Interventions pour le saignement de nez récurrent de cause inconnue chez l'enfant

Les saignements de nez chez l'enfant s'arrêtent habituellement d'eux-mêmes ou par pincement du nez. Cependant, certains enfants sont victimes de saignements de nez répétés sans cause particulière (épistaxis idiopathique récurrente). Les traitements les plus courants sont la cautérisation ou la crème antiseptique, ou la combinaison des deux. La cautérisation (une méthode d'obturation) peut être douloureuse, même sous anesthésie locale, et implique généralement l'utilisation d'un bâtonnet de nitrate d'argent pour obturer un vaisseau sanguin visible à l'intérieur du nez et qui est sujet à rupture. Les autres options sont notamment les onguents et les vaporisateurs nasaux. La revue d'essais a conclu qu'il n'y avait pas suffisamment de données pour comparer l'efficacité de différentes options de traitement, mais que la cautérisation au moyen d'une plus faible concentration de nitrate d'argent est plus efficace à court terme et moins douloureuse. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer les meilleures manières de réduire les saignements de nez récurrents de cause inconnue chez l'enfant.

Conclusions des auteurs: 

On ignore comment prendre en charge de manière optimale les enfants souffrant d'épistaxis idiopathique récurrente, mais si l'on effectue une cautérisation nasale au nitrate d'argent, il est préférable d'utiliser une concentration à 75 % plutôt qu'à 95 %, car cela est plus efficace à court terme et moins douloureux. Il conviendra d'effectuer des essais contrôlés randomisés de haute qualité comparant des interventions à un placebo ou à l'absence de traitement et comprenant une période de suivi d'au moins un an, afin d'évaluer les mérites relatifs des divers traitements actuellement utilisés.

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Contexte: 

L'épistaxis idiopathique récurrente chez l'enfant est le saignement de nez répété chez des patients âgés au plus de 16 ans et pour lequel aucune cause spécifique n'a été identifiée. Bien que les saignements de nez soient très fréquents chez les enfants et se résolvent dans la plupart des cas spontanément ou à l'aide de mesures simples (telles que le pincement du nez), des cas récurrents plus sévères peuvent nécessiter un traitement médical. Il n'y a cependant pas de consensus sur l'efficacité des différentes interventions cliniques utilisées actuellement pour la prise en charge de ce problème.

Objectifs: 

Évaluer les effets de différentes interventions pour la prise en charge de l'épistaxis idiopathique récidivante chez l'enfant.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais du groupe Cochrane sur l'otorhinolaryngologie, dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), ainsi que dans PubMed, EMBASE, CINAHL, Web of Science, BIOSIS Previews, Cambridge Scientific Abstracts, ICTRP et autres sources afin de trouver des essais publiés et non publiés. La recherche la plus récente a été effectuée le 5 mars 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons identifié tous les essais contrôlés randomisés (ECR) (avec ou sans masquage) dans lesquels une intervention médicale ou chirurgicale pour le traitement de l'épistaxis idiopathique récidivante chez l'enfant avait été évaluée en comparaison avec l'absence de traitement, un placebo ou une autre intervention, et dans lesquels la fréquence et la sévérité des épisodes de saignement nasal post-traitement étaient indiquées ou calculables. Les deux auteurs ont, de manière indépendante, examiné le texte intégral des articles de tous les essais potentiellement pertinents repérés, et appliqué les critères d'inclusion.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons utilisé l'approche Cochrane pour évaluer le risque de biais des essais. Un auteur a effectué l'extraction des données de manière standardisée et son travail a été vérifié par l'autre auteur. Lorsque cela était nécessaire nous avons contacté des chercheurs afin d’obtenir des informations manquantes. L'hétérogénéité des traitements, des procédures et de la qualité des essais inclus ne nous a pas permis de procéder à une méta-analyse. C'est pourquoi nous présentons les résultats de manière narrative.

Résultats principaux: 

Cinq études (quatre ECR et un essai contrôlé quasi-randomisé) impliquant au total 468 participants satisfaisaient aux critères d'inclusion. Les ECR identifiés avaient comparé la crème Naseptin® (néomycine 0,5 % + chlorhexidine 0,1 %) à l'absence de traitement, le gel de Vaseline® à l'absence de traitement, les cautérisations nasales au nitrate d'argent à 75 % et 95 %, et la cautérisation au nitrate d'argent combinée à du Naseptin® avec le seul Naseptin® ; l'essai contrôlé quasi-randomisé avait comparé la crème antiseptique Naseptin® à la cautérisation au nitrate d'argent. Les résultats globaux ne sont pas concluants, aucune différence statistiquement significative n'ayant été constatée à l'issue des essais entre les traitements comparés ; le nitrate d'argent à 75 % s'était toutefois avéré plus efficace que celui à 95 % deux semaines après l'application. Dans le groupe traité au nitrate d'argent à 75 %, l'épistaxis avait été complètement résorbée dans 88 % des cas, par rapport à 65 % des cas dans le groupe traité au nitrate d'argent à 95 % (P = 0,01). Aucune intervention n'avait occasionné d'effet indésirable grave, bien que des enfants ayant fait l'objet d'une cautérisation au nitrate d'argent avaient fait état de douleurs (malgré l'utilisation d'un anesthésique local). Les scores de douleur étaient bien moins élevés chez ceux traités au nitrate d'argent à 75 % (score moyen de 1 versus 5 chez ceux traités au nitrate d'argent à 95 %) de manière statistiquement significative (P = 0,001).

Nous avons évalué le « risque de biais » de chaque étude au moyen de la méthodologie Cochrane et conclu que deux essais contrôlés randomisés avaient un faible risque de biais, que deux avaient un risque de biais incertain et que l'essai contrôlé quasi-randomisé présentait un risque élevé de biais.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.