Pilules contraceptives à base de drospirénone pour le traitement du syndrome prémenstruel

Le syndrome prémenstruel (SPM) est un trouble très répandu. La forme la plus grave de ce syndrome porte le nom de « trouble dysphorique prémenstruel » (TDPM). Les pilules contraceptives composées de progestérone et d'œstrogène ont été étudiées pour le traitement de ces symptômes. Une pilule contraceptive à base de drospirénone (progestatif) peut être plus efficace que les autres pilules. Une pilule à base de drospirénone à faible teneur en œstrogène a été approuvée pour le traitement des TDPM, la forme la plus grave du SPM, chez les femmes suivant un traitement contraceptif.

Nous avons effectué des recherches électroniques d'essais qui comparaient une pilule contraceptive contenant de la drospirénone et de l'œstrogène à un placebo (pilule factice) ou à une autre pilule contraceptive pour le traitement des symptômes prémenstruels. Nous avons contacté des chercheurs afin de trouver d'autres essais. Nous avons observé les effets des pilules sur la diminution de ces symptômes et la présence d'éventuels effets secondaires. Les femmes consignaient leurs symptômes au fil du temps.

Nous avons trouvé cinq essais regroupant 1 920 femmes. Deux essais comparaient une pilule factice à une pilule à base de drospirénone à faible teneur en œstrogène. Toutes les femmes présentaient des TDPM, la forme la plus grave du SPM, avant de participer à l'essai. Au bout de trois mois, les femmes prenant une pilule à base de drospirénone à faible teneur en œstrogène présentaient des symptômes prémenstruels moins graves par rapport au groupe prenant une pilule factice. Les femmes du groupe prenant une pilule à base de drospirénone signalaient qu'elles étaient plus actives et qu'elles avaient une vie sociale plus épanouie et davantage d'amis. Ces femmes souffraient plus fréquemment de nausées, d'hémorragies entre les règles et de douleurs mammaires. Ces effets secondaires sont courants avec la prise de pilules contraceptives. Trois essais étudiaient une pilule à base de drospirénone avec une teneur supérieure en œstrogène pour le traitement des symptômes moins graves. Ces femmes ne souffraient pas toutes de TDPM. Un essai comparait la pilule à base de drospirénone à une pilule factice, mais contenait des données insuffisantes pour notre revue. Deux essais comparaient la pilule de l'étude à une autre pilule contraceptive. L'étude réalisée sur deux ans montrait que les groupes étaient semblables en termes de symptômes prémenstruels et d'effets secondaires. L'étude réalisée sur six mois ne fournissait pas suffisamment de données sur les symptômes.

Une pilule à base de drospirénone à faible teneur en œstrogène semble atténuer les symptômes prémenstruels chez les femmes présentant les symptômes les plus graves (TDPM). Cette pilule était un peu plus efficace que la pilule factice qui agissait également sur les symptômes. Nous ignorons si la pilule contraceptive est efficace au-delà de trois cycles, si elle permet d'atténuer les symptômes les moins graves chez les femmes ou si elle est plus efficace que les autres pilules contraceptives. Des études plus longues et plus approfondies avec davantage de femmes devront être réalisées pour répondre à ces questions. Les rapports d'essais doivent êtres plus explicites quant au déroulement de l'étude.

Conclusions des auteurs: 

Trois mg de drospirénone et 20 µg d'éthinylestradiol peuvent permettre de traiter les symptômes prémenstruels chez les femmes souffrant de symptômes graves, à savoir des troubles dysphoriques prémenstruels. Les effets du placebo étaient également significatifs. Nous ignorons si un contraceptif oral combiné est efficace après trois cycles, s'il atténue les symptômes moins graves chez les femmes ou s'il est plus efficace que les autres contraceptifs oraux. Pour répondre à ces questions, d'autres essais plus approfondis devront être réalisés à plus grande échelle et sur une durée plus longue. Les essais devront se conformer aux recommandations CONSORT.

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Contexte: 

Le syndrome prémenstruel (SPM) est un trouble très répandu. Les troubles dysphoriques prémenstruels (TDPM) correspondent à une forme grave du syndrome prémenstruel. Des contraceptifs oraux combinés, composés de progestérone et d'œstrogène, ont été étudiés pour leur capacité à atténuer les symptômes prémenstruels. Un contraceptif oral contenant de la drospirénone et une faible dose d'œstrogène a été approuvé pour le traitement des TDPM chez les femmes choisissant les contraceptifs oraux comme méthode contraceptive.

Objectifs: 

Examiner tous les essais contrôlés randomisés qui comparaient un contraceptif oral combiné contenant de la drospirénone à un placebo ou un autre contraceptif oral combiné en termes d'effets sur les symptômes prémenstruels.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons recherché des études concernant la drospirénone et le syndrome prémenstruel dans les bases de données suivantes : Le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (The Cochrane Library), MEDLINE et POPLINE (20 décembre 2011) ; EMBASE, LILACS, PsycINFO, ClinicalTrials.gov et le système d'enregistrement international des essais cliniques de l'Organisation mondiale de la Santé (ICTRP pour International Clinical Trials Registry Platform) (2 mars 2011). Nous avons aussi examiné les listes bibliographiques des articles pertinents et contacté des chercheurs connus afin de trouver d'autres essais.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés en n'importe quelle langue qui comparaient un contraceptif oral combiné (COC) contenant de la drospirénone à un placebo ou à un autre COC en termes d'effets sur les symptômes prémenstruels. Le principal critère de jugement incluait les symptômes affectifs et physiques prémenstruels qui étaient enregistrés de manière prospective. Les événements indésirables liés à la prise d'un contraceptif oral combiné étaient examinés.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et évalué la qualité méthodologique des études. Pour les variables continues, la différence moyenne (DM) était calculée avec un intervalle de confiance (IC) à 95 %. Pour les résultats dichotomiques, le rapport des cotes (RC) de Peto était calculé avec un IC à 95 %.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus cinq essais totalisant 1 920 femmes. Deux essais contrôlés par placebo réalisés auprès de femmes atteintes de TDPM montraient des symptômes prémenstruels moins graves au bout de trois mois avec 3 mg de drospirénone et 20 µg d'éthinylestradiol par rapport à un placebo (DM - 7,92 ; IC à 95 % - 11,16 à - 4,67). Le groupe sous drospirénone affichait des baisses moyennes plus importantes au niveau de la dégradation de la productivité (DM - 0,31 ; IC à 95 % - 0,55 à - 0,08), des activités sociales (DM - 0,29 ; IC à 95 % - 0,54 à - 0,04) et du relationnel (DM - 0,30 ; IC à 95 % - 0,54 à - 0,06). Des effets secondaires plus courants liés à la prise d'un contraceptif COC à base de drospirénone incluaient des nausées, des hémorragies intermenstruelles et des douleurs mammaires. Les rapports des cotes respectifs étaient de 3,15 (IC à 95 % 1,90 à 5,22), 4,92 (IC à 95 % 3,03 à 7,96) et 2,67 (IC à 95 % 1,50 à 4,78). Le nombre total d'événements indésirables liés au médicament de l'étude avait plus de chances de concerner le groupe prenant un COC à base de drospirénone (RC 2,36 ; IC à 95 % 1,62 à 3,44). Trois essais étudiaient les effets de 3 mg de drospirénone et de 30 µg d'éthinylestradiol sur des symptômes moins graves. Un essai de six mois contrôlé par placebo ne contenait pas suffisamment de données pour réaliser une analyse du principal critère de jugement. Une autre étude de six mois utilisait 150 µg de lévonorgestrel et 30 µg d'éthinylestradiol pour le groupe de comparaison, mais ne fournissait pas suffisamment de données sur les symptômes prémenstruels. Dans un essai d'une durée de deux ans, le groupe prenant un COC à base de drospirénone présentait des symptômes prémenstruels similaires à ceux du groupe de comparaison auquel 150 µg de désogestrel et 30 µg d'éthinylestradiol étaient administrés (RC 0,87 ; IC à 95 % 0,63 à 1,22). Ces groupes présentaient aussi des réponses similaires aux événements indésirables liés au traitement (RC 1,02 ; IC à 95 % 0,78 à 1,33).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.