Utilisation d'acétate de glatiramère (Copaxone ®) chez les patients atteints de sclérose en plaques

Il s'agit ici d'une version mise à jour de la revue Cochrane précédemment publiée (base des revues systématiques Cochrane, 2004, numéro 1). Art. Nº : CD004678. DOI : 10.1002/14651858.CD004678)

L'administration d'acétate de glatiramère (Copaxone ®) chez les patients atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR) et de sclérose en plaques progressive (SEP-P) semble avoir peu d'effets bénéfiques dans la SEP-RR et n'est pas efficace dans la SEP-P.

De précédentes études indiquent que l'acétate de glatiramère, un médicament de synthèse, est efficace chez des modèles animaux de la SEP et présente certains effets bénéfiques chez les patients atteints de SEP. L'objectif de cette revue était d'évaluer l'efficacité de l'acétate de glatiramère chez les patients atteints de SEP-RR et de SEP-P.

Les recherches effectuées dans la littérature médicale pertinente nous ont permis d'identifier six études remplissant les critères de qualité méthodologique nécessaires pour être incluses dans cette revue. 540 patients atteints de SEP-RR et 1 049 patients atteints de SEP-P ont été inclus dans l'analyse.

Les données ne révélaient aucun effet bénéfique sur la progression de la maladie dans les deux formes de SEP, un léger effet bénéfique en termes de réduction du risque de récidive chez les patients atteints de SEP-RR, et aucun effet bénéfique chez les patients atteints de SEP-P. Des événements indésirables tels que des bouffées vasomotrices, une sensation d'oppression, une sudation, des palpitations, de l'anxiété et des réactions au point d'injection se produisaient assez fréquemment, mais aucun effet indésirable majeur n'était observé.

Conclusions des auteurs: 

L'acétate de glatiramère s'avérait partiellement efficace dans la SEP-RR en termes de résultats cliniques liés aux récidives, mais n'avait pas d'effet significatif sur la progression clinique de la maladie mesurée sur la base de l'incapacité soutenue. Ce médicament n'est pas efficace chez les patients atteints de SEP progressive.

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Contexte: 

Il s'agit ici d'une version mise à jour de la revue Cochrane précédemment publiée (base des revues systématiques Cochrane, 2004, numéro 1). Art. Nº : CD004678. DOI : 10.1002/14651858.CD004678)

De précédentes études ont montré que l'acétate de glatiramère (Copaxone ®), un polymère d'acide aminé de synthèse, était efficace dans l'encéphalomyélite allergique expérimentale (EAE) et améliorait les résultats des patients atteints de sclérose en plaques (SEP).

Objectifs: 

Vérifier l'efficacité clinique de l'acétate de glatiramère dans le traitement des patients atteints de SEP récurrente-rémittente (RR) et progressive (P).

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre des essais du groupe Cochrane sur la SEP (26 mars 2009), le registre Cochrane central des essais contrôlés (Bibliothèque Cochrane, numéro 1, 2009), MEDLINE (PubMed) (janvier 1966 au 26 mars 2009), EMBASE (janvier 1988 au 26 mars 2009) et avons effectué des recherches manuelles dans les rapports de symposium (1990-2009).

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant de l'acétate de glatiramère à un placebo chez des patients atteints de SEP avérée, indépendamment du calendrier d'administration et de l'évolution de la maladie, étaient éligibles dans cette revue.

Recueil et analyse des données: 

Les patients atteints de SEP-RR et de SEP-P ont été inclus dans l'analyse. Les protocoles d'étude des différents essais pouvaient être comparés. Aucun défaut d'importance n'a été observé en termes de qualité méthodologique. Néanmoins, l'efficacité de l'assignation en aveugle doit être évaluée en tenant compte des effets secondaires, notamment les réactions au point d'injection.

Résultats principaux: 

Sur les 409 références extraites, 16 ECR ont été identifiés ; six essais, publiés entre 1987 et 2007, remplissaient les critères de sélection et ont été inclus dans cette revue. 540 patients atteints de SEP-RR et 1 049 patients atteints de SEP-P ont été inclus dans l'analyse. Dans la SEP-RR, une réduction du score moyen sur l'échelle EDSS (-0,33 et -0,45) était observée à 2 ans et 35 mois, respectivement, sans effet significatif sur la progression soutenue de la maladie. Une réduction du nombre moyen de récidives était manifeste à 1 an (-0,35), 2 ans (-0,51) et 35 mois (-0,64), mais une hétérogénéité significative était observée entre les études. Une réduction significative du nombre d'hospitalisations et de traitements à base de stéroïdes était observée. Aucun effet bénéfique n'était identifié chez les patients atteints de SEP-P. Aucune toxicité majeure n'était rapportée. L'événement indésirable systémique le plus courant était une réaction transitoire de résolution spontanée se caractérisant par des bouffées vasomotrices, une sensation d'oppression, une sudation, des palpitations et de l'anxiété. Des réactions locales au point d'injection étaient observées chez près de la moitié des patients recevant de l'acétate de glatiramère, ce qui jette le doute sur l'efficacité de l'évaluation en aveugle des résultats.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.