Cathéters imprégnés d'héparine pour prolonger la perméabilité des cathéters veineux centraux chez l'enfant

Les cathéters veineux centraux sont utilisés pour le traitement intraveineux prolongé dans la prise en charge des enfants gravement malades, pour l'alimentation, l'administration de médicaments et la surveillance parentérales. La présence de ces cathéters peut provoquer des caillots sanguins dans l'extrémité des cathéters ou autour de celle-ci, ainsi qu'une infection locale ou sanguine. En conséquence, le cathéter est obstrué et finit par se boucher, de sorte qu'il ne peut plus être utilisé pour administrer des liquides. Des médicaments anticoagulants, comme l'héparine, peuvent être administrés pour prolonger l'utilité du cathéter, ou les cathéters peuvent être enduits d'héparine (cathéters imprégnés d'héparine). L'héparine peut provoquer des effets secondaires, tels que des saignements, des réactions allergiques, une thrombocytopénie induite (une chute anormale du nombre de plaquettes dans le sang) et une ostéoporose avec un usage à long terme.

Les auteurs de la revue ont identifié deux essais contrôlés de bonne qualité qui randomisaient 287 enfants âgés de un jour à 16 ans dans un groupe avec cathéter imprégné d'héparine ou dans un groupe avec cathéter standard. La durée médiane pendant laquelle le cathéter a pu être utilisé pour administrer des liquides (sa perméabilité) n'a pas été clairement différente entre les deux types de cathéter - sept jours dans le groupe avec cathéter imprégné d'héparine et six jours dans le groupe avec cathéter standard. Il n'y avait aucune différence entre les deux groupes dans le risque de thrombose liée aux cathéters sur toute la durée d'utilisation du cathéter. Une tendance à la réduction du risque d'occlusion du cathéter dans la première semaine suivant sa pose a été rapportée seulement dans une des études.

Les risques d'infections du sang liées au cathéter et de colonisation bactérienne du cathéter ont été significativement réduits en utilisant le cathéter imprégné d'héparine, et le temps nécessaire au développement d'une infection a été plus long (infection retardée dans le groupe avec le cathéter imprégné d'héparine) ; cependant, cela a été rapporté dans une seule étude et la force des preuves était faible. Il n'y avait pas de différence significative concernant le risque de thrombocytopénie après la pose du cathéter.

Conclusions des auteurs: 

Deux études éligibles sur l'usage de cathéters imprégnés d'héparine versus placebo chez l'enfant ont été identifiées. La méta-analyse des deux études n'a révélé aucune réduction de la thrombose sur cathéter avec les cathéters imprégnés d'héparine. Une étude rapportait une réduction du sepsis sur cathéter et de la colonisation suite à l'utilisation de cathéters imprégnés d'héparine. La force des preuves est faible et d'autres essais contrôlés randomisés multicentriques bien conçus sont nécessaires.

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Contexte: 

Les cathéters veineux centraux (CVC) sont un des piliers de la prise en charge des enfants gravement malades. Cependant, ces cathéters sont associés à des complications infectieuses et mécaniques qui réduisent leur durée de vie. L'imprégnation des cathéters par l'héparine s'est montrée prometteuse dans des études animales et chez l'adulte. Ceci est la première mise à jour d'une revue publiée en 2007.

Objectifs: 

L'objectif principal était de déterminer l'effet des CVC imprégnés d'héparine sur la durée de perméabilité des cathéters chez l'enfant. Les objectifs secondaires étaient de déterminer l'effet des cathéters imprégnés d'héparine sur la thrombose sur cathéter, l'occlusion, le sepsis et les effets secondaires.

La stratégie de recherche documentaire: 

Pour cette mise à jour, le coordinateur de recherche d'essais du groupe Cochrane sur les maladies vasculaires périphériques a effectué des recherches dans le registre spécialisé (dernière recherche en août 2013) et CENTRAL (2013, numéro 7). Les auteurs ont effectué des recherches dans MEDLINE (de 1946 à la semaine 3 août 2013).

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés et quasi randomisés portant sur les cathéters imprégnés d'héparine versus des cathéters sans héparine ou imprégnés d'antibiotiques, et qui rendaient compte de n'importe lequel des critères de jugement prédéfinis, sans restriction de langue.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons évalué la qualité méthodologique des essais en utilisant les informations fournies dans les études et en contactant les auteurs. Nous avons extrait les données et estimé l'ampleur de l'effet exprimée sous forme de risque relatif (RR), de différence de risque (DR) ou de nombre de sujets à traiter (NST), selon le cas.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus deux études éligibles, portant sur un total de 287 participants ; les deux étaient de bonne qualité méthodologique. Il n'y avait aucune différence dans la durée de perméabilité entre les cathéters imprégnés d'héparine et les cathéters non imprégnés (durée médiane sept jours versus six jours) rapportée dans une étude. Aucune différence n'a été observée concernant le risque de thrombose sur cathéter (deux études, RR de 0,34, IC à 95 % 0,01 à 7,68 ; I2 = 80 % ; DR -0,06, IC à 95 % -0,17 à 0,06). Les données d'une étude ont révélé une réduction statistiquement significative du risque d'occlusion du cathéter (RR 0,06, IC à 95 % 0,00 à 1,07 ; DR -0,08, IC à 95 % -0,13 à -0,02 ; NST de 13, IC à 95 % 8 à 50), de sepsis sur cathéter (RR 0,06, IC à 95 % 0,01 à 0,41 ; DR -0,17, IC à 95 % -0,25 à -0,10 ; NST de 6, IC à 95 % 4 à 10) et de colonisation du cathéter (RR 0,21, IC à 95 % 0,06 à 0,71 ; DR -0,11, IC à 95 % -0,19 à -0,04 ; NST de 9, IC à 95 % 5 à 25) dans le groupe avec le cathéter imprégné d'héparine. La deuxième étude ne rendait pas compte de ces critères de jugement. Enfin, aucune différence significative n'a été constatée dans le risque de thrombocytopénie après la pose du cathéter (RR 0,73, IC à 95 % 0,38 à 1,39 ; DR -0,02, IC à 95 % -0,10 à 0,07).

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.