Administration modérément précoce de corticostéroïdes postnataux (7-14 jours) pour prévenir la maladie pulmonaire chronique chez les nouveau-nés prématurés

L'administration modérément précoce de stéroïdes facilite le sevrage de la ventilation chez les bébés prématurés, permet de réduire la maladie pulmonaire chronique, et pourrait également améliorer la survie jusqu'à 28 jours, mais d'importants effets indésirables à court terme sont observés. La maladie pulmonaire chronique (MPC) est généralement causée par une inflammation persistante des poumons. Les stéroïdes sont efficaces pour améliorer la fonction pulmonaire mais leur administration précoce est associée à une augmentation des effets indésirables (se reporter à la revue initiale). La revue des essais a observé qu'une administration modérément précoce de corticostéroïdes (initiée à 7-14 jours) réduisait le risque de développement d'une MPC. Il existe des preuves limitées d'effets délétères potentiels à long terme. Les effets indésirables à court terme incluent une hypertension artérielle, une infection et une hyperglycémie chez ces bébés prématurés. Des recherches supplémentaires sont nécessaires. L'administration de stéroïdes devrait être limitée jusqu'à ce que des informations supplémentaires soient disponibles.

Conclusions des auteurs: 

Une corticothérapie modérément précoce (initiée à 7-14 jours) réduit la mortalité néonatale et la MPC, mais au prix d'importants effets indésirables à court terme. Les essais inclus dans cette revue apportent des preuves limitées concernant les effets à long terme. La qualité méthodologique des études examinant les résultats à long terme était limitée dans certains cas, les enfants étaient principalement évalués avant d'atteindre l'âge scolaire et aucune étude ne présentait de puissance statistique suffisante pour détecter des effets neurosensoriels indésirables à long terme. Par conséquent, et compte tenu du rapport risque/bénéfice des effets à court terme et de l'insuffisance des données de suivi à long terme, il semble approprié de réserver la corticothérapie modérément précoce aux nourrissons ne pouvant pas être sevrés de la ventilation mécanique, et de minimiser la dose et la durée du traitement. Des recherches supplémentaires sont nécessaires dans les meilleurs délais, y compris un suivi à long terme des survivants des essais précédents et des futurs essais, avant que les effets bénéfiques et les risques de la corticothérapie postnatale, y compris son initiation à 7-14 jours, ne puissent être évalués avec fiabilité (voir l'étude DART ; Doyle 2000a).

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Contexte: 

Les corticostéroïdes sont utilisés de manière tardive pendant la période néonatale pour traiter la maladie pulmonaire chronique (MPC) chez les bébés prématurés, et de manière précoce pour tenter de la prévenir. La MPC est probablement le résultat d'une inflammation persistante des poumons, et l'utilisation de puissants anti-inflammatoires tels que la dexaméthasone est parfois justifiée. L'administration précoce semble associée à une augmentation des effets indésirables, et l'administration modérément précoce (7-14 jours après la naissance) pourrait donc présenter le double avantage de limiter les effets secondaires et de prévenir l'établissement d'une inflammation chronique.

Objectifs: 

Déterminer si une corticothérapie postnatale modérément précoce (7-14 jours) par rapport à un contrôle (placebo ou absence de traitement) est efficace dans la prévention et/ou le traitement de la maladie pulmonaire chronique précoce chez le nouveau-né prématuré.

La stratégie de recherche documentaire: 

Des essais contrôlés randomisés portant sur une corticothérapie postnatale ont été recherchés dans l'Oxford Database of Perinatal Trials, la base de données Cochrane des essais contrôlés et MEDLINE (1966 - octobre 2002), une recherche manuelle a été effectuée dans des revues pédiatriques et périnatales, et les articles des précédentes revues ainsi que les informations transmises par des néonatologistes en exercice ont été examinés. Les auteurs de toutes les études ont été contactés, dans la mesure du possible, afin de confirmer les détails des études de suivi rapportées, ou d'obtenir des informations concernant le suivi à long terme lorsque celui-ci n'était pas documenté.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés portant sur une corticothérapie postnatale administrée 7-14 jours après la naissance chez des nouveau-nés prématurés à haut risque ont été sélectionnés dans cette revue.

Recueil et analyse des données: 

Les données relatives aux résultats cliniques, y compris la mortalité, la MPC (y compris la corticothérapie de secours tardive ou le recours à une oxygénothérapie à domicile), les décès ou la MPC, l'échec de l'extubation, les complications au cours de l'hospitalisation primaire (y compris les infections, l'hyperglycémie, l'hypertension, la myocardiopathie hypertrophique, le pneumothorax, l'hémorragie intraventriculaire (HIV) sévère, l'entérocolite nécrosante (ECN), le saignement gastro-intestinal et la rétinopathie du prématuré (RDP) sévère), ainsi que les critères de jugement à long terme (y compris la cécité, la surdité, la paralysie cérébrale et les troubles neurosensoriels majeurs) ont été résumés et analysés à l'aide de RevMan 4.1.

Résultats principaux: 

Sept études recrutant un total de 669 participants étaient éligibles dans cette revue. Une corticothérapie modérément précoce (par rapport à un placebo ou une absence de traitement) réduisait la mortalité dans les 28 jours, la maladie pulmonaire chronique à 28 jours et 36 semaines, et les décès ou la maladie pulmonaire chronique à 28 jours ou 36 semaines. Elle facilitait une extubation plus précoce. Aucun effet significatif n'était observé sur les taux de pneumothorax, de RDP sévère ou d'ECN. Les effets indésirables incluaient l'hypertension, l'hyperglycémie, le saignement gastro-intestinal, la myocardiopathie hypertrophique et l'infection. Les nourrissons sous stéroïdes étaient moins susceptibles de nécessiter un traitement de secours tardif à la dexaméthasone. Il existait des données limitées issues de quatre études concernant le suivi à long terme ; elles ne rapportaient aucune preuve d'augmentation des effets neurologiques indésirables.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.