La théophylline orale améliore la fonction pulmonaire chez les patients atteints de BPCO (maladie pulmonaire obstructive chronique), qui la préfèrent aux placebos malgré ses effets indésirables (en particulier des nausées).

La théophylline est couramment utilisée dans le traitement des patients souffrant de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Cette revue systématique montre que la théophylline administrée par voie orale améliore la fonction pulmonaire et les niveaux d'oxygène et de gaz carbonique dans le sang. Peu de données sont cependant disponibles concernant ses effets sur les symptômes, la capacité d'exercice et la qualité de vie. Bien qu'elle soit associée à davantage d'effets secondaires, en particulier des nausées, les sujets préféraient la théophylline au placebo.

Conclusions des auteurs: 

La théophylline a un effet modeste sur le VEMS et la CVF et améliore légèrement la pression partielle des gaz du sang artériel dans la BPCO modérée à sévère. Ces bénéfices étaient observés chez des participants recevant différents traitements concomitants. L'amélioration des performances physiques dépendait de la méthode de test. Le taux de sortie d'étude était très faible dans les études qui ont pu être incluses dans cette revue, ce qui suggère que les investigateurs auraient pu savoir que les participants recrutés étaient tolérants à la théophylline. Cela pourrait limiter la possibilité de généraliser les résultats de ces études.

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Contexte: 

Depuis de nombreuses années, la théophylline orale est utilisée comme bronchodilatateur chez les patients atteints de BPCO. Malgré son indice thérapeutique étroit et l'apparition de nouveaux médicaments, la théophylline reste recommandée dans le traitement de la BPCO.

Objectifs: 

Déterminer l'efficacité de la théophylline orale par rapport à un placebo chez les patients atteints de BPCO stable.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires et le registre Cochrane central des essais contrôlés.

Critères de sélection: 

Toutes les études étaient des essais contrôlés randomisés (ECR).

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont résumé les données et évalué la qualité méthodologique de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Vingt ECR remplissaient les critères d'inclusion. Le traitement concomitant variait d'une absence de traitement à l'utilisation de tout autre bronchodilatateur + corticoïdes (oraux et inhalés). Les critères de jugement suivants présentaient des différences significatives par rapport au placebo.

Le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS) s'améliorait avec le traitement : différence moyenne pondérée (DMP) de 100 ml ; intervalle de confiance (IC) à 95 %, entre 40 et 160 ml. De même pour la capacité vitale forcée (CVF) : DMP de 210 ml, IC à 95 %, entre 100 et 320. Deux études rapportaient une amélioration de la consommation maximale d'oxygène (VO2 max) ; DMP de 195 ml/mn, IC à 95 %, entre 113 et 278. La pression partielle d'oxygène dans le sang artériel (PaO2) et la pression partielle de gaz carbonique dans le sang artériel (PaCO2) au repos s'amélioraient toutes deux avec le traitement (DMP de 3,2 mm Hg ; IC à 95 %, entre 1,2 et 5,1, et DMP de 2,4 mm Hg ; IC à 95 %, entre -3,5 et -1,2, respectivement). Les tests de marche ne présentaient pas d'amélioration (quatre études, différence moyenne standardisée de 0,30, IC à 95 %, entre -0,01 et 0,62), de même que le score visuel analogue pour l'essoufflement dans deux petites études (DMP de 3,6, IC à 95 %, entre -4,6 et 11,8). Le risque relatif (RR) de nausées était supérieur avec la théophylline (RR de 7,7 ; IC à 95 %, entre 1,5 et 39,9). Les patients étaient cependant plus nombreux à préférer la théophylline au placebo (RR de 2,27 ; IC à 95 %, entre 1,26 et 4,11). Très peu d'arrêts prématurés toutes raisons confondues étaient observés dans ces études.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.