L'ergothérapie pour la schizophrénie offerte par les ergothérapeutes comparativement à des non-ergothérapeutes

Question de la revue

Existe-t-il des données probantes de bonne qualité selon lesquelles l'ergothérapie pour les personnes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie est plus efficace si elle est fournie par des ergothérapeutes formés plutôt que par quiconque ?

Contexte

La schizophrénie est un trouble de santé mentale grave qui se manifeste par un éventail de symptômes, notamment l'ouïe, des croyances insolites, la paranoïa, la désorganisation de la pensée ou du discours et la perte de motivation. En plus des traitements médicaux que reçoivent les personnes atteintes de schizophrénie, les services qui soutiennent ces personnes offrent souvent d'autres thérapies, comme l'ergothérapie. L'ergothérapie vise à améliorer le fonctionnement et la capacité des personnes atteintes de schizophrénie à participer à des activités constructives plutôt que de se concentrer sur la réduction des symptômes. L'ergothérapie peut être dispensée par des professionnels spécialisés formés comme ergothérapeutes. Cependant, une thérapie similaire peut être fournie par d'autres personnes qui ne sont pas des ergothérapeutes formés (p. ex. médecins, infirmières, autres professionnels paramédicaux ou personnel de soutien). Nous voulions savoir s'il y avait des différences entre l'efficacité de l'ergothérapie offerte par les ergothérapeutes et celle d'une thérapie similaire offerte par des personnes qui n'ont pas reçu de formation en ergothérapie.

Recherche de preuves

Le 26 juillet 2018, nous avons effectué une recherche électronique dans le registre spécialisé des essais cliniques du Cochrane Schizophrenia Group, dans lequel les personnes atteintes de schizophrénie ont été choisies au hasard pour recevoir une ergothérapie fournie par un ergothérapeute ou par une autre personne.

Eléments de preuve découverts

Notre recherche dans la base de données nous a permis d'identifier 1 633 documents potentiellement pertinents, dont nous avons sélectionné 17 articles en texte intégral pour les examiner de plus près. Nous n'avons pu inclure aucune de ces études dans la revue et nous en avons exclu 14 au total.

Conclusions

A l'heure actuelle, il n'existe aucune preuve provenant d'essais contrôlés randomisés permettant de juger si l'ergothérapie pour les personnes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie est plus efficace si elle est fournie par des ergothérapeutes qualifiés que par toute autre personne. Des recherches sont nécessaires pour répondre à cette question et pour aider les prestataires de services à planifier les services futurs qui comprennent l'ergothérapie pour les personnes ayant reçu un diagnostic de schizophrénie.

Conclusions des auteurs: 

A l'heure actuelle, il n'existe pas d'essais contrôlés randomisés comparant la prestation d'ergothérapie aux personnes atteintes de schizophrénie par des ergothérapeutes avec la prestation d'interventions similaires par toute autre personne que les ergothérapeutes. Des recherches utilisant des modèles d'essai méthodologiquement robustes sont nécessaires pour établir s'il y a de meilleurs résultats pour les personnes schizophrènes ayant reçu l’ergothérapie par des ergothérapeutes formés.

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Contexte: 

La schizophrénie est une maladie mentale grave qui se caractérise par des symptômes positifs, tels que des hallucinations et des délires; des symptômes négatifs, tels que l'aplatissement de l'affect, des troubles de la pensée (troubles du langage) et un manque de motivation ; et des symptômes cognitifs, tels que des problèmes de mémoire et d'attention. La schizophrénie peut survenir comme un épisode isolé ou comme un cycle récurrent de rémission et de rechute, et elle est associée à une déficience du fonctionnement psychosocial et professionnel.

Bien que les antipsychotiques soient le principal traitement des personnes atteintes de schizophrénie, dans la plupart des pays, les services de santé mentale offrent habituellement une gamme d'interventions complémentaires, dont l'ergothérapie. Il s'agit d'une intervention complexe conçue pour soutenir et permettre une participation continue à la vie quotidienne par le biais d'activités et d'occupations utiles pour l'individu. Les ergothérapeutes sont des professionnels formés pour offrir des services d'ergothérapie qui mettent l'accent sur l'amélioration de la fonction et de la participation professionnelles plutôt que sur le traitement des symptômes, et utilisent une vaste gamme de méthodes fondées sur les besoins des personnes. Toutefois, des interventions similaires peuvent également être effectuées par du personnel non formé en ergothérapie.

Objectifs: 

Examiner les effets de l'ergothérapie offerte par les ergothérapeutes comparativement à l'ergothérapie offerte par toute autre personne pour les personnes atteintes de schizophrénie.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons fait des recherches dans le Registre des essais cliniques (y compris les registres d'essais cliniques) du Cochrane Schizophrenia Group, le 4 novembre 2016 et le 26 juillet 2018.

Critères de sélection: 

Tous les essais contrôlés randomisés évaluant les résultats fonctionnels ou cliniques de l'ergothérapie, ou les deux, pour les personnes atteintes de schizophrénie, administrés par des ergothérapeutes, comparativement à l'ergothérapie pour les personnes atteintes de schizophrénie administrée par toute autre personne que les ergothérapeutes.

Recueil et analyse des données: 

Les auteurs de la revue ont inspecté de façon indépendante les citations, sélectionné les études, extrait les données et évalué la qualité des études.

Résultats principaux: 

La recherche a donné 1633 citations. De ce nombre, nous avons récupéré 17 rapports en texte intégral (14 études) aux fins d'un examen plus approfondi, que nous avons ensuite exclus parce qu'ils ne répondaient pas à nos critères d'inclusion.

Notes de traduction: 

Traduction révisée par Aïda Bafeta pour Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.