Il n'existe aucune preuve solide pour aucune des interventions visant à prévenir l'infection dans le syndrome néphrotique

Les patients présentant un syndrome néphrotique, en particulier les enfants, risquent de contracter des infections. Les infections peuvent provoquer de fréquentes rechutes de la maladie, une faible réponse aux traitements (par ex. corticoïdes) et de graves infections entraînant occasionnellement le décès. Les antibiotiques oraux, la vaccination antipneumococcique, certains immunomodulateurs et les plantes médicinales chinoises ont été utilisés / recommandés pour réduire le risque d'infection. Aucune étude portant sur les antibiotiques, la vaccination antipneumococcique et toute autre prophylaxie non médicamenteuse n'a été identifiée. Cette revue a considéré que l'immunoglobuline intraveineuse (IVIG), la thymosine, le facteur de transfert oral, l'injection du vaccin BCG (bacille de Calmette-Guérin) et deux genres de plantes médicinales chinoises (granules Huangqi et TIAOJINING) peuvent favoriser la prévention des infections chez les enfants néphrotiques. La qualité méthodologique de ces études était médiocre. Il n'existe actuellement aucune preuve solide permettant de recommander les interventions visant à prévenir les infections dans le syndrome néphrotique. Des recherches supplémentaires doivent être effectuées.

Conclusions des auteurs: 

L'immunoglobuline intraveineuse (IVIG), la thymosine, le facteur de transfert oral, le vaccin BCG, les granules Huangqi et TIAOJINING peuvent avoir des effets positifs sur la prévention de l'infection nosocomiale ou non spécifiée sans aucun événement indésirable grave manifeste chez les enfants présentant un syndrome néphrotique. Toutefois, la qualité méthodologique de toutes les études était médiocre, les tailles des échantillons petites, et toutes les études provenaient de Chine ; il n'existe donc pas de preuves solides de l'efficacité de ces interventions.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

L'infection est l'une des complications les plus fréquentes et demeure toujours une cause importante de morbidité et occasionnellement de mortalité des patients, en particulier chez les enfants présentant un syndrome néphrotique. De nombreuses interventions prophylactiques différentes ont été utilisées ou recommandées pour réduire les risques d'infection dans le syndrome néphrotique en pratique clinique. Il reste toujours à déterminer si les preuves existantes sont scientifiquement rigoureuses et quelle intervention prophylactique peut être recommandée pour une utilisation en routine fondée sur les preuves actuelles.

Objectifs: 

Évaluer les effets bénéfiques et nocifs de toute intervention prophylactique visant à réduire le risque d'infection chez les enfants et les adultes présentant un syndrome néphrotique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les reins, le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (dans The Cochrane Library), MEDLINE et Pre-MEDLINE (depuis 1966), EMBASE (depuis 1980), China Biological Medicine Database (1979 jusqu'à décembre 2009), Chinese Science and Technique Journals Database (jusqu'à décembre 2009), la base de données de l'infrastructure du savoir national chinois (China National Infrastructure) (jusqu'à décembre 2009), la base de données WangFang (jusqu'à décembre 2009), les listes bibliographiques des manuels sur la néphrologie, les articles de revues, les études pertinentes et les résumés de conférences scientifiques concernant la néphrologie ; aucune restriction de langue n’a été appliquée.

Date de la dernière recherche : 06 février 2012

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) et quasi-randomisés comparant toutes les interventions prophylactiques (pharmacologiques ou non pharmacologiques) visant à prévenir toute infection chez les enfants et les adultes présentant un syndrome néphrotique.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué la qualité méthodologique des études et extrait les données de façon indépendante. Des données ont été recueillies sur les méthodes, les participants, les interventions et les critères de jugement (aspect de l'infection, mortalité, qualité de vie et événements indésirables). Les résultats étaient exprimés en risques relatifs (RR) pour les résultats dichotomiques et en différences moyennes (DM) pour les données continues, avec des intervalles de confiance (IC) à 95 %.

Résultats principaux: 

Douze études menées en Chine, portant sur 762 enfants présentant un syndrome néphrotique ont été identifiées. Aucune étude portant sur des adultes n'a été trouvée. Toutes les études comparaient un type de pharmacothérapie prophylactique (immunoglobuline intraveineuse (IVIG), thymosine, facteur de transfert oral, comprimé de peptide mannane, injection du vaccin BCG (bacille de Calmette-Guérin), vaccin antibactérien polyvalent (Lantigène B) et deux types de plantes médicinales chinoises : un composé de plantes médicinales chinoises (TIAOJINING) et des granules Huangqi (astragalus) plus un traitement de base à un traitement de base seul. Aucun essai contrôlé randomisé (ECR) comparant les antibiotiques, la prophylaxie non pharmacologique, ou la vaccination antipneumococcique, n'a été identifié. Quatre études ont montré un effet considérablement bénéfique de l'immunoglobuline intraveineuse (IVIG) sur la prévention de l'infection nosocomiale ou non spécifiée chez les enfants présentant un syndrome néphrotique (RR 0,47 ; IC à 95 % 0,31 à 0,73). La thymosine (RR 0,50 ; IC à 95 % 0,26 à 0,97), le facteur de transfert oral (RR 0,51 ; IC à 95 % 0,35 à 0,73), l'injection du vaccin BCG (RR 0,68 ; IC à 95 % 0,48 à 0,95), les granules Huangqi (RR 0,62 ; IC à 95 % 0,47 à 0,83) et TIAOJINING (RR 0,59 ; IC à 95 % 0,43 à 0,81) étaient aussi efficaces pour réduire le risque d'infection chez les enfants présentant un syndrome néphrotique. Toutefois, le peptide mannane (RR 0,46 ; IC à 95 % 0,21 à 1,01) et le vaccin antibactérien polyvalent (RR 0,24 ; IC à 95 % 0,06 à 1,00) n'étaient pas supérieurs au traitement de base pour réduire le risque d'infection pour les enfants néphrotiques. Aucun effet indésirable grave n'avait été signalé.

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.