Utilisation de suppléments oraux pour augmenter les apports caloriques des personnes atteintes de mucoviscidose

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Nous avons examiné les preuves sur l'utilisation de suppléments oraux pour augmenter l'apport calorique chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Contexte

La mucoviscidose affecte de nombreux organes, y compris le système digestif, et peut entraîner une mauvaise absorption des aliments, ce qui occasionne ensuite des problèmes de croissance. Les enfants atteints de mucoviscidose ont besoin de plus d'énergie que les autres enfants, mais ils ont souvent un faible appétit. Une mauvaise alimentation est liée à des résultats insuffisants de la mucoviscidose. Des laits ou des jus contenant des calories supplémentaires sont souvent ajoutés à l'alimentation des enfants atteints de mucoviscidose pour augmenter leur consommation calorique quotidienne totale et les aider à prendre du poids. Cependant, ces suppléments sont coûteux et peuvent ne pas avoir l'effet désiré si les patients les prennent comme un substitut pour les calories provenant des aliments plutôt que comme un complément supplémentaire. Chez les tout-petits ou les jeunes enfants, l'utilisation de suppléments peut risquer de compromettre le développement d'un comportement alimentaire normal.

Date de recherche

Nous avons effectué la dernière recherche de preuves le 3 juillet 2014.

Caractéristiques des études

Cette revue comprend trois essais contrôlés randomisés avec un total de 131 volontaires, dont deux ne portaient que sur des enfants. Deux essais comparaient les suppléments à des conseils diététiques et un, à l'absence de conseil. Les essais ont duré entre trois mois et un an.

Principaux résultats

Il n'y avait aucune différence majeure entre les personnes prenant des suppléments ou suivant uniquement des conseils diététiques au niveau des mesures nutritionnelles ou de croissance. Il en était de même pour les mesures de la composition corporelle, de la fonction pulmonaire, des effets indésirables sur le système digestif ou des niveaux d'activité des personnes. Des conseils et une surveillance semblent suffire pour prendre en charge le régime alimentaire d'enfants souffrant de malnutrition modérée.

Les essais futures devraient examiner l'administration de suppléments caloriques dans les cas de perte pondérale aiguë ou dans le cadre des soins à long terme des adultes atteints de mucoviscidose.

Qualité des preuves

Un des essais semblait bien réalisé et le risque de biais était faible pour tous les aspects de la conception de l'essai que nous avons évalués ; donc nous ne pensons pas qu'un biais puisse influencer les résultats d'une manière négative. Dans les deux autres essais, nous ne savions pas si les personnes participant à l'essai pouvaient deviner dans quel groupe de traitement elles étaient. Dans l'un de ces deux essais, nous avons également pensé qu'il était probable que la personne en charge de recruter les participants savait dans quel groupe ils seraient. Dans le second de ces essais, les volontaires dans le groupe recevant des suppléments semblaient être généralement en meilleure condition clinique au début de l'essai que ceux qui n'ont reçu ni suppléments ni conseils. Ces facteurs affectent notre confiance dans les résultats de ces essais.

Conclusions des auteurs: 

Les suppléments caloriques oraux ne fournissent aucun effet bénéfique supplémentaire dans la prise en charge nutritionnelle d'enfants atteints de mucoviscidose et souffrant de malnutrition modérée, en sus des conseils diététiques et de la surveillance seuls. Bien que le recours à des suppléments nutritionnels soit possible, ils ne doivent pas être considérés comme étant essentiels. D'autres essais contrôlés randomisés devront être réalisés afin de déterminer le rôle des suppléments énergétiques protéiques oraux à court terme chez les personnes atteintes de mucoviscidose et présentant une perte de poids aiguë, mais aussi pour la prise en charge nutritionnelle à long terme des adultes atteints de mucoviscidose et/ou d'une maladie pulmonaire avancée.

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Contexte: 

Une mauvaise alimentation est courante chez les personnes atteintes de mucoviscidose et liée à d'autres résultats indésirables. Les suppléments caloriques oraux permettent d'augmenter les apports quotidiens totaux en calories et facilitent la prise de poids. Toutefois, leurs prix sont élevés et le fait qu'ils pourraient limiter la quantité d'aliments consommés sans améliorer les apports énergétiques totaux est source d'inquiétudes.

Objectifs: 

Déterminer si, chez les personnes atteintes de mucoviscidose, les suppléments caloriques oraux augmentent les apports caloriques quotidiens et améliorent les apports nutritionnels globaux, les indices nutritionnels, la fonction pulmonaire, la survie et la qualité de vie. Évaluer les effets indésirables liés à l'administration de ces suppléments.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais du groupe Cochrane sur la mucoviscidose qui contient des références bibliographiques identifiées lors de recherches exhaustives dans des bases de données électroniques, ainsi que des recherches manuelles dans des journaux et des résumés d'actes de conférence pertinents. Nous avons contacté les laboratoires pharmaceutiques commercialisant ces suppléments caloriques oraux.

Dernière recherche : 3 juillet 2014.

Critères de sélection: 

Essais contrôlés randomisés ou quasi randomisés comparant l'administration de suppléments caloriques oraux, pendant une durée d'au moins un mois afin d'augmenter les apports caloriques, à l'absence d'intervention spécifique ou à des conseils nutritionnels complémentaires chez les personnes atteintes de mucoviscidose.

Recueil et analyse des données: 

Nous avons indépendamment sélectionné les essais inclus, évalué les risques de biais et extrait des données. Nous avons contacté les auteurs des essais inclus et obtenu des informations supplémentaires concernant deux essais.

Résultats principaux: 

Nous avons identifié 21 essais et inclus trois d'entre eux qui rapportaient des résultats issus de 131 participants et avaient duré de trois mois à un an. Deux essais comparaient les suppléments à des conseils nutritionnels supplémentaires et un, à l'absence d'intervention. Deux des essais inclus n'avaient recruté que des enfants. Dans un essai, le risque de biais était faible dans tous les domaines, dans le second, il était largement imprécis et dans le troisième, essentiellement faible. La mise en aveugle des participants n'était pas claire dans deux des essais. En outre, dans un essai, l'état clinique des groupes semblait déséquilibré au départ et dans un autre, il y avait des préoccupations entourant la dissimulation de la répartition. Il n'y avait aucune différence significative entre les personnes prenant des suppléments ou suivant uniquement des conseils diététiques au niveau d'un changement de poids, de taille, de l'indice de masse corporelle, du score Z ou d'autres indices de nutrition ou de croissance. Les changements de poids (kg) à trois, six et douze mois indiquaient respectivement : DM 0,32 (IC à 95 % -0,09 à 0,72) ; DM 0,47 (IC à 95 % -0,07 à 1,02) et DM 0,16 (-0,68 à 1,00). Les apports totaux en calories étaient supérieurs chez les personnes prenant des suppléments à 12 mois, DM 265,70 (IC à 95 % 42,94 à 488,46). Il n'y avait aucune différence significative entre les groupes concernant les mesures anthropométriques de la composition corporelle, de la fonction pulmonaire, des effets indésirables gastro-intestinaux ou des niveaux d'activité.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.