Macrolides dans le traitement de l'asthme chronique

Conclusions des auteurs: 

Les preuves existantes ne montrent pas que les macrolides sont plus efficaces qu'un placebo pour la majorité des critères de jugement cliniques. Toutefois, ils pourraient avoir un effet bénéfique sur certaines mesures de la fonction pulmonaire et nous ne pouvons pas exclure la possibilité d'autres bénéfices ou préjudices car les preuves sont de très faible qualité en raison de l'hétérogénéité des patients et des interventions, de l'imprécision et de biais de déclaration.

La revue met en évidence la nécessité pour les chercheurs de rendre compte de critères de jugement cliniquement pertinents de manière précise et exhaustive, en utilisant les définitions des recommandations pour les exacerbations et des échelles validées. Les bénéfices possibles des macrolides chez des patients atteints d'asthme non éosinophilique sur la base des analyses en sous-groupes dans deux études incluses pourraient justifier des recherches supplémentaires.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

L'asthme est une maladie chronique dans laquelle l'inflammation des voies respiratoires entraîne de la toux, une respiration sifflante et de la difficulté à respirer. L'inflammation peut avoir différentes causes sous-jacentes, notamment une réaction à une infection des poumons. Les macrolides sont des antibiotiques antimicrobiens et antiinflammatoires utilisés au long cours pour contrôler les symptômes de l'asthme.

Objectifs: 

Évaluer les effets des macrolides dans la prise en charge de l'asthme chronique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les voies respiratoires jusqu'en avril 2015. Nous avons également effectué des recherches manuelles dans les bibliographies des revues précédemment publiées et les actes des congrès et nous avons contacté les auteurs des études. Nous avons inclus des articles publiés dans n'importe quelle langue dans notre recherche.

Critères de sélection: 

Les essais cliniques contrôlés randomisés portant sur les enfants et les adultes atteints d'asthme chronique traités pendant plus de quatre semaines avec des macrolides comparés à un placebo.

Recueil et analyse des données: 

Deux évaluateurs ont examiné indépendamment tous les articles identifiés dans les recherches, ils ont ensuite examiné le texte intégral de tous les articles potentiellement pertinents avant d'extraire en double les données de toutes les études incluses.

Résultats principaux: 

Vingt-trois études remplissaient les critères d'inclusion et randomisaient un total de 1513 participants pour recevoir un macrolide ou un placebo. La qualité des preuves était généralement très faible en raison d'une consignation incomplète de la méthodologie de l'étude et des données cliniques, d'une suspicion de biais de publication, du caractère indirect des populations étudiées, du risque de biais et de l'imprécision (due au petit nombre de patients et d'événements). La plupart des études incluses ont consigné des données provenant de patients souffrant d'asthme persistant ou sévère, mais les critères d'inclusion, les interventions et les résultats étaient très divers.

Les macrolides ne se sont pas révélés plus efficaces que le placebo pour la majorité des critères de jugement cliniques, notamment les exacerbations nécessitant une hospitalisation (rapport des cotes (RC) 0,98, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,13 à 7,23 ; les participants = 143 ; les études = 2 ; I2= 0 %) ou le moindre recours aux stéroïdes oraux (RC 0,82, IC à 95 % 0,43 à 1,57 ; les participants = 290 ; les études = 5 ; I2= 0 %). Les éléments de preuve concernant les échelles de symptômes (différence moyenne standardisée (DMS) -0,04, IC à 95 % -0,36 à 0,28), le contrôle de l'asthme (DMS -0,05, IC à 95 % -0,26 à 0,15), la qualité de vie (différence moyenne (DM) 0,06, IC à 95 % -0,12 à 0,24) et l'utilisation de médicaments de secours (DM -0,26, IC à 95 % de -0,65 à 0,12), étaient tous de très faible qualité et n'ont pas montré de bénéfice du traitement par les macrolides. Il y avait certains éléments de preuve en faveur des macrolides amenant une certaine amélioration de la fonction pulmonaire (volume expiratoire maximal par seconde (VEMS)) : DM 0,08, IC à 95 % 0,02 à 0,14), mais pas sur toutes les mesures que nous avons évaluées. Les mesures de l'hyperréactivité bronchique étaient trop variables pour être regroupées, mais la plupart des études n'ont montré aucun bénéfice du macrolide par rapport au placebo. Deux études portant sur des personnes prenant régulièrement des corticoïdes oraux ont suggéré que les macrolides pouvaient avoir un effet d'épargne stéroïdienne dans cette population. Pour ce qui concernait les événements indésirables graves, les macrolides étaient bien tolérés bien que moins de la moitié des études aient rapporté ce critère de jugement (RC 0,80, IC à 95 % 0,24 à 2,68 ; les participants = 434 ; les études = 7 ; I2= 0 %). La consignation des effets secondaires spécifiques était, selon les études, trop fragmentaire pour une analyse valable. Comme déjà mentionné dans les précédentes versions de cette revue systématique, les biomarqueurs d'activité de l'asthme, tels que l'expectoration et les niveaux sériques de la protéine cationique de l'éosinophile (ECP) ou les éosinophiles de l'expectoration et du sang, étaient inférieurs chez les patients traités avec des macrolides, mais cela n'était pas associé à des bénéfices cliniques.

Deux des analyses en sous-groupes ont montré un effet bénéfique possible des macrolides dans l'asthme non éosinophilique, mais il n'a pas été possible d'étudier cette question plus à fond en utilisant les données disponibles pour cette revue.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Dr Daniel Pinchenzon et révisée par Cochrane France

Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.