Dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène en cas de règles abondantes

Cette traduction n'est pas à jour. Veuillez cliquer ici pour voir la dernière version de cette revue en anglais.

Les dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène ont été évalués pour déterminer leur efficacité, leur acceptabilité et leur innocuité pour traiter les règles abondantes. Le dispositif intra-utérin libérant du levonorgestrel (DIU au LNG), celui qui est le plus étudié, est plus efficace que la noréthisthérone orale prise pendant les 21 jours du cycle et les femmes sont plus satisfaites et désireuses de poursuivre leur traitement, mais les effets secondaires à court terme sont plus fréquents. Même si le DIU au LNG entraîne une diminution moindre des saignements menstruels que l'ablation de l'endomètre (chirurgie visant à enlever l'endomètre), et même si les femmes rencontrent plus d'effets secondaires à court terme, il n'y a aucune différence dans les taux de satisfaction des femmes ou leur qualité de vie. Le DIU au LNG est plus rentable que l'hystérectomie sur le court terme. Nous n'avons trouvé aucune autre comparaison randomisée des DIU au LNG avec d'autres traitements médicaux ou chirurgicaux.

Conclusions des auteurs: 

Le dispositif intra-utérin libérant du levonorgestrel (DIU au LNG) est plus efficace que la noréthisthérone cyclique (pendant 21 jours) pour traiter les règles abondantes. Les femmes avec un DIU au LNG sont plus satisfaites et désireuses de poursuivre leur traitement, mais ont plus d'effets secondaires, comme des saignements intermenstruels et une sensibilité mammaire.

Le DIU au LNG entraîne une diminution moyenne moindre des saignements menstruels (comme on peut le voir dans le graphique PBAC) que l'ablation de l'endomètre, mais il n'existe aucune donnée concernant une différence dans le taux de satisfaction avec le traitement. Les femmes avec un DIU au LNG ont plus d'effets secondaires progestogéniques par rapport aux femmes qui subissent une résection transcervicale de l'endomètre pour traiter leurs règles abondantes, mais il n'y a pas de différence dans leur perception de la qualité de vie.

Le traitement avec un DIU au LNG coûte moins cher que l'hystérectomie, mais il n'existe aucune donnée concernant une différence dans les mesures de la qualité de vie entre ces groupes.

Il n'y a pas de données disponibles issues d'essais contrôlés randomisés qui comparent les systèmes intra-utérins libérant de la progestérone à un placebo ou aux autres traitements médicaux fréquemment utilisés pour les règles abondantes.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Les règles abondantes sont une cause importante de problèmes de santé chez les femmes ; elles représentent 12 % de l'ensemble des consultations gynécologiques au Royaume-Uni. Les règles abondantes sont cliniquement définies comme étant supérieures ou égales à 80 ml de perte de sang par cycle menstruel. Pour autant, les femmes peuvent se plaindre de saignements excessifs lorsque leurs pertes sont inférieures à 80 ml. L'hystérectomie est souvent utilisée pour traiter les femmes souffrant de cette pathologie, mais un traitement médical peut être une alternative gagnante.

Le dispositif intra-utérin en cuivre a été développé à l'origine comme contraceptif, mais l'ajout d'hormones qui détendent l'utérus, les progestogènes, à ces dispositifs a entraîné une importante diminution des pertes sanguines menstruelles. Les études de cas de deux types de dispositifs libérant de la progestérone ou un progestogène, Progestaret et Mirena, mentionnent des diminutions pouvant aller jusqu'à 90 % et indiquent que la dysménorrhée peut être améliorée. L'insertion peut cependant être perçue par certaines femmes comme étant invasive, ce qui affecte son acceptabilité en tant que traitement. Des saignements intermenstruels fréquents ainsi que des saignements de faible abondance peuvent également apparaître au cours des premiers mois.

Objectifs: 

Afin de déterminer l'efficacité et l'acceptabilité des dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène pour parvenir à réduire les règles abondantes,

La stratégie de recherche documentaire: 

toutes les études susceptibles de décrire des essais contrôlés randomisés portant sur les dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène pour traiter les règles abondantes ont été obtenues à partir de recherches électroniques effectuées dans The Cochrane Library, MEDLINE (1966 à 2005) et EMBASE (1980 à 2005). Les entreprises produisant des dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène ainsi que les experts du domaine ont été contactés pour obtenir plus d'informations sur les essais publiés et non publiés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés portant sur des femmes en âge de procréer traitées avec des dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène par rapport à l'absence de traitement, un placebo ou un autre traitement médical ou chirurgical en cas de règles abondantes au sein d'un cabinet médical, d'un planning familial ou d'une clinique spécialisée étaient éligibles à l'inclusion. Les femmes avec des saignements post-ménopausiques, des saignements intermenstruels ou irréguliers, ou des causes pathologiques de règles abondantes ont été exclues.

Recueil et analyse des données: 

Les essais potentiels ont été évalués de manière indépendante par trois auteurs et neuf essais répondaient aux critères d'inclusion dans la revue. Les auteurs ont extrait les données de manière indépendante, ces dernières ont été regroupées lorsque cela était nécessaire. Les rapports de cotes (ou odds ratios (OR)) ont été estimés à partir des données pour les résultats dichotomiques et des différences moyennes pondérées (DMO) pour les résultats continus. Le principal critère de jugement était la diminution des saignements menstruels mais l'incidence des effets secondaires, les changements dans la qualité de vie, la satisfaction et l'acceptabilité ont également été évalués.

Résultats principaux: 

Les dispositifs intra-utérins libérant de la progestérone ou un progestogène n'ont pas été comparés à un placebo ou l'absence de traitement. Le Progestaret a été comparé à plusieurs traitements médicaux différents dans une étude de petite taille, mais aucune conclusion n'a été établie quant à son efficacité. Le dispositif intra-utérin libérant du levonorgestrel (DIU au LNG) a été comparé à la noréthisthérone cyclique orale (NET) administrée à j5 et j25 du cycle menstruel dans un essai et était significativement plus efficace bien qu'il ait été constaté une diminution importante des saignements au départ dans les deux groupes. Certains effets secondaires à court terme étaient plus courants dans le groupe avec DIU au LNG, mais une proportion bien plus importante de femmes de ce groupe étaient satisfaites et désireuses de poursuivre leur traitement. Dans un essai portant sur des femmes en attente d'une hystérectomie, où le DIU au LNG était comparé à un groupe témoin prenant son traitement médical existant, une proportion plus importante de femmes du groupe avec un dispositif intra-utérin ont annulé leur chirurgie après six mois de traitement.

Le DIU au LNG a été comparé à une ablation de l'endomètre : soit une résection transcervicale de l'endomètre (deux essais) ou une ablation par ballonnet (trois essais). Il a été constaté une diminution moyenne bien plus importante des saignements menstruels dans un essai chez celles qui ont subi une ablation par ballonnet (DMP -45,2 unités, IC à 95 % -56,9 à -33,5), un résultat plus faible sur le graphique des pertes sanguines (DMP 33,2 unités, IC à 95 % 27,2 à 39,2) et des taux plus élevés de réussite du traitement dans 3 essais, y compris le ballonnet et la résection transcervicale (OR 0,28, IC à 95 % 0,14 à 0,58), mais les taux de satisfaction vis à vis du traitement étaient similaires. Il n'a pas été possible d'établir des conclusions sur les modifications de la qualité de vie entre les groupes, mais les femmes avec un DIU au LNG avaient une incidence plus importante d'effets secondaires progestogéniques au bout d'une année.
Le DIU au LNG a été comparé à l'hystérectomie dans un essai. Il n'a été décelé aucune donnée quant à une modification de la qualité de vie, mais le traitement avec un DIU au LNG coutait moins cher que l'hystérectomie, sur le suivi à un et cinq ans.

Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.