Surfactant d'origine animale par rapport à des préparations de surfactant synthétique sans protéines chez les nouveau-nés prématurés qui sont atteint d'un syndrome de détresse respiratoire ou sont à risque élevé d'en développer un

Question de la revue : L'utilisation de préparations de surfactant d'origine animale par rapport à des préparations de surfactant synthétique ne contenant pas de protéines conduit-elle à une amélioration des résultats chez les nourrissons présentant un risque de syndrome de détresse respiratoire ou atteints de ce syndrome ?

Contexte : le surfactant pulmonaire est une substance qui prévient l'affaissement des alvéoles des poumons en réduisant la tension superficielle. Les nouveau-nés atteints de syndrome de détresse respiratoire (SDR) présentent des poumons immatures et manquent souvent de surfactant pulmonaire. Des préparations de surfactant disponibles dans le commerce (soit des préparations de surfactant d'origine animale soit des préparations de surfactant synthétique qui peuvent ou non contenir des protéines) peuvent être administrées à ces bébés et il a été démontré qu'elles peuvent réduire la gravité de SDR et augmenter le taux de survie de bébés atteints du syndrome. Cependant, il est difficile de savoir si des différences significatives en termes de résultats cliniques existent entre les préparations disponibles de surfactant d'origine animale ou de surfactant synthétique sans protéines.

Caractéristiques de l'étude : quinze essais contrôlés randomisés ont rempli nos critères d'inclusion.

Résultats : cette revue d'essais a comparé des extraits de surfactant d'origine animale avec des surfactants synthétiques sans protéines et a constaté une réduction du risque de pneumothorax (air dans la cavité pulmonaire) et de décès chez les bébés recevant des extraits de surfactant d'origine animale.

Quelques preuves suggèrent que les extraits de surfactant d'origine animale conduisent à de meilleurs résultats chez les bébés présentant un syndrome de détresse respiratoire que des surfactants synthétiques qui ne contiennent pas de protéines.

Conclusions des auteurs: 

Les extraits de surfactant d'origine animale et ceux de surfactant synthétique sans protéines sont efficaces dans le traitement et la prévention du syndrome de détresse respiratoire. Les essais comparatifs démontrent une plus grande amélioration précoce dans le recours à une assistance ventilatoire, moins de pneumothorax, et moins de décès associés aux traitements à base d'extraits de surfactant d'origine animale. Les surfactants d'origine animale pourraient être associés à une augmentation de l'entérocolite nécrosante et de l'hémorragie intraventriculaire, mais pas à l'augmentation des hémorragies les plus graves (de niveau 3 et 4). Malgré ces inquiétudes, les extraits de surfactant d'origine animale semblent être plus souhaitables par rapport aux surfactants synthétiques sans protéines actuellement disponibles.

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Contexte: 

Un large éventail de préparations de surfactant ont été développées et testées, y compris des surfactants synthétiques et des surfactants d'origine animale. Bien que des essais cliniques aient démontré que les deux préparations de surfactant (synthétiques et d'origine animale) sont efficaces, la comparaison dans les études sur animaux a indiqué que les surfactants d'origine animale pourraient être plus efficaces, peut-être en raison de leur contenu protéique.

Objectifs: 

Comparer l'effet du surfactant d'origine animale à celui de préparations de surfactant synthétique sans protéines chez les nouveau-nés prématurés présentant un risque de syndrome de détresse respiratoire (SDR) ou atteints de ce syndrome.

La stratégie de recherche documentaire: 

Les recherches ont été mises à jour dans le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) dans la Bibliothèque Cochrane(2014), PubMed, CINAHL et EMBASE (de 1975 à novembre 2014). Toutes les langues ont été incluses.

Critères de sélection: 

Les essais contrôlés randomisés comparant l'administration de surfactants synthétiques sans protéines à l'administration d'extraits de surfactants d'origine animale chez les nouveau-nés prématurés présentant un risque de syndrome de détresse respiratoire ou atteint du syndrome ont été pris en compte pour cette revue.

Recueil et analyse des données: 

La collecte et l'analyse des données ont été effectuées selon les normes du groupe de revue Cochrane sur la néonatologie.

Résultats principaux: 

Quinze essais remplissaient les critères d'inclusion. La méta-analyse a montré que l'utilisation d'un surfactant d'origine animale plutôt qu'un surfactant synthétique sans protéines entraînait une réduction significative du risque de pneumothorax [risque relatif (RR) typique de 0,65, IC à 95 % 0,55 à 0,77 ; différence de risques typique (DR) de -0,04, IC à 95 % -0,06 à -0,02 ; nombre de sujets à traiter pour observer un bénéfice (NSTb) 25 ; 11 études, 5356 nourrissons] et une légère réduction du risque de mortalité (RR typique de 0,89, IC à 95 % 0,79 à 0,99 ; DR typique de -0,02, IC à 95 % -0,04 à -0,00 ; NSTb 50 ; 13 études, 5413 nourrissons).

Les surfactants d'origine animale ont été associés à une augmentation du risque d'entérocolite nécrosante [RR typique de 1,38, IC à 95 % 1,08 à 1,76 ; DR typique de 0,02, IC à 95 % 0,01 à 0,04 ; nombre de patients à traiter pour observer un effet indésirable du traitement (NNN) 50 ; 8 études, 3462 nourrissons] et une augmentation marginale dans le risque d'hémorragie intraventriculaire de tout grade (RR typique de 1,07, IC à 95 % 0,99 à 1,15 ; DR typique de 0,02, IC à 95 % 0,00 à 0,05 ; 10 études, 5045 nourrissons), mais aucune augmentation d'hémorragie intraventriculaire de niveau 3 à 4 (RR typique de 1,08, IC à 95 % 0,91 à 1,27 ; DR typique de 0,01, IC à 95 % -0,01 à 0,03 ; 9 études, 4241 nourrissons).

Les méta-analyses ont montré l'existence d'une légère réduction du risque de dysplasie broncho-pulmonaire ou de mortalité associée à l'utilisation de préparations de surfactant d'origine animale (RR typique de 0,95, IC à 95 % 0,91 à 1,00 ; DR typique de -0,03, IC à 95 % -0,06 à 0,00 ; 6 études, 3811 nourrissons). Aucune autre différence pertinente dans les critères de jugement n'a été notée.

Notes de traduction: 

Post-édition : Mickaël Mergirie (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.