Stéroïdes inhalés pour le traitement de la respiration sifflante virale épisodique chez l'enfant

Il convient de faire la distinction entre l'asthme et une respiration sifflante récurrente causée par une infection des voies respiratoires supérieures (IVRS) d'origine virale. La respiration sifflante épisodique récurrente se produit chez des enfants qui sont asymptomatiques entre les crises et doit être différenciée de la respiration sifflante persistante. Des corticoïdes sont utilisés pour soulager la respiration sifflante due à une infection virale. Cette revue des essais montre que des doses élevées de corticoïdes inhalés sont utiles dans le traitement de la respiration sifflante virale épisodique légère chez l'enfant. Aucune preuve ne permet de recommander l'utilisation de faibles doses de corticoïdes inhalés en traitement d'entretien pour la prévention ou la prise en charge de la respiration sifflante épisodique légère d'origine virale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

La prise épisodique de doses élevées de corticoïdes inhalés est une stratégie partiellement efficace pour le traitement de la respiration sifflante virale épisodique légère chez l'enfant. À ce jour, aucune preuve n'est favorable à la prise de corticoïdes inhalés à faible dose en traitement d'entretien pour la prévention et la prise en charge de la respiration sifflante épisodique légère d'origine virale.

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Contexte: 

La respiration sifflante épisodique récurrente associée à une infection des voies respiratoires supérieures (IVRS) d'origine virale est une maladie clinique spécifique distincte de l'asthme allergique persistant.

Objectifs: 

L'objectif de cette revue était de déterminer si la corticothérapie, administrée de manière épisodique ou quotidienne, était bénéfique chez les enfants atteints de respiration sifflante virale épisodique.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons consulté le registre des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires et les références bibliographiques des articles.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés (ECR) comparant une corticothérapie à un placebo chez des enfants de moins de 17 ans souffrant de « respiration sifflante virale épisodique », une respiration sifflante associée à des symptômes de coryza, avec peu ou pas de symptômes intercurrents au niveau des voies respiratoires inférieures.

Recueil et analyse des données: 

La qualité des essais a été évaluée par deux évaluateurs de manière indépendante. Les auteurs des essais ont été contactés afin d'obtenir des informations manquantes. Les études ont été divisées en deux groupes : traitement épisodique et traitement quotidien (entretien). Le critère de jugement principal était les crises exigeant la prise de corticoïdes oraux. Les critères de jugement secondaires étaient l'intensité, la fréquence et la durée des crises, et le traitement préféré par les parents.

Résultats principaux: 

Cinq essais contrôlés randomisés portant sur des enfants présentant des antécédents de respiration sifflante virale épisodique légère ont été identifiés. La plupart des enfants n'avaient auparavant nécessité que peu ou pas de corticoïdes oraux et n'avaient été hospitalisés que très rarement. Trois études portaient sur des enfants d'âge préscolaire recevant épisodiquement des doses élevées de corticoïdes inhalés (1,6 - 2,25 mg par jour) ; deux études utilisaient un plan en cross over et une étude présentait un plan en parallèle. Les deux études portant sur des corticoïdes d'entretien (400 microgrammes par jour) présentaient un plan d'étude en parallèle ; l'une portait sur des enfants d'âge préscolaire et l'autre sur des enfants âgés de 7 à 9 ans. Les résultats des deux études croisées examinant la prise épisodique de doses élevées de corticoïdes inhalés montraient une diminution du recours aux corticoïdes oraux (risque relatif (RR) = 0,53, IC à 95 % : 0,27 à 1,04). Dans ces deux études en double aveugle, les parents préféraient ce traitement au placebo (RR = 0,64, IC à 95 % : entre 0,48 et 0,87). Les corticoïdes inhalés à faible dose en traitement d'entretien n'entraînaient pas de réduction notable du nombre de crises exigeant le recours à des corticoïdes oraux par rapport au placebo (N = 2 essais, RR = 0,82, IC à 95 % : entre 0,23 et 2,90) ou exigeant une hospitalisation (N = 1 essai, RR = 0,21, IC à 95 % : 0,01 ; 4,11).

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.