Dépistage génétique préimplantatoire (DGP) d'un nombre anormal de chromosomes dans la procréation médicalement assistée.

Dans la FIV et l'IICS, les embryons sont sélectionnés pour être transférés en fonction de critères morphologiques. Malheureusement, de nombreuses femmes ne parviennent pas à concevoir après un traitement par FIV ou IICS. Ceci serait dû à la présence d'un nombre anormal de chromosomes dans les embryons sélectionnés pour le transfert, malgré leur « bonne qualité ». Le dépistage génétique préimplantatoire (DGP) est une technique permettant d'identifier le nombre de chromosomes présents dans les embryons créés par FIV ou par IICS. Après un DGP, seuls sont transférés les embryons dotés d'un nombre normal de chromosomes pour les chromosomes testés. Un DGP a été suggéré afin d'améliorer les taux de naissances vivantes. La présente revue montre qu'un DGP diminue en fait les taux de naissances vivantes chez les femmes d'un âge maternel avancé et chez les femmes ayant subi des échecs de FIV répétés. Aucun DGP ne doit être appliqué dans le cadre de soins systématiques aux patientes. De nouvelles formes de DGP exécutant cette procédure à d'autres étapes de développement et/ou utilisant une autre méthode d'analyse doivent d'abord être évaluées dans des essais cliniques avant d'être introduites dans la pratique clinique.

Conclusions des auteurs: 

Un DGP, tel qu'il est actuellement réalisé, diminue significativement les taux de naissances vivantes chez les femmes d'un âge maternel avancé et chez celles ayant été confrontées à des échecs de FIV répétés. Les essais dans lesquels un DGP était proposé aux femmes présentant un bon pronostic suggéraient des résultats similaires. Le développement de la technique du DGP est toujours en cours afin d'améliorer son efficacité. Ceci implique la réalisation d'une biopsie à d'autres stades du développement (biopsie du trophectoderme ou du corps polaire) et d'autres méthodes d'analyse (technologies d'hybridation génomique comparative (HGC) ou sur puce) que celles utilisées par les essais inclus dans cette revue. Ces nouveaux développements doivent être correctement évalués avant que leur application clinique ne soit systématique. Tant que ces essais n'auront pas été réalisés, le DGP ne doit pas être proposé comme soin systématique aux patientes sous quelque forme que ce soit.

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Contexte: 

Dans la FIV et l'IICS, la sélection des embryons les plus aptes au transfert repose sur des critères morphologiques. Toutefois, de nombreuses femmes ne parviennent pas à concevoir, même après un transfert d'embryons de « bonne qualité ». L'une des causes supposées est que ces embryons seraient dotés d'un nombre anormal de chromosomes (aneuploïdies). Dans le dépistage génétique préimplantatoire (DGP), seuls les embryons euploïdes sont transférés en vue d'augmenter les taux de naissances vivantes.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité du DGP en termes de naissances vivantes chez les femmes faisant l'objet d'un traitement par FIV ou IICS.

La stratégie de recherche documentaire: 

Dans la présente revue mise à jour, le registre d'essais du groupe Cochrane sur les troubles menstruels et de la fertilité, CENTRAL, MEDLINE et EMBASE ont fait l'objet de recherches jusqu'en juillet 2010. Elles ont été corroborées par la consultation des listes bibliographiques des études incluses et des recueils d'actes de conférence. Les auteurs ont été contactés afin d'obtenir des données supplémentaires, lorsque cela était nécessaire.

Critères de sélection: 

Seuls des essais contrôlés randomisés ont été sélectionnés. Ils étaient éligibles pour l'inclusion à condition de comparer une FIV/IICS avec un DGP à une FIV/IICS sans DGP.

Recueil et analyse des données: 

Deux relecteurs ont indépendamment extrait les données pertinentes. Les essais étaient passés au crible et analysés conformément aux critères de qualité prédéterminés et un troisième relecteur permettait de résoudre tout désaccord. Le critère de jugement principal était le taux de naissances vivantes par femme. Les critères de jugement secondaires étaient la proportion de femmes faisant l'objet d'un transfert embryonnaire, le nombre moyen d'embryons transférés, le taux de grossesses cliniques, le taux de grossesses multiples, le taux de fausses couches, le taux de grossesses en cours et la proportion de femmes dont les enfants présentaient des malformations congénitales.

Résultats principaux: 

Neuf essais répondaient aux critères d'inclusion. Le taux de naissances vivantes par femme était significativement inférieur après une FIV/IIICS avec un DGP par rapport à une FIV/IICS sans DGP chez les femmes d'un âge maternel avancé et chez celles ayant été confrontées à des échecs de FIV répétés (OR 0,59 ; IC à 95 % 0,44 à 0,81 et OR 0,41, IC à 95 % 0,20 à 0,88, respectivement). Chez les patientes présentant un bon pronostic, une tendance similaire était constatée, bien que non significative (OR 0,50, IC à 95 % 0,20 à 1,26, modèle à effets aléatoires).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.