Méthodes de réparation des lésions du sphincter anal d'origine obstétricale

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Méthodes de réparation des lésions musculaires de l'anus suite à sa déchirure lors d'un accouchement par voie basse difficile.

La majorité des femmes accouchent sans souffrir de lésions importantes au niveau du périnée ou de l'anus. Toutefois, dans environ 1 à 4 % des accouchements, il arrive que des déchirures et des lésions se produisent et s'étendent jusqu'à l'anus, ce qui peut provoquer de graves problèmes chez certaines de ces femmes en termes de douleurs, d'incontinence et de rapports sexuels douloureux. Chez quelques unes d'entre elles, l'incontinence peut être très embarrassante et avoir des conséquences non négligeables sur leur vie quotidienne et leurs relations. La présente revue d'essais a comparé deux différentes techniques de suture, l'une consistait à faire chevaucher les bords alors que l'autre consistait à les suturer de bout à bout. Il y avait un nombre insuffisant de femmes (279) dans les trois essais pour signaler un quelconque effet avec un degré raisonnable de certitude. La technique de chevauchement semblait être plus efficace en termes de sensations d'urgence et d'incontinence, bien que ces données aient été issues d'un seul essai de petite taille. Des recherches supplémentaires devront être réalisées et étudier les avis et les expériences des femmes.

Conclusions des auteurs: 

Les données limitées disponibles montrent que, comparée à une réparation bout à bout primaire immédiate des OASIS, la technique de réparation primaire précoce par chevauchement semble être liée à une diminution des risques d'urgence fécale et des symptômes d'incontinence anale. Étant donné que l'expérience des chirurgiens n'est pas étudiée dans les trois études de la revue, il serait inapproprié de recommander un type de réparation plutôt qu'un autre.

[Remarque : Les six références figurant dans la section de classification en attente de la revue pourraient modifier les conclusions de la revue à l'issue de leur évaluation.]

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Contexte: 

Les lésions du sphincter anal pendant l'accouchement (lésions du sphincter anal d'origine obstétricale (OASIS - Obstetric Anal Sphincter Injuries)) sont liées à une morbidité maternelle significative, notamment des douleurs périnéales, la dyspareunie et l'incontinence anale. L'incontinence anale a des effets psychologiques et physiques sur les femmes. Par pudeur, nombre d'entre elles ne sollicitent aucune aide médicale. Les deux méthodes reconnues de réparation des lésions du sphincter anal externe (SAE) : sont la réparation de bout à bout (rapprochement) et le chevauchement.

Objectifs: 

Comparer l'efficacité de la réparation par chevauchement à la réparation bout à bout suite à des OASIS afin de réduire l'incontinence anale, les douleurs périnéales, la dyspareunie et d'améliorer la qualité de vie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (30 janvier 2006), MEDLINE (de janvier 1966 au 31 janvier 2006), EMBASE (de janvier 1974 au 31 janvier 2006), SciSearch (de janvier 1974 au 31 janvier 2006) et les actes de conférence de la pratique obstétrique et de la gynécologie, de la médecine opératoire et de la coloproctologie.

Nous avons mis à jour les recherches du registre d'essais du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance le 1er octobre 2009 et ajouté les résultats à la section de classification en attente.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés comparant différentes techniques de réparation primaire immédiate du SAE suite à des OASIS.

Recueil et analyse des données: 

Tous les auteurs ont indépendamment évalué la qualité méthodologique des essais.

Résultats principaux: 

Trois essais éligibles, présentant une qualité méthodologique de niveau A et impliquant 279 femmes, ont été inclus. Il y avait une hétérogénéité importante dans les critères de jugement, les points temporels et les résultats signalés. Les méta-analyses montraient qu'il n'y avait aucune différence statistiquement significative au niveau des douleurs périnéale (risque relatif (RR) 0,08, intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,00 à 1,45, un essai, 52 femmes), de la dyspareunie (RR 0,62, IC à 95 % 0,11 à 3,39, un essai, 52 femmes), de l'incontinence des flatulences (RR 0,93, IC à 95 % 0,26 à 3,31, un essai, 52 femmes) et de l'incontinence fécale (RR 0,07, IC à 95 % 0,00 à 1,21, un essai, 52 femmes) entre les deux techniques de réparation au bout de 12 mois, mais elles montraient une diminution statistiquement significative de l'incidence au niveau de l'urgence fécale (RR 0,12, IC à 95 % 0,02 à 0,86, un essai, 52 femmes) et une baisse du score de l'incontinence anale (différence moyenne pondérée - 1,70, IC à 95 % - 3,03 à - 0,37) dans le groupe de la technique de chevauchement. La technique de chevauchement était également liée à une diminution statistiquement significative des risques de détérioration des symptômes de l'incontinence anale sur une période de 12 mois (RR 0,26, IC à 95 % 0,09 à 0,79, un essai, 41 femmes). Il n'y avait aucune différence significative au niveau de la qualité de vie.

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