Piracétam pour réduire l'incidence des crises drépanocytaires douloureuses

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La drépanocytose est l'un des troubles génétiques les plus courants et elle affecte environ 250 millions de personnes (5 % de la population mondiale). Elle se caractérise par des globules rouges falciformes qui peuvent obstruer les vaisseaux sanguins. Cela peut conduire à des douleurs et à des lésions au niveau des organes majeurs tels que le cerveau, le foie et la rate. Les soins standard sont principalement des soins de soutien en corrélation avec les symptômes. La douleur est contrôlée par des médicaments destinés à soulager la douleur et des fluides destinés à améliorer les niveaux des fluides. Les études in vitro portant sur le piracétam ont révélé qu'il entrave la liaison de l'hémoglobine falciforme et l'agglutination des plaquettes. Par ailleurs, il rend le sang moins épais et les globules rouges plus flexibles. Les auteurs de la revue ont identifié trois essais, dont deux avaient un plan croisé. La qualité des essais était médiocre. Il y avait de grandes différences concernant les participants, la dose de médicament et les résultats mesurés. Trois essais sont inclus. Ils fournissent quelques preuves faibles et peu fiables que le piracétam prévient les crises drépanocytaires douloureuses. Ce manque de preuves fiables illustre une partie des doutes et du manque de soutien en faveur du recours systématique à ce traitement pour réduire l'incidence des crises drépanocytaires douloureuses. Les auteurs de la revue ont conclu que les recherches futures devraient avoir pour objectif de fournir des preuves permettant aux personnes de prendre des décisions éclairées quant à l'utilité du piracétam. Des essais contrôlés randomisés bien conçus complémentaires devraient être réalisés et notifiés conformément à la déclaration du « CONSORT (Consolidated Standards of Reporting Trials) ».

Conclusions des auteurs: 

Le petit nombre d'essais inclus et leur qualité méthodologique médiocre n'ont pas fourni suffisamment de preuves fiables pour recommander le recours systématique à ce médicament pour prévenir l'incidence des crises drépanocytaires douloureuses.

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Contexte: 

La drépanocytose est l'un des troubles génétiques les plus courants. Les crises drépanocytaires dans lesquelles des cellules irrégulières et déshydratées contribuent à l'obstruction des vaisseaux sanguins se caractérisent par des épisodes de douleur. Le traitement est principalement un traitement de soutien et symptomatique. Les études in vitro portant sur le piracétam indiquent qu'il a le potentiel d'inhiber et d'inverser le processus de falciformation des érythrocytes.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité du piracétam dans la réduction de l'incidence des crises drépanocytaires douloureuses.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d’essais cliniques sur les hémoglobinopathies du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et autres maladies génétiques constitué des références identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques, et lors de recherches manuelles de revues pertinentes et de résumés d’actes de conférence.

Date de la dernière recherche effectuée dans le registre d’essais cliniques sur les hémoglobinopathies du groupe Cochrane : 2 mars 2011.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés comparant le piracétam administré par voie orale à un placebo ou à des soins standard chez les personnes, de tout âge et des deux sexes, souffrant de drépanocytose.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité des essais et extrait les données de manière indépendante. Les auteurs des essais ont été contactés pour obtenir des informations supplémentaires. Les données sur les effets indésirables durant les essais ont été recueillies.

Résultats principaux: 

Trois essais portant sur 169 participants ont été inclus dans la revue. Une quantité limitée de données portant sur certains critères de jugement principaux et secondaires étaient fournies, mais les données étaient incomplètes et basées sur des hypothèses invalidées utilisées dans l'évaluation des résultats. Un essai faisait état d'une réduction du nombre de crises douloureuses et de leur sévérité avec une intervention active par rapport à un placebo, mais ne présentait aucune donnée pour confirmer ces résultats. Un deuxième essai présentait un score de douleur global mensuel basé sur le nombre de crises drépanocytaires et la sévérité de la douleur, mais ne présentait pas les données séparément pour ces critères de jugement principaux. Bien qu'aucune différence significative n'ait été observée entre le piracétam et le placebo quant au nombre de jours d'hospitalisation (P = 0,87) dans un essai, les incohérences des critères nécessaires à l'hospitalisation pendant les crises drépanocytaires n'ont pas permis de tirer de conclusions précises. Deux des essais faisaient état d'une satisfaction des participants vis-à-vis du piracétam, mais ne détaillaient pas la manière dont cette satisfaction avait été évaluée. Il n'a été fait état d'aucune toxicité ni d'aucun effet indésirable liés au piracétam, à l'exception d'un participant ayant eu des vertiges.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.