Interventions pour le soulagement de la douleur peropératoire pendant la mini-laparotomie post-partum pour ligature des trompes

Problématique de la revue

Le but de cette revue était de comparer les interventions pour le soulagement de la douleur peropératoire avec d'autres interventions ou en l’absence intervention, pendant la mini-laparotomie (petite incision chirurgicale à travers la paroi abdominale) pour ligature des trompes (trompes du fond utérin ouvertes par un pavillon autour des ovaires) après la naissance.

Contexte

La ligature des trompes est une forme permanente de contraception au cours de laquelle les trompes utérines d'une femme sont coupées ou obstruées chirurgicalement pour prévenir une grossesse ultérieure. Cette chirurgie peut se faire par mini-laparotomie. Il existe différentes méthodes utilisées pour soulager la douleur lors d'une mini-laparotomie de ligature des trompes. Certaines méthodes de soulagement de la douleur comprennent l'injection d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (une classe de médicaments pouvant réduire la douleur et la fièvre), d'opioïdes (une classe de médicaments dont la structure est liée à celle de l'opium) ou de lidocaïne (un médicament utilisé pour anesthésier les tissus dans une zone spécifique) dans la cavité abdominale.

Caractéristiques des études

Nous avons inclus trois essais contrôlés randomisés portant sur un total de 230 femmes. Ces études ont comparé la lidocaïne instillée dans la cavité abdominale à un placebo ou à d'autres traitements, comme l'injection de morphine (également appelée opioïde) dans le muscle, ou une combinaison de lidocaïne et de morphine. Toutes les études ont eu lieu en Thaïlande. Les preuves décrites ici proviennent d'études publiées avant le 31 juillet 2017.

Résultats principaux

Le fait d’instiller de la lidocaïne dans la cavité abdominale avant de lier les trompes pendant une mini-laparotomie pour ligature du postpartum immédiat peut offrir un meilleur contrôle de la douleur qu'un placebo ou une injection de morphine, bien que les preuves concernant les effets indésirables ne soient pas claires. Les femmes qui ont reçu une combinaison d'injection de morphine et de lidocaïne instillée dans la cavité abdominale n'ont pas montré de différence claire dans la douleur avec celles qui ont reçu la lidocaïne seule. Une injection de morphine dans le muscle seul n'a pas réduit la douleur plus qu'un placebo.

Qualité des preuves
La certitude des données probantes concernant l'efficacité de ces interventions était faible en raison du risque de biais et de l'imprécision des résultats. La certitude des preuves concernant la sécurité des interventions était très faible en raison du risque de biais et d'imprécision.

Conclusions des auteurs: 

Une instillation intrapéritonéale de lidocaïne avant le geste chirurgical de ligature pendant la ligature des trompes par mini-laparotomie post-partum peut offrir un meilleur contrôle de la douleur intrapéritonéale, mais les preuves concernant les effets indésirables sont incertaines. Nous n'avons trouvé aucune différence claire dans la douleur intrapéritonéale entre les femmes qui ont reçu une combinaison d'une injection de morphine et d'une instillation intrapéritonéale de lidocaïne et celles qui ont reçu une instillation intrapéritonéale de lidocaïne seule. Ces résultats doivent être interprétés avec prudence, car les données probantes étaient dans l'ensemble peu ou très peu fiables.

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Contexte: 

La ligature des trompes de mini-laparotomie post-partum (en anglais : postpartum mini-laparotomy tubal ligation, PPTL) est une méthode contraceptive qui fonctionne en interrompant la perméabilité des trompes de Fallope. Plusieurs méthodes sont utilisées pour soulager la douleur peropératoire, comme l'administration systémique d'opioïdes ou l'instillation intrapéritonéale de lidocaïne.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité et les effets indésirables associés aux interventions de soulagement de la douleur chez les femmes qui subissent une PPTL.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons recherché les études admissibles publiées au plus tard le 31 juillet 2017 dans le Registre des études en ligne du Centre, MEDLINE, Embase, PsycINFO, et CINAHL. Nous avons examiné des articles de synthèse et fait des recherches dans les registres des essais cliniques en cours, les listes de citations des études incluses, les principaux manuels scolaires, la littérature grise et les revues systématiques antérieures d'études potentiellement pertinentes.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais cliniques comparatifs et randomisés (ECR) qui comparaient les mesures périopératoires de soulagement de la douleur pendant la PPTL.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs ont évalué de façon indépendante les titres, les résumés et les articles en texte intégral d'études potentiellement pertinentes pour inclusion. Nous avons extrait les données des études incluses, évalué le risque de biais et calculé et comparé les résultats. Les divergences ont été résolues par la discussion ou par la consultation d'un troisième auteur de la revue. Nous avons calculé le ratio de risque (RR) de variance inverse avec un intervalle de confiance (IC) de 95 % pour les résultats binaires et la différence moyenne (DM) avec un IC de 95 % pour les variables continues.

Résultats principaux: 

Nous n'avons trouvé que trois ECR, auxquels ont participé 230 femmes post-partum. La plupart de nos analyses étaient fondées sur un nombre relativement restreint de patients et d'études. Dans l'ensemble, la certitude des données probantes concernant l'efficacité des interventions était faible, en raison du risque de biais et d'imprécision. Nous avons trouvé très peu d'éléments probants quant à l’innocuité des interventions en raison du risque de biais et d'imprécision. Dans deux études, le risque de biais de sélection n'était pas clair. Une étude présentait un risque incertain de biais et un risque élevé d'autres biais associés au protocole de l'étude.

Les femmes qui ont reçu une instillation intrapéritonéale de lidocaïne ont éprouvé une douleur intrapéritonéale moins intense que celles qui ont reçu un placebo (DM regroupée -3,34, IC à 95 % -4,19 à -2,49, trois études, 190 participants, données peu certaines) ou une injection intramusculaire de morphine (DM -4,8, IC à 95 % -6,43 à -3,17, une étude, 40 participants, données peu certaines). Nous n'avons trouvé aucune différence claire dans la douleur intrapéritonéale entre les femmes qui avaient reçu une injection intramusculaire de morphine ajoutée à une instillation intrapéritonéale de lidocaïne et celles qui avaient reçu une instillation intrapéritonéale de lidocaïne seule (DM -0,40, IC à 95 % - 1,52 à 0,72, une étude, 40 participantes, données de faible certitude). Une injection intramusculaire de morphine seule n'a pas été efficace pour soulager la douleur intrapéritonéale comparativement au placebo (DM 0,50, IC à 95 % - 1,33 à 2,33, une étude, 40 femmes, données peu fiables). Aucune des études n'a fait état d'effets indésirables graves, mais les données probantes étaient très peu certaines. L'instillation intrapéritonéale de lidocaïne peut réduire le nombre de femmes nécessitant un antalgique supplémentaire comparativement au placebo (RR 0,27, IC à 95 %, 0,17 à 0,44, trois études, 190 femmes, données peu fiables).

Notes de traduction: 

Post-édition effectuée par Anne-Sophie Ducloy-Bouthor et Cochrane France. Une erreur de traduction ou dans le texte d'origine ? Merci d'adresser vos commentaires à : traduction@cochrane.fr

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.