Stéroïdes oraux contre la douleur de l’épaule (capsulite rétractile)

Ce résumé d'une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l'effet des stéroïdes pris sous la forme de pilules (oralement) sur la capsulite rétractile. Cette revue indique que :

Il existe des preuves limitées (niveau « argent ») (www.cochranemsk.org) montrant que les stéroïdes oraux pourraient permettre de traiter la douleur de l’épaule (capsulite rétractile) à court terme. Les stéroïdes oraux peuvent réduire la douleur et l’incapacité et peuvent améliorer le mouvement au niveau de l'épaule à court terme. Cependant, les bénéfices des stéroïdes oraux ne semblent pas durer 6 semaines. Les stéroïdes oraux pris pendant de courtes périodes par des personnes par ailleurs en bonne santé ne semblent pas nuisibles. Les preuves sont insuffisantes pour déterminer avec certitude les bénéfices et les effets nocifs des stéroïdes oraux et une recherche plus poussée est nécessaire.

Qu’est-ce que la capsulite rétractile et quels médicaments sont utilisés pour la traiter ?
La douleur de l’épaule peut être causée par de nombreuses pathologies différentes. Elle peut être due à une pathologie de la coiffe des rotateurs ou à une capsulite rétractile (également appelée épaule gelée, épaule douloureuse raide ou périarthrite). Alors que les deux pathologies sont douloureuses, la capsulite rétractile tend à entraîner une raideur dans l’épaule, quelle que soit la direction dans laquelle elle le patient la bouge. La douleur et la raideur au niveau de l’épaule peuvent disparaître spontanément ; mais elles peuvent durer jusqu’à 2 ou 3 ans. Après 3 ans, certains patients ne sont toujours pas capables de bouger leur épaule totalement.

Des traitements médicamenteux et non médicamenteux sont utilisés pour soulager la douleur et/ou la raideur. Dans d’autres maladies arthritiques, des stéroïdes, pris sous la forme de pilules, ont démontré leur efficacité. On estime donc que les stéroïdes, comme les pilules de prednisolone ou cortisone, peuvent être efficaces contre la capsulite rétractile.

Quels sont les résultats de cette revue ?
Les études ont évalué des personnes atteintes de capsulite rétractile depuis environ 6 mois. Elles ont reçu des traitements placebo, aucun traitement, des injections de stéroïdes ou des stéroïdes oraux. Des stéroïdes oraux, comme de la prednisolone ou de la cortisone, ont été administrés pendant 3 à 4 semaines, et parfois de nouveau pendant 3 à 4 semaines supplémentaires si les patients ressentaient encore une douleur et une raideur. Tous les patients faisaient de la kinésithérapie ou suivaient un programme d’exercices pendant qu’ils prenaient des stéroïdes.

Bénéfices des stéroïdes oraux
Chez les personnes atteintes de capsulite rétractile, à 3 semaines, les stéroïdes oraux

semblent plus utiles que les placebos

­ 48 personnes sur 100 prenant des pilules placebo ont déclaré qu’elles se sentaient mieux
­ 96 personnes sur 100 prenant des stéroïdes ont déclaré qu’elles se sentaient mieux

pourraient réduire la douleur et l’incapacité en plus grande mesure que les pilules placebo

­ la douleur pourrait être réduite de 2,7 points supplémentaires sur une échelle de 0 à 10 avec les stéroïdes
­ l’incapacité pourrait être réduite de 18 points supplémentaires sur une échelle de 0 à 100 avec les stéroïdes

pourrait augmenter davantage la capacité de mouvement de l’épaule par rapport aux pilules placebo

­ le mouvement de l’épaule a augmenté de 23 degrés
Toutefois, ces bénéfices n’ont pas duré jusqu’à 6 semaines ; les preuves sont donc insuffisantes pour certifier les résultats au-delà de 3 semaines.

Les stéroïdes oraux pourraient également soulager la douleur plus précocement et plus rapidement qu'en l'absence de traitement. Mais après 5 mois, les stéroïdes oraux n'ont donné aucun bénéfice par rapport à l'absence de traitement. Les preuves sont insuffisantes pour certifier les résultats.

Effets nocifs des stéroïdes oraux
Chez les personnes atteintes de capsulite rétractile n’ayant pas d’autre problème grave, prendre des stéroïdes oraux pendant une courte période ne semble entraîner aucun effet secondaire grave. Mais les preuves sont insuffisantes pour certifier ces résultats. D’autres recherches sur les stéroïdes pris pendant des périodes plus longues montrent que les effets nocifs peuvent inclure une hausse du niveau de cholestérol et de la pression artérielle.

Conclusions des auteurs: 

Les données disponibles issues de deux essais contrôlés contre placebo et d’un essai contrôlé contre absence de traitement fournissent des preuves limitées (niveau « argent ») (www.cochranemsk.org) montrant que les stéroïdes oraux apportent des bénéfices significatifs à court terme au niveau de la douleur, de l’amplitude de mouvement de l’épaule et de la fonction, en capsulite rétractile, mais que l’effet ne semble pas être maintenu au-delà de six semaines.

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Contexte: 

Cette revue fait partie d'une série de revues Cochrane d'interventions pour les troubles de l’épaule chez l’adulte.

Objectifs: 

Déterminer l’efficacité et la sécurité des stéroïdes oraux contre la capsulite rétractile.

La stratégie de recherche documentaire: 

La librairie Cochrane, y compris CENTRAL, Numéro 4, 2005, le registre du groupe de revue Cochrane sur les troubles musculo-squelettiques, MEDLINE, EMBASE, CINAHL, a été consultée en novembre 2005, sans restriction de date ou de langue.

Critères de sélection: 

Seules les études décrites comme des essais contrôlés randomisés étudiant des participants atteints de capsulite rétractile, épaule gelée, épaule douloureuse et raide ou périarthrite et des interventions de stéroïdes oraux par rapport à un placebo, à l'absence de traitement ou à tout autre traitement ont été incluses.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs indépendants ont évalué la qualité méthodologique de chaque essai inclus et extrait les données. La méthodologie Cochrane Standard a été utilisée pour analyser les données extraites.

Résultats principaux: 

Cinq essais de petite taille ont été inclus : deux essais (30 et 49 participants) sur les stéroïdes oraux ou un placebo ; un essai (40 participants) sur les stéroïdes oraux ou l’absence de traitement ; un essai (28 participants) sur les stéroïdes oraux ou intra-articulaires ; et un essai (32 participants) de manipulation sous anesthésie et injection intra-articulaire de stéroïdes avec ou sans stéroïdes oraux. Les participants aux études étaient similaires entre les essais, mais aucun essai n’a utilisé le même régime ou dosage de stéroïdes. Les essais étaient de qualité variable (un seul de qualité élevée) et pour certains la qualité de consignation était faible.

Aucune méta-analyse n’a pu être effectuée, attendu que les données brutes n’ont pas pu être extraites d’un essai contrôlé contre placebo et que les trois essais utilisaient des comparateurs différents. Un essai a rapporté des bénéfices à court terme significatifs pour les stéroïdes oraux par rapport au placebo : 48% plus de participants ont rapporté un succès (RR = 2 (IC à 95% entre 1,3 et 3,1 ; NPT = 2) ; une amélioration générale de la douleur de 2,7 (IC à 95% entre 1,4 et 4,0) sur une échelle de 0 à 10 points ; une augmentation de l’abduction totale de l’épaule de 23,3 degrés (IC à 95% entre 11,3 et 35,3) ; Le score SPADI (indice de douleur et incapacité de l’épaule) a été amélioré de 18,1 (IC à 95% entre 7,6 et 28,6) sur une échelle de 0 à 100 points. Mais les bénéfices n’ont pas été maintenus à 6 semaines. Un deuxième essai n’a rapporté aucune différence significative entre les stéroïdes oraux et un placebo, en termes de douleur ou d’amplitude de mouvement, mais a suggéré qu’une amélioration s’était produite dans le groupe traité aux stéroïdes. Un troisième essai a conclu que les stéroïdes oraux apportaient un soulagement initial de la douleur plus rapide que l'absence de traitement, mais qu’à cinq mois, les différences étaient négligeables. Des effets indésirables minimes ont été rapportés.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.