Traitements pour prévenir la dermatite irritative des mains sur le lieu de travail

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La dermatite irritative des mains professionnelle (OIHD) est une réaction inflammatoire de la peau survenant chez des personnes qui sont régulièrement en contact avec de l'eau, des détergents, des produits chimiques et d'autres produits irritants pendant leur journée professionnelle. Parmi les professions particulièrement à risque on trouve la coiffure, l'infirmerie, le nettoyage, la construction, la teinturerie, l'impression, le travail des métaux et les industries alimentaires. Cette maladie est relativement commune et touche entre 5 et 20 employés à temps complet sur 10 000 par an. Les premiers signes sont des plaques rouges et squameuses entre les doigts et sur les phalanges des mains. Un décollement de peau et des fissures douloureux et parfois des infections sont courants ; parfois, la peau peut devenir plus épaisse.

Éviter que l'OIHD ne se développe est important attendu qu'une fois qu'elle s'est déclenchée, il est difficile d'y remédier.

Bien que les résultats de cette revue soient généralement positifs, nous avons conclu que les preuves sont encore insuffisantes pour l'instant en ce qui concerne l'efficacité de la plupart des traitements identifiés pour prévenir de nouveaux cas d'OIHD au travail. Cela peut s'expliquer par le fait que des recherches plus poussés sont nécessaires ou parce que les études qui ont été réalisées n'ont pas recruté un nombre suffisant de participants. Des études de plus grande taille sont désormais nécessaires pour déterminer si la prévention primaire est utile et quelle est la meilleure stratégie (sensibilisation ou crèmes protectrices).

Conclusions des auteurs: 

Bien que les résultats de cette revue soient généralement positifs, en aucun cas la significativité statistique n'a été atteinte. Nous concluons dès lors qu'à présent les preuves sont insuffisantes pour affirmer que la plupart des interventions utilisées en prévention primaire de l'OIHD sont efficaces. Cela ne signifie pas que les mesures actuelles sont nécessairement inefficaces, attendu que les études limitées jusqu'à l'heure actuelles ont été relativement petites et de faible qualité. Des ECR bien planifiés et de plus grande taille sont aujourd'hui nécessaires sur différences professions pour déterminer l'efficacité de différentes stratégies préventives.

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Contexte: 

La dermatite irritative des mains professionnelle (OIHD) est une cause importante de gène au sein de la population professionnelle. Différentes mesures préventives sont mises en place, mais leur efficacité n'a pas été clairement déterminée.

Objectifs: 

Évaluer l'effet d'interventions de prévention de l'OIHD chez des personnes en bonne santé exerçant une profession présentant un risque pour la peau.

La stratégie de recherche documentaire: 

En mai 2010, nous avons consulté le registre spécialisé du Cochrane skin group, le registre Cochrane central des essais contrôlés dans la librairie Cochrane, MEDLINE et EMBASE. Nous avons également consulté des actes de conférences et des registres d'essais en cours.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés (ECR) étudiant l'efficacité de crèmes protectrices, crèmes hydratantes, gants, interventions de sensibilisation complexes et d'autres interventions pour la prévention de l'OIHD.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué indépendamment les essais et ont extrait les données.

Résultats principaux: 

Quatre ECR comptant 894 participants exerçant différentes professions ont été incluses. Le critère de jugement principal était le nombre de cas.

Un ECR de grande taille sur 708 personnes travaillant dans le secteur de l'imprimerie et de la teinturerie comparait 2 crèmes protectrices (contenant du silicone ou des hydrocarbures) avec l'absence d'intervention. Moins de travailleurs utilisant des crèmes protectrices ont développé une OIHD par rapport aux travailleurs n'en n'ayant pas utilisé (39,9% versus 45%, (RC 0,75, IC à 95% entre 0,53 et 1,07. P = 0,11) mais cette différence n'était pas statistiquement significative.

Un ECR sur 54 personnes travaillant dans l'industrie des métaux ont développé moins d'OIHD lorsqu'ils utilisaient après le travail une crème émolliente ou protectrice que lorsqu'ils n'en utilisaient pas. Il n'y a pas eu de différence statistique entre les groupes à différents moments du suivi.

Un ECR sur 111 personnes travaillant en cuisine ou dans l'entretien comparait une crème hydratante (Locobase™) avec l'absence d'intervention, selon un plan d'étude en cross-over. Lorsqu'ils utilisaient la crème hydratante, les participants n'ont pas développé d'OIHD. Pendant la période de contrôle sans traitement cutané, 19 participants sur 93 (20,4%) ont développé une OIHD.

Un ECR sur 21 coiffeurs comparait une crème de protection contenant du chlorhydrate d'aluminium (Excipial protect™) versus son excipient. Aucun participant n'a développé d'OIHD tant que les produits étaient utilisés.

Seuls des effets secondaires limités comme des démangeaisons, sensation de piqûre et sécheresse ont été rapportés pour les interventions.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.