Antibiotiques pré-hospitalisation en cas de suspicion de méningococcie

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La méningococcie est une maladie bactérienne contagieuse causée par le Neisseria meningitidis (N. meningitidis), qui entraîne souvent le décès rapide du patient. L'administration d'antibiotiques dès que la maladie est suspectée et en attendant la confirmation du diagnostic a été recommandée comme méthode de prévention des décès et des conséquences incapacitantes de la maladie.

Nous n'avons identifié aucun essai contrôlé randomisé comparant des antibiotiques pré-hospitalisation à un placebo ou une absence d'intervention. Dans le seul essai contrôlé randomisé identifié (510 participants), une injection unique de ceftriaxone (un antibiotique récent) ou de chloramphénicol à action prolongée (un antibiotique plus ancien) s'avéraient aussi efficaces l'une que l'autre pour prévenir les décès et les conséquences incapacitantes en cas de suspicion de méningococcie non sévère. Compte tenu des graves complications de la méningococcie, il serait difficile, d'un point de vue éthique, d'entreprendre des essais contrôlés randomisés comparant l'utilisation d'antibiotiques par rapport à une absence d'antibiotiques dès qu'un tel diagnostic est suspecté. Néanmoins, d'autres essais comparant différents antibiotiques en cas de suspicion de méningococcie, en particulier pour ses formes les plus sévères, pourraient permettre d'approfondir nos connaissances et de prévenir les décès et les conséquences graves de la maladie.

Conclusions des auteurs: 

Nous n'avons identifié aucune preuve fiable permettant de recommander ou de déconseiller l'utilisation d'antibiotiques pré-hospitalisation en cas de suspicion de méningococcie non sévère. Des preuves de qualité moyenne issues d'un ECR indiquaient que des injections uniques intramusculaires de ceftriaxone et de chloramphénicol à action prolongée étaient aussi efficaces, sûres et économiques l'une que l'autre en termes de réduction des conséquences graves. Le choix de l'antibiotique à utiliser devrait reposer sur son abordabilité, sa disponibilité et les tendances en termes de résistance aux antibiotiques.

D'autres ECR comparant différents antibiotiques pré-hospitalisation, accompagnés de mesures de soutien intensives, sont justifiables d'un point de vue éthique chez les participants atteints de maladie grave, et sont nécessaires pour obtenir des preuves fiables applicables à différents environnements cliniques.

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Contexte: 

La méningococcie peut entraîner le décès du patient ou une incapacité dans les heures qui suivent son apparition. L'objectif des antibiotiques pré-hospitalisation est de réduire le risque de maladie grave et de décès en commençant le traitement avant la confirmation du diagnostic.

Objectifs: 

Étudier l'efficacité et l'innocuité des antibiotiques pré-hospitalisation par rapport à une absence d'antibiotiques pré-hospitalisation ou à un placebo, ainsi que de différents schémas d'antibiothérapie pré-hospitalisation pour réduire la mortalité, l'échec clinique et la morbidité chez les patients pour lesquels une méningococcie est suspectée.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté CENTRAL (2010, numéro 2), qui inclut le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les infections respiratoires aiguës, MEDLINE (1966 à la 1ère semaine de juin 2010) et EMBASE (1980 au 16 juin 2010).

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) ou quasi-ECR comparant des antibiotiques à un placebo ou à une absence d'intervention chez des patients pour lesquels une infection méningococcique est suspectée, ou différents antibiotiques administrés avant l'hospitalisation ou la confirmation du diagnostic.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité et extrait les données des résultats des recherches de manière indépendante. Nous avons calculé les risques relatifs (RR) et l'intervalle de confiance (IC) à 95 % pour les données dichotomiques. Nous n'avons inclus qu'un seul essai, ce qui ne nous a pas permis d'effectuer de synthèse des données.

Résultats principaux: 

Nous n'avons identifié aucun ECR comparant des antibiotiques pré-hospitalisation à une absence d'antibiotiques pré-hospitalisation ou à un placebo. Un ECR de non infériorité ouvert réalisé au cours d'une épidémie évaluait une dose unique de ceftriaxone intramusculaire par rapport à une dose unique de chloramphénicol intramusculaire à action prolongée (huileux). La ceftriaxone n'était pas inférieure au chloramphénicol en termes de réduction de la mortalité (RR de 1,2, IC à 95 %, entre 0,6 et 2,6 ; N = 503 ; 308 méningites à méningocoques confirmées ; 26 décès), séquelles neurologiques (RR de 1,3, IC à 95 %, entre 0,6 et 2,6 ; N = 477 ; 29 avec séquelles) ou échecs cliniques (RR de 0,8, IC à 95 %, entre 0,3 et 2,2 ; N = 477, 18 échecs cliniques). Aucun effet indésirable du traitement n'était observé. Les coûts de traitement estimés étaient similaires. Aucune donnée n'était disponible concernant le fardeau associé aux séquelles de la maladie.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.