Pratiques organisationnelles permettant d'identifier et de gérer une aggravation de l'état des patients à l'hôpital

Des recherches ont montré que les patients des hôpitaux généraux dont l'état s'aggravait présentaient souvent des signes et symptômes précoces, tels que des changements de la respiration et du pouls. Si ces patients ne sont pas traités rapidement, il existe un risque de décès ou d'admission en soins intensifs. On pense que si le personnel hospitalier pouvait identifier et gérer ces patients plus rapidement, cela réduirait les décès et les admissions en soins intensifs. La mise en place de services de sensibilisation est l'une des méthodes permettant d'identifier et de traiter les patients dont l'état s'aggrave. Cela implique généralement de déployer un système d'alerte rapide pour enregistrer les observations physiologiques, de former le personnel hospitalier à reconnaître les signes de l'aggravation ou de créer des équipes spéciales pour répondre aux appels lorsque l'état d'un patient s'aggrave.

Ce résumé d'une revue Cochrane présente les connaissances actuelles issues de nos recherches concernant l'effet des services de sensibilisation pour les patients des hôpitaux généraux. Cette revue a identifié deux études de bonne qualité. Une étude comparait 12 hôpitaux disposant de services de sensibilisation à 11 hôpitaux n'en disposant pas. Une autre étude comparait 16 unités avec sensibilisation à des unités générales sans sensibilisation.

L'une des études montrait que la sensibilisation permettait de réduire le nombre de décès à l'hôpital, tandis que l'autre étude ne rapportait aucune différence entre les hôpitaux avec sensibilisation et les hôpitaux sans sensibilisation. L'efficacité de la sensibilisation pour réduire les décès à l'hôpital ou les admissions en soins intensifs n'est pas clairement établie. Des recherches de haute qualité sont nécessaires pour déterminer l'effet des services de sensibilisation.

Conclusions des auteurs: 

Les preuves issues de cette revue mettent en évidence la diversité et la mauvaise qualité méthodologique de la plupart des études portant sur la sensibilisation. Les deux études incluses n'apportaient aucune preuve de l'efficacité de la sensibilisation ou rapportaient une réduction de la mortalité globale des patients bénéficiant de systèmes de sensibilisation. Le manque de preuves en matière de sensibilisation exige la mise en œuvre d'autres ECR multisites pour déterminer son efficacité potentielle.

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Contexte: 

Bien que les systèmes d'alerte rapide et de sensibilisation fassent partie intégrante d'une approche hospitalière visant à améliorer l'identification et la prise en charge précoces des patients des hôpitaux généraux dont l'état présente une aggravation, la mise en œuvre généralisée de ces interventions, dans la pratique, ne repose pas sur des preuves issues de la recherche.

Objectifs: 

Le premier objectif était de déterminer l'impact des services de sensibilisation aux soins critiques sur le taux de mortalité dans les hôpitaux. Les objectifs secondaires étaient de déterminer l'effet des services de sensibilisation sur les tendances d'admission en soins intensifs, la durée du séjour à l'hôpital et les événements indésirables.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les auteurs de la revue ont consulté les bases de données électroniques suivantes : le registre spécialisé EPOC, le registre Cochrane central des essais contrôlés (CENTRAL) et d'autres bases de données Cochrane (toutes dans la Bibliothèque Cochrane 2006, Numéro 3), MEDLINE (1996-3ème semaine de juin 2006), EMBASE (1974-semaine 26 de 2006), CINAHL (1982-5ème semaine de juillet 2006), First Search (1992-2005) et CAB Health (1990-juillet 2006) ; ainsi que les références bibliographiques des articles pertinents et les actes de conférence. Ils ont également contacté les experts et les organisations de soins aux malades en phase critique pour obtenir davantage d'informations.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR), les essais cliniques comparatifs (ECC), les études contrôlées avant-après et les séries chronologiques interrompues qui mesuraient la mortalité à l'hôpital, les admissions imprévues en soins intensifs, les réadmissions en soins intensifs, la durée du séjour à l'hôpital et les événements indésirables après le déploiement de systèmes d'alerte rapide et de sensibilisation dans un hôpital général en vue d'identifier les patients adultes présentant une aggravation par rapport à des hôpitaux généraux sans systèmes d'alerte rapide et de sensibilisation, ont été inclus dans la revue.

Recueil et analyse des données: 

Trois auteurs de revue ont extrait les données de manière indépendante et deux auteurs de revue ont évalué la qualité méthodologique des études incluses. L'hétérogénéité n'a pas permis d'effectuer de méta-analyse. Les statistiques sommaires et les résumés descriptifs des critères de jugement primaires et secondaires sont présentés pour chaque étude.

Résultats principaux: 

Deux essais contrôlés randomisés en cluster ont été inclus : un essai randomisé à l'échelle de l'hôpital (23 hôpitaux en Australie) et un essai à l'échelle de l'unité de soins (16 unités au Royaume-Uni). Pour le critère de jugement principal de l'essai australien (un score composite incluant l'incidence des arrêts cardiaques imprévus, des décès imprévus et des admissions imprévues en soins intensifs), aucune différence statistiquement significative n'était rapportée entre les hôpitaux témoins et les hôpitaux dotés d'une équipe médicale d'urgence (valeur P ajustée de 0,640 ; rapport des cotes ajusté de 0,98 ; intervalle de confiance (IC) de 95 %, entre 0,83 et 1,16). Dans l'essai réalisé au Royaume-Uni, la sensibilisation réduisait la mortalité à l'hôpital (rapport des cotes ajusté de 0,52 ; IC à 95 %, entre 0,32 et 0,85) par rapport au groupe témoin.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.