Traitement à base d'exercices en arthrite idiopathique juvénile (AIJ)

Ce résumé présente les connaissances actuelles issues de la recherche sur l’effet du traitement à base d'exercices en AIJ. La revue montre que chez les enfants atteints d’AIJ, l’exercice n’entraînerait aucune différence sur la capacité de l’enfant à utiliser ou bouger complètement ses articulations, sur le nombre d’articulations enflées, la qualité de vie, le bien-être général, la douleur ou la capacité aérobique. La capacité aérobique est la quantité d’oxygène que le corps consomme pendant l’exercice. Si une personne a une capacité aérobique faible, cela signifie généralement qu’elle n’est pas capable de réaliser une activité physique très poussée et qu’elle se fatigue rapidement.
Le nombre d’articulations douloureuses n’a pas été mesuré dans ces études. Souvent, nous ne disposons pas d’informations précises concernant les effets secondaires et les complications. Ceci est particulièrement vrai pour les effets secondaires rares mais graves. Aucun effet indésirable à court terme n’a été rapporté pour le traitement à base d’exercices dans les études incluses dans cette revue.

Qu’est-ce que le traitement à base d’exercices et qu’est-ce que l’AIJ ?

L’arthrite idiopathique juvénile (AIJ) est la maladie rhumatismale chronique la plus commune chez les enfants. C’est une cause importante d'incapacité à court terme et à long terme. En AIJ, la cause de l’arthrite est inconnue. Elle se déclenche généralement chez des enfants âgés de moins de 16 ans. Elle dure toujours au moins six semaines. Un médecin devra d’abord exclure d’autres maladies pouvant provoquer les symptômes avant de poser un diagnostic d'AIJ.

Différents types de traitements à base d’exercices sont décrits dans cette revue, tels que les programmes d’entraînement physique comme l’entraînement de renforcement pour augmenter la force musculaire et les exercices d’endurance pour améliorer la condition physique générale (sur terrain sec ou en piscine).

Meilleure estimation de l’effet chez les enfants atteints d’AIJ faisant de l’exercice

Capacité de fonctionnement : l’évolution de la capacité de fonctionnement de l’enfant a été de moins d’un point, sur une échelle de 0 à 3. D’autres études considèrent qu’une évolution de 0,13 du score du questionnaire d’évaluation de la santé de l’enfant CHAQ (Childhood Health Assessment Questionnaire) est une amélioration cliniquement importante du point de vue de l’enfant et de ses parents. Ce niveau d’évolution n'a pas été mis en évidence dans cette revue.

Qualité de vie : l’évolution de la qualité de vie de l’enfant a été de 2,5 à 4 points supplémentaires sur une échelle de 1 à 50.

Avec l’exercice, la différence serait faible ou nulle. Il est possible que ces différences soient dues au hasard.

Effets indésirables : aucun effet à court terme n’a été rapporté après le traitement à base d’exercices chez les enfants atteints d’AIJ.

Conclusions des auteurs: 

En général, selon des preuves limitées (niveau « argent ») (www.cochranemsk.org), il n’y a pas eu de preuve cliniquement importante ou statistiquement significative montrant que le traitement à base d'exercices peut améliorer la capacité fonctionnelle, la qualité de vie, la capacité aérobique ou la douleur. Le faible nombre d’ECR disponibles limite la possibilité de tirer des conclusions générales. Les études incluses et exclues étaient toutes cohérentes concernant les effets indésirables du traitement à base d'exercices ; aucune d’entre elles n’a rapporté d’effet nuisible à court terme avec le traitement à base d’exercices. Les études incluses et exclues ont montré que l’exercice n’exacerbe pas l’arthrite. La grande hétérogénéité des mesures des résultats, comme nous l’avons vu dans cette revue, renforce le besoin d’une évaluation standardisée ou de critères de jugement de mesures de résultats fonctionnels et physiques adaptés à la recherche sanitaire, pour générer des preuves sur les éventuels bénéfices du traitement à base d’exercices chez les patients atteints d’AIJ. Bien que les effets à court terme semblent prometteurs, l’effet à long terme du traitement à base d’exercices reste incertain.

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Contexte: 

Le traitement à base d’exercices est considéré comme un élément important du traitement de l’arthrite. L’efficacité du traitement à base d’exercices a été examinée chez les adultes atteints de polyarthrite rhumatoïde, mais pas chez les enfants souffrant d’arthrite idiopathique juvénile (AIJ).

Objectifs: 

Évaluer les effets du traitement à base d’exercices sur la capacité fonctionnelle, la qualité de vie et la capacité aérobique chez les enfants atteints d’AIJ.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), la base des revues systématiques Cochrane (la librairie Cochrane), MEDLINE (janvier 1966 à avril 2007), CINAHL (janvier 1982 à avril 2007), EMBASE (janvier 1966 à octobre 2007), PEDro (janvier 1966 à octobre 2007), SportDiscus (janvier 1966 à octobre 2007), Google Scholar (jusqu’en octobre 2007), AMED (Allied and Alternative Medicine) (janvier 1985 à octobre 2007), la base de données Health Technologies Assessment (janvier 1988 à octobre 2007), le Web Science Index d’ISI des procédures scientifiques et techniques (janvier 1966 à octobre 2007) et le site Web de la société agrée de kinésithérapie (http://www.cps.uk.org) ; les références ont été suivies.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) sur le traitement à base d’exercices en AIJ.

Recueil et analyse des données: 

Des références potentiellement pertinentes ont été évaluées et toutes les données ont été extraites par deux auteurs de la revue travaillant indépendamment.

Résultats principaux: 

Trois des 16 études identifiées satisfaisaient aux critères d'inclusion, avec un total de 212 participants. Toutes les études incluses satisfaisaient à au moins sept des 10 critères méthodologiques. Les données des résultats des mesures suivantes étaient homogènes et ont été combinées en une méta-analyse : capacité fonctionnelle (n = 198 ; DMP -0,07, IC à 95% entre -0,22 et 0,08), qualité de vie (CHQ-PhS : n = 115 ; DMP -3,96, IC à 95% entre -8,91 et 1,00) et capacité aérobique (n = 124 ; DMP 0,04, IC à 95% entre -0,11 et 0,19). Les résultats suggèrent que les mesures des résultats sont toutes favorables au traitement à base d’exercices ; cependant aucune d’entre elles n'a été significative du point de vue statistique. Aucune des études n’a rapporté d’effet négatif à la suite du traitement à base d'exercices.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.