Enfin, lorsque la zotépine était comparée au rémoxipride, aucun effet n’était observé concernant l'état mental (n = 58, 1 ECR, DM score moyen en fin d’étude (BPRS total, élevé = médiocre) de 5,70, IC entre -4,13 et 15,53), et aucune différence significative entre les deux groupes en termes de recours à des médicaments antiparkinsoniens (n = 49, 1 ECR, RR de 0,97, IC entre 0,41 et 2,29).

Les données d'autres critères de jugement importants tels que les autres événements indésirables, l’utilisation des services, la satisfaction vis-à-vis des soins et la qualité de vie n'étaient pas disponibles.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.