Utilisation prolongée de corticostéroïdes anti-inflammatoires dans le traitement de la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie inflammatoire du cerveau et de la moelle épinière. Elle se traduit par des épisodes de déficit neurologique qui se résorbent (rechutes) ainsi que par l’accumulation, avec le temps, d’une invalidité prolongée. Les corticostéroïdes sont des anti-inflammatoires puissants. On suppose que l'utilisation de corticoïdes sur une longue période peut réduire l'accumulation de l'invalidité. Les auteurs de la présente revue ont trouvé trois études portant sur cette question. Une méta-analyse a révélé que l’utilisation prolongée de corticostéroïdes a tendance à produire un effet bénéfique sur l'accumulation de l'invalidité. Cependant, ces résultats s’appuient sur des données issues de deux études seulement. Nous n’avons pas pu commenter de façon fiable l'effet des corticostéroïdes pris sur une longue période sur la fréquence des rechutes. Les effets secondaires étaient mal documentés. Des essais contrôlés randomisés évaluant ce traitement de manière rigoureuse sont donc nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Il n'y a pas suffisamment de données probantes attestant qu’un traitement par corticostéroïde sur une longue période retarde la progression de l'invalidité de longue durée chez les patients atteints de SEP. Une étude présentant un risque élevé de biais a révélé que l'administration en intraveineuse de MP IV à haute dose est associée à une réduction significative du risque de progression de l'invalidité de longue durée chez les patients atteints de SEP-RR, il est par conséquent nécessaire d’effectuer des ECR de bonne qualité et de puissance suffisante afin d’étudier ce résultat.

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Contexte: 

Un traitement de courte durée par corticostéroïdes à hautes doses améliore les symptômes et l'invalidité de courte durée chez les patients ayant présenté une poussée aiguë de sclérose en plaques (SEP). Toutefois, on ignore si son utilisation prolongée peut réduire l'accumulation de l'invalidité.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité et l'innocuité de l'utilisation prolongée des corticostéroïdes dans la SEP.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le Registre des essais du groupe de travail Cochrane sur la sclérose en plaques (février 2007), le registre Cochrane des essais contrôlés (Bibliothèque Cochrane 2007, numéro 1), MEDLINE (de 1966 à février 2007) et EMBASE (de 1980 à février 2007). Afin d'identifier d'autres essais publiés, non publiés et en cours, nous avons examiné des références bibliographiques et contacté des auteurs d’essais et une société pharmaceutique.

Critères de sélection: 

Nous avons examiné des essais contrôlés et randomisés (ECR), en aveugle ou non, portant sur l’administration à long terme (c.-à-d. plus de six mois) de tout type de corticostéroïde dans la SEP, quel que soit le stade de la maladie.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont, de façon indépendante, évalué la qualité des essais et ont extrait les données. Des auteurs d'études ont été contactés pour obtenir des informations supplémentaires.

Résultats principaux: 

Trois essais, tous considérés à risque élevé de biais, ont contribué à cette revue (Miller 1961 ; BPSM 1995 ; Zivadinov 2001), pour un total de 183 participants, dont 91 traités. La corticothérapie n'a pas réduit le risque d'aggravation à la fin du suivi (rapport des cotes [RC] 0,51, intervalle de confiance à 95 % [IC] ; de 0,26 à 1,02) mais nous avons noté une hétérogénéité substantielle entre les études (I2: 78,4 %). La méthylprednisolone (MP) IV à haute dose périodique était associée à une réduction significative du risque de progression de l'invalidité après 5 ans dans la sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR) (RC 0,26, IC à 95 % : de 0,10 à 0,66), tandis qu’aucune réduction du risque de progression de l'invalidité n’a été observée après 18 mois avec la prednisolone orale continue à faible dose (RC 1,23, IC à 95 % : de 0,43 à 3,56). Les corticostéroïdes ne permettent pas de réduire de façon significative le risque d’avoir au moins une poussée à la fin du suivi (RC 0,36 ; IC à 95 % : de 0,10 à 1,25).
Une seule étude a fait état des événements indésirables : chez un patient la méthylprednisolone (MP) IV a été interrompue après la quatrième injection après qu’il ait développé une glomérulonéphrite aiguë ; un deuxième patient a été retiré de l'étude après la cinquième injection de MP IV à cause d'une ostéoporose sévère.

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Elisa CALLEGARI et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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