La D-pénicillamine pour la prévention de la rétinopathie du prématuré chez les nouveau-nés prématurés

La rétinopathie du prématuré (RDP) est une maladie oculaire des nouveau-nés prématurés qui reste un problème grave. Le médicament, la D-pénicillamine, administrée par voie orale, est couramment utilisée pour traiter l'intoxication par le fer, le cuivre ou par d'autres métaux lourds. Dans les études de recherche concernant la D-pénicillamine utilisée pour un autre problème qu'ont les nouveau-nés prématurés (un taux élevé de bilirubine), il a été observé que les nourrissons traités avaient moins de RDP. Cependant, cette revue systématique n'a montré aucun effet bénéfique significatif de ce médicament pour les critères de jugement de la RDP, du décès ou du développement nerveux. Aussi l'utilisation de ce médicament ne peut pas être recommandée pour la prévention de la RDP, selon les preuves disponibles.

Conclusions des auteurs: 

L'administration prophylactique de la D-pénicillamine chez les nouveau-nés prématurés ne permet pas de prévenir la RDP aiguë ou sévère, le décès ou le retard de développement neurologique. La D-pénicillamine ne peut pas être recommandée pour la prévention de la RDP sur la base des preuves disponibles.

Lire le résumé complet...
Contexte: 

Le taux de la rétinopathie du prématuré (RDP), chez des nouveau-nés prématurés a diminué spectaculairement avec l'amélioration des soins en unité néonatale de soins intensifs. Un faible taux de cette affection a été de manière inattendue observé chez les nourrissons traités avec la D-pénicillamine par voie intraveineuse pour prévenir l'hyperbilirubinémie. Cette observation a conduit à l'étude de son utilisation, à la fois par voie entérale et par voie intraveineuse, pour prévenir la RDP.

Objectifs: 

Déterminer l'effet de l'administration prophylactique de la D-pénicillamine sur l'incidence de la RDP aiguë ou de la RDP sévère et d'autres morbidités chez les nouveau-nés prématurés.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons utilisé la stratégie de recherche du groupe thématique Cochrane sur la néonatologie. Deux auteurs de revue ont effectué des recherches dans plusieurs bases de données électroniques, ainsi que dans les revues précédentes, notamment les références croisées, les résumés, les actes des congrès/symposia, et des informations d'experts. Nous avons mis à jour la recherche le 27 novembre 2012.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés ou quasi-randomisés s'ils avaient administré de la D-pénicillamine et l'avaient comparé à l'absence de traitement ou à un placebo pour des nouveau-nés prématurés et s'ils avaient consigné des résultats concernant la RDP.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons utilisé les critères d'inclusion et les méthodes standard du Groupe thématique Cochrane sur la néonatologie pour évaluer la qualité méthodologique des essais inclus. Un auteur de la revue a examiné les essais quant à leur validité. Un deuxième auteur de la revue a contrôlé leur validité et les deux se sont mis d'accord sur les données finales avant leur admission dans cette revue. Nous avons utilisé les normes du groupe thématique Cochrane sur la néonatologie pour analyser les données.

Résultats principaux: 

Trois essais randomisés remplissaient les critères d'inclusion. La méta-analyse n'a montré aucune différence significative dans le risque quel que soit le stade de la RDP (risque relatif (RR) typique de 0,32, intervalle de confiance (IC) à 95% 0,03 à 3,70), de RDP sévère (RR typique de 0,38, IC à 95% 0,03 à 4,26) ou de décès (RR typique de 0,95, IC à 95% 0,68 à 1,32) pour l'ensemble des nourrissons traités. Lorsque le sous-groupe des nourrissons de moins de 1500 g de poids de naissance a été examiné, les résultats étaient similaires. Aucun effet secondaire n'a été rapporté, et un suivi à un an n'a révélé aucune différence significative de spasticité ou de retard de développement.

Notes de traduction: 
Tools
Information
Share/Save

Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.