L'administration prophylactique de facteurs de stimulation de colonies réduit la durée d'hospitalisation et le risque d'infections chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique.

Les auteurs ont évalué l'efficacité de l'ajout de facteurs de stimulation de colonies (CSF) après une chimiothérapie chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) pour prévenir la neutropénie fébrile, qui est un effet secondaire potentiellement mortel du traitement.

Les études sont insuffisantes pour déterminer la dose de facteurs de stimulation de colonies (CSF) la plus efficace chez les enfants et un petit nombre d'ECR seulement ont évalué le rôle des CSF chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL). L'administration prophylactique de facteurs de stimulation de colonies réduit la durée d'hospitalisation et le risque d'infections. Les auteurs n'ont pas trouvé de preuves que les facteurs de stimulation de colonies (CSF) réduisent les épisodes de neutropénie fébrile, leur durée, ou les délais de traitements chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) qui suivent une chimiothérapie. La période du suivi était trop courte pour générer des informations utiles sur un éventuel effet sur la rechute ou la survie.

Conclusions des auteurs: 

Chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) traités par les facteurs de stimulation de colonies (CSF), les effets bénéfiques sont une plus courte durée d'hospitalisation et une diminution du nombre d'infections. Toutefois, il n'existait aucune preuve d'une réduction de la durée de la neutropénie ni d'une baisse du nombre de traitements différés. De même, il n'y avait pas d'information utile sur la survie.

Le rôle des facteurs de stimulation de colonies (CSF) dans le contexte des épisodes de neutropénie fébrile reste indéterminé. Même si les données actuellement disponibles indiquent un bénéfice statistique de l'usage des facteurs de stimulation de colonies (CSF), l'hétérogénéité substantielle entre les essais inclus ne permet pas d'émettre cette conclusion.

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Contexte: 

La leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est le cancer le plus fréquent survenant pendant l'enfance et la neutropénie fébrile est un effet secondaire potentiellement mortel de son traitement. Le traitement actuel comporte des soins de soutien plus l'administration d'antibiotiques. Des essais cliniques ont tenté d'évaluer l'usage de facteurs de stimulation de colonies (CSF) en tant que thérapie complémentaire pour prévenir la neutropénie fébrile chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL). Les essais individuels n'ont mis en évidence aucun effet bénéfique significatif. Les revues systématiques fournissent l'évaluation la plus fiable et les meilleures recommandations pour la pratique médicale.

Objectifs: 

Évaluer la sécurité d'emploi et l'efficacité de l'ajout de facteurs de stimulation des colonies de granulocytes (FSC-G) ou de facteurs de stimulation des colonies de granulocytes-macrophages (FSC-GM) à la chimiothérapie myélosuppressive chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) dans l'optique de prévenir le développement de la neutropénie fébrile. Évaluation du nombre d'épisodes de neutropénie fébrile, du délai jusqu'au rétablissement de la numération des polynucléaires neutrophiles, de l'incidence et de la durée d'hospitalisation, du nombre d'épisodes de maladies infectieuses, de l'incidence et de la durée des retards de traitement, des effets secondaires (syndrome pseudo-grippal, douleurs osseuses et réactions allergiques), des rechutes et de la mortalité globale (décès).

Stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué une recherche dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL), MEDLINE, EMBASE, CANCERLIT, LILACS et SciElo. Nous avons effectué des recherches manuelles dans les enregistrements des abstracts de congrès de l'ASCO et l'ASH de 1985 à 2003 et avons consulté les bases de données électroniques des sites Internet de l'ASCO et de l'ASH pour trouver des résumés de 2003 jusqu'au mois de septembre 2008, ainsi que les bases de données d'essais en cours. Nous avons consulté des experts et passé en revue les bibliographies des articles pertinents.

Critères de sélection: 

Nous avons examiné les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant les facteurs de stimulation de colonies (CSF) avec un placebo ou l'absence de traitement comme prophylaxie primaire ou secondaire pour prévenir la neutropénie fébrile chez les enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL).

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont sélectionné et évalué de façon critique les études, et extrait les données pertinentes de manière indépendante. Les critères de jugement intéressants étaient notamment les suivants :

* Critères de jugement principaux : nombre d'épisodes de neutropénie fébrile et mortalité globale (décès)
* Critères de jugement secondaires : délai jusqu'au rétablissement de la numération des polynucléaires neutrophiles, incidence et durée d'hospitalisation, nombre d'épisodes de maladies infectieuses, incidence et durée des retards de traitement, effets secondaires (syndrome pseudo-grippal, douleurs osseuses et réactions allergiques), et rechute.

Nous avons réalisé une méta-analyse de ces critères de jugement et avons exprimé les résultats sous forme d'odds ratio de Peto. Pour les résultats continus, nous avons calculé la différence moyenne pondérée et la différence moyenne standardisée. Pour les données relatives aux numérations, nous avons réalisé une méta-analyse des logarithmes des taux de proportion à l'aide de la méthode de variance inverse générique.

Résultats principaux: 

Nous avons passé au crible plus de 6 800 références bibliographiques et avons inclus six études, soit un total de 333 participants, dans l'analyse. Il n’y avait pas suffisamment de données pour pouvoir évaluer l'effet sur la survie. L'usage des facteurs de stimulation de colonies (CSF) a significativement réduit le nombre d'épisodes de neutropénie fébrile (taux de proportion = 0,63 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,46 à 0,85 ; P = 0,003, avec une hétérogénéité substantielle), la durée d'hospitalisation (différence moyenne pondérée (DMP) = -1,58 ; IC à 95 % -3,00 à -0,15 ; P = 0,03), et le nombre d'épisodes de maladies infectieuses (taux de proportion = 0,56 ; IC à 95 % 0,39 à 0,80 ; P = 0,002). Malgré ces résultats, les facteurs de stimulation de colonies (CSF) n'ont pas influencé la durée des épisodes de neutropénie (DMP = -1,11; IC à 95 % -3,55 à 1,32 ; P = 0,4) ou les retards des cycles de chimiothérapie (taux de proportion = 0,75 ; IC à 95 % 0,47 à 1,20 ; P = 0,23).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.