Contraceptifs hormonaux et mode d'utilisation par l'organisme des glucides chez les femmes sans diabète

Les contraceptifs hormonaux peuvent modifier la manière dont l'organisme se sert des glucides (amidons et sucres). Les modifications peuvent comprendre une capacité affaiblie à utiliser le sucre contenu dans les aliments et davantage de problèmes avec l'insuline de l'organisme. L'insuline est une hormone qui aide l'organisme à utiliser le sucre. Les problèmes liés à la glycémie peuvent augmenter le risque de diabète et de cardiopathie. Ces questions ont été soulevées principalement avec les méthodes de contraception qui contiennent l'hormone œstrogène.

En avril 2014, nous avons cherché des essais randomisés ayant étudié la manière dont l'organisme se sert des glucides dans le cas de l'utilisation de méthodes de contraception hormonale. Les critères de jugement étaient les niveaux de glucose dans le sang ou les niveaux d'insuline. Les méthodes de contraception pouvaient contenir de l'œstrogène et de la progestérone ou juste de la progestérone. Le type pouvait être des pilules, des piqûres (injections), des implants (tiges de la taille d'une allumette placées sous la peau), l'anneau vaginal, ou un dispositif intra-utérin (DIU). Les études devaient comparer deux types de contraception ou un type à un placebo ou à une méthode 'factice'.

Nous avons inclus 31 essais. Aucun ne comprenait de placebo. Sur les 34 paires de méthodes de contraception comparées, huit ont révélé quelques différences par groupes d'étude. Douze essais avaient étudié les pilules de désogestrel. Les quelques différences n'étaient pas cohérentes. Trois essais avaient examiné l'anneau d'étonogestrel. Un essai avait montré que le groupe utilisant l'anneau avait un niveau d'insuline inférieur à celui du groupe prenant la pilule.

Huit essais avaient examiné la noréthistérone (progestatif). Un groupe utilisant des pilules de noréthistérone présentait moins de modifications des niveaux de glucose que ceux prenant d'autres pilules. Dans une autre étude, un groupe utilisant le contraceptif injectable «Â Depo » (acétate de médroxyprogestérone-retard) avait des niveaux de glucose et d'insuline plus élevés que le groupe utilisant un autre contraceptif injectable.

Sur les cinq nouveaux essais, deux utilisaient des types d'œstrogène différents. Dans une étude, un groupe prenant une pilule avec de l'éthinyle valérate avait des niveaux de glucose plus bas qu'un groupe prenant une pilule standard. Deux autres essais comparaient la prise de pilules pendant plusieurs cycles sans interruption (utilisation prolongée) par rapport à une utilisation habituelle. Dans un essai utilisant une pilule de diénogest, le groupe ayant une utilisation prolongée présentait plus de modifications des niveaux de glucose. Un essai de petite taille utilisait deux pilules de lévonorgestrel, et s'intéressait aux femmes obèses et de poids normal. Les résultats n'étaient pas très différents entre ces groupes.

Chez les femmes sans diabète, les contraceptifs hormonaux n'ont que peu d'effet sur l'utilisation des glucides par l'organisme. Peu d'études comparaient les mêmes types de contraception. Par conséquent, nous ne pouvons émettre des recommandations fiables. Plusieurs essais avaient un petit nombre de femmes, et beaucoup de femmes avaient abandonné. Des essais plus anciens ne précisaient pas toujours toutes les méthodes de l'étude. Un grand nombre d'essais n'avaient pas inclus de femmes en surpoids.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves actuelles ne suggèrent pas de différences majeures dans le métabolisme des glucides entre les différents contraceptifs hormonaux chez les femmes sans diabète. Nous ne pouvons émettre des recommandations fiables étant donné que les études qui comparaient les mêmes types de contraceptifs étaient rares. Un grand nombre d'essais avaient un petit nombre de participants et certains ont eu de nombreux arrêts prématurés. La notification des méthodes d'un grand nombre d'études antérieures était limitée.

Nous en savons toujours très peu sur les femmes à risque pour les problèmes métaboliques en raison du surpoids. Plus de la moitié des essais incluaient les restrictions de poids dans les critères d'inclusion. Seul un essai de petite taille avait stratifié les groupes par indice de masse corporelle (obèse par rapport à normal).

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Contexte: 

De nombreux contraceptifs hormonaux ont été associés à des modifications du métabolisme des glucides. Les altérations peuvent inclure une baisse de la tolérance au glucose et une hausse de la résistance à l'insuline, qui sont des facteurs de risque pour le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Ces questions ont été soulevées principalement avec les contraceptifs contenant de l'œstrogène.

Objectifs: 

Évaluer l'effet des contraceptifs hormonaux sur le métabolisme des glucides chez les femmes en bonne santé et celles à risque pour le diabète en raison du surpoids.

La stratégie de recherche documentaire: 

En avril 2014, nous avons effectué des recherches dans les bases de données informatisées MEDLINE, POPLINE, CENTRAL et LILACS pour trouver des études des contraceptifs hormonaux et du métabolisme des glucides. Nous avons également recherché des essais cliniques dans ClinicalTrials.gov et ICTRP. La recherche initiale incluait également EMBASE.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés ont été considérés s'ils examinaient le métabolisme des glucides chez les femmes sans diabète qui utilisaient des contraceptifs hormonaux pour la contraception. Les comparaisons pouvaient concerner un placebo, un contraceptif non-hormonal ou un autre contraceptif hormonal qui différait par le médicament, la dose ou le schéma posologique. Les interventions incluaient au moins trois cycles. Les critères de jugement comprenaient des mesures du glucose et de l'insuline.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons évalué tous les titres et résumés identifiés au cours des recherches de littérature. Les données ont été extraites et entrées dans RevMan. Nous avons contacté des chercheurs pour obtenir les données manquantes. Pour les variables continues, la différence moyenne (DM) était calculée avec un intervalle de confiance (IC) à 95 % en utilisant un modèle à effets fixes. Pour les résultats dichotomiques, le rapport des cotes de Peto était calculé avec un IC à 95 %.

Résultats principaux: 

Nous avons trouvé 31 essais qui répondaient aux critères d'inclusion. Aucun nouvel essai n'était éligible en 2014. Vingt-et-un essais comparaient des contraceptifs oraux combinés (COC) ; d'autres examinaient différents schémas posologiques de COC, des pilules de progestérone uniquement, des contraceptifs injectables, un anneau vaginal et des implants. Aucun ne comprenait de placebo. Sur les 34 comparaisons, huit ont révélé une quelconque différence notable entre les groupes d'étude dans un résultat.

Douze essais avaient étudié les COC contenant du désogestrel, et les quelques différences par rapport aux COC de lévonorgestrel étaient contradictoires. Une méta-analyse de deux études a révélé que le groupe prenant du désogestrel avait une glycémie à jeun moyenne plus élevée (DM 0,20 ; IC à 95 % 0,00 à 0,41). Lorsqu'il n'était pas possible de combiner les données, des études individuelles ont révélé une glycémie à jeun moyenne plus basse (DM -0,40 ; IC à 95 % -0,72 à -0,08) et des moyennes plus élevées pour la réponse au glucose à deux heures (DM 1,08 ; IC à 95 % 0,45 à 1,71) et l'aire sous la courbe de l'insuline (AUC) (DM 20,30 ; IC à 95 % 4,24 à 36,36).

Trois essais avaient examiné l'anneau vaginal d'étonogestrel et un avait examiné un implant d'étonogestrel. Un essai a révélé que le groupe utilisant l'anneau avait une aire sous la courbe (AUC) moyenne pour l'insuline plus basse que le groupe prenant des COC de lévonorgestrel (DM -204,51 ; IC à 95 % -389,64 à -19,38).

Sur les huit essais de préparations de noréthistérone, cinq avaient comparé les COC et trois avaient comparé les contraceptifs injectables. Dans un essai des COC, un groupe prenant de la noréthistérone présentait des modifications moyennes de la réponse au glucose à deux heures plus faibles qu'un groupe prenant du lévonorgestrel (DM -0,30 ; IC à 95 % -0,54 à -0.06). Dans une étude des contraceptifs injectables, un groupe utilisant de l'acétate de médroxyprogestérone-retard avait des moyennes plus élevées que le groupe utilisant de l'énanthate de noréthistérone pour la glycémie à jeun (DM 10,05 ; IC à 95 % 3,16 à 16,94), la réponse au glucose à deux heures (DM 17,00 ; IC à 95 % 5,67 à 28,33), et l'insuline à jeun (DM 3,40 ; IC à 95 % 2,07 à 4,73).

Parmi cinq essais récents, deux avaient examiné des COC plus récents avec différents types d'œstrogène. Un essai a révélé que le groupe prenant de l'acétate de nomégestrel plus 17β-estradiol avait des moyennes plus basses que le groupe prenant du lévonorgestrel pour une aire sous la courbe (AUC) incrémentale du glucose (DM -1,43 ; IC à 95 % -2,55 à -0,31) et l'hémoglobine glycosylée (HbA1c) (DM -0,10 ; IC à 95 % -0,18 à -0,02). Deux essais comparaient des schémas posologiques prolongés à des schémas posologiques conventionnels (cycliques). Avec un COC de diénogest, un groupe ayant une utilisation prolongée présentait des modifications moyennes plus importantes de l'aire sous la courbe (AUC) du glucose (DM 82,00 ; IC à 95 % 10,72 à 153,28). Dans un essai de petite taille utilisant deux COC de lévonorgestrel, le groupe prenant la dose plus basse a révélé des modifications moyennes plus faibles de la glycémie à jeun (DM -3,00 ; IC à 95 % -5,89 à -0,11), mais les femmes obèses et de poids normal ne différaient pas significativement.

Notes de traduction: 

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.