Antipsychotiques pour le traitement de psychose non affective pendant la grossesse et le post-partum

Les femmes qui souffrent de troubles psychotiques et qui tombent enceintes sont généralement traitées au moyen d'antipsychotiques. Les risques de nuisance à l'enfant dus à son exposition aux médicaments, in utero ou à travers l'allaitement naturel, sont inconnus. Nous avons tenté de trouver des preuves de bonne qualité, provenant d'essais contrôlés randomisés, relatives aux risques et bénéfices des antipsychotiques pour la femme et le fœtus/bébé pendant la grossesse ou l'allaitement naturel. Nous n'en avons trouvées aucune. Les contraintes éthiques liées à la randomisation de traitement pour les femmes enceintes ou allaitantes, la logistique d'une telle étude et le manque de dynamisme de l'industrie pharmaceutique dans ce domaine expliquent peut-être ce manque de recherches. Cependant, l'utilisation prolongée d'antipsychotiques, sans preuves tangibles, chez ces femmes pendant la grossesse et l'allaitement soulève de sérieuses préoccupations d'ordre clinique et éthique.

Conclusions des auteurs: 

En ce qui concerne l'utilisation d'antipsychotiques chez les femmes souffrant de troubles non affectifs en période de grossesse et post-partum, les recommandations et pratiques cliniques actuelles ne sont fondées sur aucune preuve provenant d'essais contrôlés randomisés. Bien que les préoccupations d'ordre éthique aient jusqu'à présent empêché le recours à des essais contrôlés randomisés pour aborder ce thème de recherche, l'utilisation prolongée d'antipsychotiques chez ce groupe de femmes pose en soi d'importants problèmes cliniques et éthiques. Il convient d'obtenir des preuves à partir de grands essais pragmatiques reflétant les pratiques cliniques habituelles, examinant une vaste gamme de critères de jugement et quantifiant avec précision les risques et les avantages pour à la fois la mère et son enfant, afin que la comparaison entre les différentes options de traitement puisse être faite.

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Contexte: 

Les antipsychotiques sont couramment prescrits aux femmes souffrant de maladies psychotiques pendant la grossesse et la période post-partum. Les conséquences négatives potentielles de ces différentes options sont multiples et complexes. Il s'agit notamment de répercussions sur le fœtus, le nouveau-né, le développement initial de l'enfant ainsi que sur la mère elle-même.

Objectifs: 

Déterminer si les avantages liés à la prise de médicaments antipsychotiques l'emportent sur les risques pour les femmes en période de grossesse ou post-partum.

La stratégie de recherche documentaire: 

Le registre du groupe Cochrane sur la schizophrénie (janvier 2003) a été consulté afin d'identifier tous les essais publiés et portant sur des femmes en période de grossesse ou post-partum. Les références de toutes les études identifiées ont été examinées. Lorsque des études ont été trouvées, les premiers auteurs de chaque étude incluse ont été contactés.

Critères de sélection: 

Les essais cliniques contrôlés randomisés étudiant les effets de tout type d'antipsychotique par rapport à toute autre option de traitement (notamment les soins psychosociaux standards, un autre antipsychotique ou un autre traitement alternatif comme le traitement électro-convulsif ou la thérapie cognitivo-comportementale) et portant sur des femmes enceintes et/ou des femmes souffrant d'un trouble psychotique non affectif au cours de la période post-partum.

Recueil et analyse des données: 

Les références bibliographiques et, dans la mesure du possible, les résumés ont été étudiés par deux évaluateurs ; les articles commandés ont été examinés et leur qualité évaluée. Les données auraient été extraites de façon indépendante par au moins deux évaluateurs. Les résultats binaires devaient être analysés à l'aide de risques relatifs (RR) et de leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Aucun essai satisfaisant à ces critères d'inclusion larges n'a été identifié.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.