Les benzodiazépines pour la catatonie chez les personnes atteintes de schizophrénie ou d'une maladie mentale grave similaire

Problématique de la revue
Les benzodiazépines sont-elles un traitement efficace et tolérable de la catatonie chez les personnes atteintes de schizophrénie ou d'autres maladies mentales graves ?

Contexte
La catatonie est une affection débilitante qui se caractérise par une activité et des mouvements diminués, excessifs ou particuliers, ainsi que par une diminution de l'engagement dans l'environnement social et physique. Elle peut survenir lorsqu'une personne souffre d'un certain nombre de troubles psychiatriques différents, y compris la schizophrénie (une maladie mentale persistante dont la caractéristique est une perception modifiée de la réalité) et, moins fréquemment, des troubles médicaux. Certains des autres troubles mentaux graves associés à la catatonie incluent le trouble bipolaire (maladie caractérisée par des troubles extrêmes de l'humeur) et la dépression (autre trouble de l'humeur caractérisé par un moral au plus bas). Les benzodiazépines sont largement utilisées dans le traitement de la catatonie, mais il n'existe pas de données probantes de bonne qualité provenant d'essais contrôlés randomisés en ce qui concerne leur efficacité.

Recherche des données probantes
Le spécialiste de l'information de Cochrane Schizophrenia a effectué des recherches électroniques dans le registre spécialisé du groupe (le plus récent datant de février 2019) à la recherche d'essais randomisés portant sur des personnes atteintes de catatonie associée à la schizophrénie ou à d'autres maladies mentales graves similaires recevant soit des benzodiazépines, soit : d'autres médicaments, un placebo ou une thérapie électroconvulsive. Cent trente enregistrements ont été trouvés et vérifiés par les auteurs de la revue.

Données probantes trouvées
Dans le cadre de la recherche, un essai répondant aux exigences de la revue et fournissant des données limitées, de très faible qualité et utilisables pour un seul critère de jugement, fut trouvé. Cet essai comparait deux benzodiazépines (lorazépam et oxazépam) et n'a révélé aucune différence claire entre ces deux traitements dans l’amélioration des symptômes de la catatonie chez les personnes atteintes de catatonie et de schizophrénie ou d'une maladie mentale grave similaire.

Conclusions
Il n'y a pas suffisamment de données probantes de haute qualité pour répondre à la problématique de la revue. D'autres recherches de meilleure qualité doivent être réalisées.

Conclusions des auteurs: 

L'analyse des résultats de cette revue, qui consistait en une comparaison directe de deux monothérapies à base de benzodiazépines, ne montre pas de différence claire quant aux effets. Il n’y a pas donnée disponible sur les benzodiazépines comparativement au placebo ou aux soins standard. Le manque de données utilisables et la très faible qualité des données disponibles ne permettent pas de tirer des conclusions définitives et d'autres études avec une méthodologie et des rapports de haute qualité sont nécessaires afin de déterminer de façon plus définitive les critères de jugement d’une utilisation de benzodiazépines dans le traitement clinique de la catatonie chez les personnes schizophrènes et atteintes d’autres SMIs.

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Contexte: 

La catatonie est un trouble débilitant du mouvement et de la volonté associé à la schizophrénie et à d'autres maladies mentales. Les personnes atteintes de catatonie sont plus susceptibles de nécessiter une hospitalisation et des soins hautement supervisés que celles qui n'en sont pas atteintes. Elles présentent également un risque accru de complications secondaires telles que la pneumonie, la malnutrition et la déshydratation. Les thérapies médicamenteuses et l'électroconvulsivothérapie sont les piliers du traitement.

Objectifs: 

Comparer les effets des benzodiazépines avec ceux d'autres médicaments, d'un placebo ou d'une thérapie électroconvulsive contre la catatonie chez les personnes atteintes de schizophrénie ou d'autres maladies mentales graves (en anglais : serious mental illnesses, SMIs) similaires.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons mis à jour notre recherche précédente (28 février 2007) en effectuant une recherche dans le Registre des essais cliniques du Cochrane Schizophrenia Group (9 novembre 2016 ; 6 février 2019). Ce registre est compilé par des recherches systématiques des principales ressources (y compris CENTRAL, MEDLINE, Embase, AMED, BIOSIS, CINAHL, PsycINFO, PubMed et les registres des essais cliniques) et leurs mises à jour mensuelles, recherches manuelles, littérature grise et actes de conférence, sans limite de langue, date, type de document ou statut de publication pour l'inclusion des dossiers dans le registre. Nous avons également effectué une recherche manuelle dans les listes de références des études sélectionnées par la recherche.

Critères de sélection: 

Tous les essais cliniques contrôlés ayant randomisé des personnes atteintes de schizophrénie ou d'une autre maladie mentale grave similaire et atteintes de catatonie pour qu'elles reçoivent des benzodiazépines ou un autre traitement pertinent. Nous avons inclus des études qui répondaient à nos critères d'inclusion et qui présentaient des données utilisables. Nous avons exclu celles qui ne répondaient pas à nos critères d'inclusion ou qui ne fournissaient pas de données utilisables. Nous avons contacté les auteurs lorsque de plus amples renseignements étaient nécessaires et, si nous n'avons pas reçu de réponse, nous avons mis ces études de côté comme étant " en attente d'évaluation ".

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont extrait les données de façon indépendante. Pour les données dichotomiques, nous avons calculé les risques relatifs (RR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 % sur la base de l'intention de traiter à l'aide d'un modèle à effets fixes. Nous avons effectué une évaluation du " risque de biais " pour l'étude inclue et nous avons produit un tableau " Résumé des résultats " à l'aide de GRADE.

Résultats principaux: 

Les recherches ont permis de trouver 130 citations, à partir desquelles nous avons pu identifier 22 études éventuellement pertinentes. Parmi celles-ci, nous n'avons pu inclure qu'une seule étude. Cette étude portait sur un échantillon relativement restreint de 17 participants ayant reçu du lorazépam ou de l'oxazépam et qui n'avaient pris aucun médicament durant la semaine précédant le début de l'essai. Les seules données utilisables rapportées par cette étude étaient des changements cliniquement importants dans les symptômes de catatonie mesurés comme une amélioration de 50 % sur l'échelle visuelle analogique (VAS). Il n'y avait pas de différence dans le nombre de participants montrant un changement cliniquement important de leurs symptômes catatoniques (RR 0,95, IC à 95 % : 0,42 à 2,16 ; participants = 17 ; études = 1 ; données probantes de très faible qualité).

Il n'y a pas de données rapportée pour d'autres critères de jugement importants tels que la durée du séjour à l'hôpital, les changements cliniquement importants dans la satisfaction à l'égard des soins, l'état global, les effets indésirables ou le fonctionnement général

Nous avons trouvé quelques études répondant à nos critères d'inclusion, mais elles ne fournissant aucune donnée utilisable. Nous avons dû les exclure. Bien qu'étant mal rapportées, ces études montrent que des études pertinentes ont été entreprises - elles ne sont pas impossibles à concevoir ou à réaliser.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Carole Lescure et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.