Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine pour le traitement des troubles du spectre autistique

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Les troubles du spectre autistique (TSA) se caractérisent par des problèmes d'interaction sociale et de communication, des comportements répétitifs et des activités et intérêts limités. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont une classe d'antidépresseurs parfois administrés dans le traitement des comportements anxieux ou obsessionnels-compulsifs. Nous avons identifié sept essais évaluant quatre ISRS : fluoxétine, fluvoxamine, fenfluramine et citalopram. Cinq études portaient uniquement sur des enfants, et deux études uniquement sur des adultes. Un essai recrutait 149 enfants, mais tous les autres présentaient des effectifs réduits. Nous n'avons identifié aucun essai évaluant la sertraline, la paroxétine ou l'escitalopram. Aucune preuve ne permet de recommander l'utilisation d'ISRS dans le traitement de l'autisme chez l'enfant. Des preuves limitées, qui ne sont pas suffisamment solides à l'heure actuelle, suggèrent que les ISRS sont efficaces chez les adultes autistes. L'administration d'ISRS pourrait entraîner des effets secondaires. Les décisions relatives à l'utilisation d'ISRS dans des indications cliniques établies pouvant accompagner l'autisme, telles que le trouble obsessionnel-compulsif et la dépression chez l'adulte ou l'enfant, et l'anxiété chez l'adulte, devraient être prises au cas par cas.

Conclusions des auteurs: 

Aucun effet bénéfique des ISRS n'a été démontré chez l'enfant, et des preuves récentes suggèrent un effet délétère. De petites études présentant un risque de biais incertain apportent des preuves limitées de l'efficacité des ISRS chez l'adulte.

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Contexte: 

Les troubles du spectre autistique (TSA) se caractérisent par des difficultés d'interaction sociale et de communication, des comportements stéréotypés et des activités et intérêts limités. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont prescrits dans le traitement de la comorbidité associée au TSA, telle que la dépression, l'anxiété et les comportements obsessionnels-compulsifs.

Objectifs: 

Déterminer si l'administration d'ISRS :
1. améliore les principales caractéristiques de l'autisme (problèmes d'interaction sociale, de communication et de comportement) ;
2. améliore d'autres aspects secondaires du comportement ou du fonctionnement tels que la tendance à l'automutilation ;
3. améliore la qualité de vie des enfants et de leurs soignants ;
4. a des effets à court et long termes sur les critères de jugement ;
5. est associée à des effets délétères.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre Cochrane central des essais contrôlés (Bibliothèque Cochrane 2009, numéro 4), MEDLINE (décembre 2009), EMBASE (décembre 2009), CINAHL (décembre 2009), PsycINFO (décembre 2009) et ERIC (décembre 2009) sans restriction de langue.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) portant sur n'importe quelle dose d'ISRS oral par rapport à un placebo chez des participants atteints de troubles du spectre autistique. Les essais devaient inclure au moins une mesure de résultats standardisée.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné les études et évalué leur éligibilité et leur risque de biais de manière indépendante. Toutes les données étaient continues. Lorsque cela était possible, une méta-analyse a été effectuée à l'aide d'un modèle à effets aléatoires.

Résultats principaux: 

Sept ECR portant sur un total de 271 participants ont été inclus. Quatre ISRS étaient évalués : la fluoxétine (deux études), la fluvoxamine (deux études), la fenfluramine (deux études) et le citalopram (une étude). Cinq études portaient uniquement sur des enfants, et deux études uniquement sur des adultes. Différents critères d'inclusion étaient utilisés en termes de critères de diagnostic et d'intelligence des participants. Dix-sept mesures de résultats étaient rapportées. Plusieurs études documentaient l'impression clinique globale (ICG) et le comportement obsessionnel-compulsif (COC), mais différents outils ou composants de ces critères de jugement étaient utilisés dans les différentes études. De ce fait, les données n'ont pas pu être combinées en une méta-analyse. Une étude de grande échelle et de haute qualité portant sur des enfants ne rapportait aucune preuve d'effet positif associé au citalopram. Deux petites études portant sur des adultes rapportaient des résultats positifs en termes d'ICG et de COC ; une étude rapportait une amélioration de l'agressivité, et une autre de l'anxiété.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.