Administration d'opiacés pour le sevrage des opiacés chez les nouveau-nés

Un opiacé tel que la morphine ou la teinture d'opium diluée pourrait probablement être utilisé en traitement initial pour améliorer les symptômes d'abstinence chez les nouveau-nés présentant des symptômes de sevrage des opiacés en raison d'une prise d'opiacés par leur mère pendant la grossesse. La prise d'opiacés (la méthadone, couramment prescrite, ou l'héroïne) par une femme enceinte peut entraîner un syndrome de sevrage chez les nouveau-nés. Cela peut provoquer une interruption de la relation mère-nourrisson, des troubles du sommeil et de l'alimentation, une perte de poids et des convulsions. Les traitements utilisés pour améliorer ces symptômes et réduire les complications chez les nouveau-nés incluent des opiacés, des sédatifs (phénobarbital ou diazépam) et des traitements de soutien (emmaillotage, massages, bains relaxants, sucettes ou matelas d'eau). Les essais comparant des opiacés à des sédatifs ou à d'autres traitements non pharmacologiques sont généralement de faible qualité. Les essais individuels rapportaient que l'utilisation d'un opiacé par rapport à du phénobarbital pourrait réduire l'incidence des convulsions, la durée du traitement et le taux d'admission en pouponnière. Néanmoins, aucun effet global n'était observé sur le taux d'échec du traitement. Par rapport au diazépam, les opiacés réduisaient l'incidence de l'échec du traitement. Des opiacés tels que la morphine ou la teinture d'opium diluée devraient probablement être utilisés en traitement initial dans le sevrage des opiacés chez les nouveau-nés.

Conclusions des auteurs: 

Les opiacés, par rapport au traitement de soutien, pourraient réduire le délai nécessaire pour récupérer le poids de naissance et la durée du traitement de soutien, mais augmenter la durée de séjour à l'hôpital. Par rapport au phénobarbital, les opiacés pourraient réduire l'incidence des convulsions, mais il n'existe aucune preuve d'effet sur l'échec du traitement. Une étude rapportait une réduction de la durée du traitement et des admissions en pouponnière chez les nourrissons sous morphine. Par rapport au diazépam, les opiacés réduisent l'incidence de l'échec du traitement. Une analyse post hoc permet de formuler l'hypothèse selon laquelle le traitement initial aux opiacés devrait être réservé aux enfants dont les mères consommaient uniquement des opiacés. Compte tenu des limitations méthodologiques des études incluses, les conclusions de cette revue doivent être interprétées avec précaution.

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Contexte: 

Le syndrome d'abstinence néonatale (SAN) lié au sevrage des opiacés peut provoquer une interruption de la relation mère-nourrisson, des anomalies du sommeil/éveil, des difficultés d'alimentation, une perte de poids et des convulsions.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et l'innocuité associées à l'utilisation d'un opiacé par rapport à un sédatif ou à un traitement non pharmacologique dans le traitement du SAN lié au sevrage des opiacés.

La stratégie de recherche documentaire: 

Cette revue a été mise à jour en 2010 au moyen de recherches supplémentaires dans CENTRAL, MEDLINE et EMBASE, complétées par des recherches dans les actes de congrès et les références bibliographiques des articles publiés.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés portant sur un traitement aux opiacés chez des nourrissons atteints de SAN nés de mères dépendantes aux opiacés.

Recueil et analyse des données: 

Chaque auteur a évalué la qualité des études et extrait les données de manière indépendante.

Résultats principaux: 

Neuf études portant sur 645 nourrissons remplissaient les critères d'inclusion. Toutes les études comparant un opiacé à un sédatif présentaient des problèmes méthodologiques substantiels. Deux petites études comparant différents opiacés présentaient une méthodologie appropriée.

Opiacé (morphine) versus traitement de soutien (une étude) : Une réduction du délai nécessaire pour récupérer le poids de naissance et de la durée du traitement de soutien, ainsi qu'une augmentation significative de la durée de séjour à l'hôpital étaient observées.

Opiacé versus phénobarbital (quatre études) : La méta-analyse ne révélait aucune différence significative en termes d'échec du traitement. Une étude rapportait que l'administration d'un opiacé entraînait une réduction significative de l'échec du traitement chez les nourrissons nés de mères consommant uniquement des opiacés. Une étude rapportait une réduction significative du nombre de jours de traitement et des admissions en pouponnière chez les nourrissons recevant de la morphine. Une étude rapportait une réduction des convulsions à la limite de la signifiance statistique sous opiacé.

Opiacé versus diazépam (deux études) : La méta-analyse révélait une réduction significative de l'échec du traitement sous opiacé.

Différents opiacés (six études) : les données sont insuffisantes pour déterminer l'innocuité ou l'efficacité des opiacés les uns par rapport aux autres.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.