Le traitement médicamenteux oral non stéroïdiens pour réduire l'inflammation pulmonaire et la détérioration de la fonction pulmonaire chez les personnes atteintes de mucoviscidose

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L'inflammation contribue à la détérioration des poumons. Sur le long terme, il s'agit là de la cause la plus fréquente de décès précoce dans les cas de mucoviscidose. À fortes doses, les médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens, en particulier l'ibuprofène, peuvent agir contre l'inflammation, mais à faibles doses certaines données indiquent qu'ils peuvent causer une inflammation. L'utilisation de doses élevées a également soulevé des inquiétudes quant à la possibilité d'effets indésirables, ce qui a limité l'utilisation de ces médicaments dans les cas de mucoviscidose. Nous avons recherché des essais ayant comparé une dose quelconque de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens oraux à un placebo, pendant au moins deux mois, chez des personnes atteintes de mucoviscidose. Cette revue actualisée inclut deux fois plus de participants que la revue initiale. Nous avons trouvé des preuves que de fortes doses d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, notamment l'ibuprofène, peuvent ralentir la détérioration du poumon chez les personnes atteintes de mucoviscidose, en particulier chez les plus jeunes. Les données sur l'innocuité à long terme sont limitées, mais il y a suffisamment de données pour recommander d'arrêter temporairement les anti-inflammatoires non stéroïdiens lorsque les patients reçoivent des aminoglycosides par voie intraveineuse ou d'autres agents toxiques pour les reins.

Conclusions des auteurs: 

Des doses élevées d'ibuprofène peuvent ralentir la progression de la maladie pulmonaire chez les personnes atteintes de MV, spécialement chez les enfants, ce qui laisse penser que les stratégies visant à moduler l'inflammation pulmonaire peuvent être bénéfiques pour les personnes atteintes de MV.

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Contexte: 

La dégradation progressive des poumons est à l'origine de la plupart des décès dans les cas de mucoviscidose (MV). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent prévenir la détérioration pulmonaire progressive et la morbidité dans la MV.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité du traitement par AINS dans la MV.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la mucoviscidose et les autres maladies génétiques qui comprend des références bibliographiques identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques et des recherches manuelles dans des journaux et des résumés d'actes de conférence pertinents. Nous avons contacté des fabricants d'AINS.

Date de la dernière recherche effectuée dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane : 15 mai 2013.

Critères de sélection: 

Des essais contrôlés randomisés ayant comparé des AINS oraux à dose quelconque avec un placebo, pendant au moins deux mois, chez des personnes atteintes de MV.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont indépendamment évalué les essais pour la revue.

Résultats principaux: 

Les recherches ont permis d'identifier huit essais, dont cinq sont inclus (334 participants âgés de cinq à 39 ans, suivi maximal de quatre ans). Trois essais avaient comparé l'ibuprofène à un placebo (deux provenant du même centre avec quelques participants en commun), un essai avait évalué le piroxicam versus placebo, un cinquième essai avait comparé le nimésulide (un inhibiteur de la cyclooxygénase-2) à la clarithromycine. Les trois essais sur l'ibuprofène se sont avérés de qualité méthodologique bonne ou suffisante, mais ils avaient utilisé différents critères de résultat et des mesures récapitulatives diverses. Les auteurs de la revue se sont intéressés aux mesures des éléments suivants : fonction pulmonaire, état nutritionnel, évaluation radiologique de l'atteinte pulmonaire, utilisation d'antibiotiques par voie intraveineuse, hospitalisations, survie et effets indésirables. Les données combinées des deux plus importants essais sur l'ibuprofène ont montré un taux annuel de déclin de la fonction pulmonaire significativement plus faible : différence moyenne (DM) du pourcentage de la valeur attendue pour le volume expiratoire maximal en une seconde (VEMS1) de 1,32 (intervalle de confiance (IC) à 95% 0,21 à 2,42), DM de 1,27 pour la capacité vitale forcée (CVF) (IC à 95% 0,26 à 2,28), DM de 1,80 pour le débit expiratoire forcé (25-75%) (IC à 95% 0,15 à 3,45). L'analyse post-hoc des données de deux essais répartis par âge a mis en évidence un taux de déclin annuel plus lent de manière statistiquement significative pour le pourcentage des valeurs attendues de VEMS1 et de CVF dans le groupe à ibuprofène chez les plus jeunes enfants, DM 1,41% (IC à 95% 0,03 à 2,80) et DM 1,32% (IC à 95 % 0,04 à 2,60), respectivement. Dans un essai, l'utilisation à long terme de fortes doses d'ibuprofène avait été associée à une utilisation réduite d'antibiotiques par voie intraveineuse et à une amélioration de l'état nutritionnel et de l'état pulmonaire radiologique. Aucun effet indésirable majeur n'avait été signalé, mais la puissance des essais était trop faible pour identifier des différences cliniquement importantes dans l'incidence des effets indésirables.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.