Les antiviraux pour la papillomatose respiratoire récurrente

La papillomatose respiratoire récurrente (PRR) est une affection dans laquelle des excroissances ressemblant à des verrues apparaissent dans les voies respiratoires supérieures d'enfants ou d'adultes. Cela peut causer des difficultés respiratoires ou une modification de la voix. Cette affection est habituellement traitée au moyen d'interventions chirurgicales répétées pour enlever ces 'verrues', mais il a été suggéré qu'utiliser en plus des antiviraux pourrait être bénéfique. Cette revue a trouvé une étude de bonne qualité sur le cidofovir (un agent antiviral) injecté dans les verrues au moment de l'ablation chirurgicale. Après un an de traitement, cependant, cette étude n'avait constaté aucun bénéfice de l'injection de cidofovir par rapport à l'injection d'une solution saline (placebo). Il y a encore place pour une plus grande étude randomisée incluant plus de patients et des doses plus élevées de cidofovir.

Conclusions des auteurs: 

Les données existantes ne permettent pas d'étayer l'efficacité des agents antiviraux comme traitement adjuvant de la papillomatose respiratoire récurrente chez l'enfant ou l'adulte. L'essai contrôlé randomisé inclus n'avait mis en évidence aucun avantage du cidofovir intralésionnel sur le placebo au bout de 12 mois. L'étude était limitée par ses petits effectifs et par le changement de la concentration du cidofovir au milieu de l'essai, de 0,3 mg / ml chez l'enfant et 0,75 mg / ml chez l'adulte, à 5 mg / ml chez l'adulte et chez l'enfant. Une essai contrôlé randomisé de puissance suffisante sur le cidofovir intralésionnel, recourant systématiquement à des concentrations plus élevées de cidofovir en comparaison avec un placebo injecté, serait nécessaire pour établir l'efficacité de manière convaincante. Les études futures devront inclure des mesures de la qualité de vie liée à la santé et de critères de résultat relatifs aux symptômes.

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Contexte: 

Ceci est une mise à jour d'une revue Cochrane publiée pour à l'origine dans le numéro 4, 2005, de The Cochrane Library et déjà mise à jour en 2010.

La papillomatose respiratoire récurrente est une affection caractérisée par des excroissances papillomateuses (ressemblant à des verrues) bénignes dans les voies aériennes supérieures. Elle peut affecter les adultes et les enfants, causant une obstruction des voies respiratoires et une modification de la voix. Le traitement implique habituellement la réduction tumorale chirurgicale répétée des papillomes. Plusieurs agents ont été proposés comme adjuvants de la réduction tumorale chirurgicale, notamment les antiviraux, administrés par voie systémique ou par injection dans les lésions.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité d'agents antiviraux comme traitement adjuvant de la papillomatose respiratoire récurrente chez l'enfant et l'adulte.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur l'otorhinolaryngologie, dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), ainsi que dans PubMed, EMBASE, CINAHL, Web of Science, BIOSIS Previews, Cambridge Scientific Abstracts, ICTRP et d'autres sources afin de trouver des essais publiés et non publiés. La recherche la plus récente a été réalisée le 24 février 2012.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés.

Recueil et analyse des données: 

Les recherches ont mené à l'identification de 143 références. Quarante-trois convenaient à l'extraction et leur éligibilité a été évaluée par les auteurs. Un essai contrôlé randomisé impliquant 19 participants remplissait les critères d'inclusion. Nous avons contacté les auteurs afin obtenir des données supplémentaires pour faciliter la revue.

Résultats principaux: 

L'étude incluse était un essai mono-établissement, randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, du cidofovir administré de manière intralésionnelle au moment de la réduction tumorale chirurgicale. L'essai incluait des adultes (n = 15) et des enfants (n = 4). Nous avons estimé que l'étude avait un risque de biais raisonnablement faible. Après une période d'essai de 12 mois, aucune différence n'avait été trouvée entre les groupes à cidofovir et à placebo. Une réduction significative de l'étendue de la maladie (évaluée au moment de l'intervention à l'aide du système de notation Derkay) avait été constatée dans les deux groupes, mais aucun changement significatif quant à la qualité de vie liée à la santé.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.