L'utilisation d'oxygène pendant les activités physiques pour les personnes souffrant de troubles de la fibrose pulmonaire

Question de la revue

L'oxygène devrait-il être utilisé pour les personnes souffrant de troubles de la fibrose pulmonaire, connue sous le nom de maladie pulmonaire interstitielle (MPI), dont les niveaux d'oxygène baissent lors de l'exercice ?

Contexte

De nombreux patients atteints de MPI présentent une baisse des niveaux d'oxygène lorsqu'ils exercent une activité physique. Ceci est du à leur fibrose pulmonaire. Afin de prévenir cette baisse, de l'oxygène peut être uniquement administré lorsque les personnes se déplacent. C'est ce que l'on appelle l'oxygène ambulatoire. Cela peut permettre d'améliorer les symptômes de l'essoufflement et la capacité d'exercice. Il pourrait également améliorer leur qualité de vie. Cette revue Cochrane a examiné les preuves d'un quelconque effet de l'oxygène ambulatoire sur la capacité d'exercice, l'essoufflement et la qualité de vie. Les chercheurs de Cochrane ont recherché les études disponibles jusqu'au 4 mai 2016.

Caractéristiques de l'étude et principaux résultats

Nous avons seulement inclus trois études qui comprenaient un total de 98 participants atteints de MPI. Les trois études comparaient les effets de l'oxygène et de l'air chez tous les participants pendant qu'ils faisaient un test d'exercice physique. Ils ne savaient pas quel traitement leur était administré. Deux études n'ont montré aucun effet utile sur la capacité d'exercice ou sur les symptômes de l'essoufflement. Une étude a montré que les participants pouvaient faire de l'exercice plus longtemps avec de l'oxygène. Aucune de ces études n'a examiné l'effet de l'oxygène sur la qualité de vie, la survie, le coût du traitement de l'oxygène ou ses effets sur les hospitalisations. Aucun événement indésirable n'a été signalé dans ces études.

Nous avons également recherché des études portant sur l'oxygène administré après l'exercice chez les patients atteints de MPI (« oxygène au coup par coup »), mais nous n'en avons trouvé aucune.

Qualité des preuves

Il y avait des problèmes avec la manière dont ces études ont été réalisées. Les études incluses étaient de petites études. De plus, dans deux études il n'avait pas été assuré que la quantité d'oxygène administrée était suffisante pour prévenir une baisse des niveaux d'oxygène lorsque les participants faisaient de l'exercice. Cela pourrait signifier qu'ils n'ont pas reçu suffisamment d'oxygène. La qualité générale des preuves dans cette revue était faible.

Conclusions

Ces études ne nous permettent pas d'indiquer si l'oxygène ambulatoire est utile ou non chez les patients atteints de MPI. Des recherches supplémentaires examinant l'effet de l'oxygène ambulatoire pendant l'exercice, sur l'essoufflement ainsi que sur la qualité de vie des patients atteints de MPI sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

Cette revue n'a trouvé aucune preuve pour étayer ou réfuter l'utilisation de l'oxygène ambulatoire ou au coup par coup pour la MPI en raison du nombre limité d'études incluses et de données. D'autres recherches sont nécessaires pour étudier le rôle de ce traitement.

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Contexte: 

Une grand sous-groupe de patients atteints de maladie pulmonaire interstitielle (MPI) sont normoxiques au repos, mais désaturent rapidement lorsqu'ils font de l'exercice. Cela peut limiter la capacité d'exercice et aggraver la dyspnée. L'utilisation de l'oxygène ambulatoire et au coup par coup en déplacement ou pendant les autres activités, pourrait améliorer la capacité d'exercice et soulager la dyspnée.

Objectifs: 

Déterminer les effets de l'oxygénothérapie ambulatoire et au coup par coup, séparément, sur la capacité d'exercice, la dyspnée et la qualité de vie chez les personnes souffrant d'une maladie pulmonaire interstitielle (MPI), en particulier celles atteintes de fibrose pulmonaire idiopathique (FPI).

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans le registre spécialisé du groupe Cochrane sur les voies respiratoires (tous les ans jusqu'à mai 2016), le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (tous les ans jusqu'à mai 2016), MEDLINE (Ovid) (de 1950 au 4 mai 2016) et EMBASE (Ovid) (de 1974 au 4 mai 2016). Nous avons également effectué des recherches dans les références bibliographiques des études pertinentes, des registres d'essais cliniques internationaux et des résumés de conférences respiratoires pour trouver des études.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus les essais contrôlés randomisés (ECR) ou quasi-ECR qui comparaient l'oxygène ambulatoire ou au coup par coup à un groupe témoin chez des patients atteints de MPI de toute origine.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment sélectionné les études à inclure dans la revue et ont évalué le risque de biais de celles-ci. Nous avons extrait les données issues des études incluses à l'aide d'une liste de vérification préparée comportant les caractéristiques des études et les résultats. Nous avons utilisé les critères GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation) pour évaluer la qualité des études incluses.

Résultats principaux: 

Trois études (incluant 98 participants atteints de FPI) remplissaient les critères d'inclusion de cette revue. Ces études ont été réalisées dans des laboratoires de physiologie respiratoire à l'hôpital. Deux études n'ont démontré aucun effet bénéfique de l'oxygène supplémentaire sur la capacité d'exercice ou sur la dyspnée provoquée par l'exercice. Aucune de ces études n'a titré les besoins en oxygène pour prévenir la désaturation induite par l'effort en cours. Une étude a montré une augmentation de la capacité d'exercice, telle qu'évaluée par le temps d'endurance, avec de l'oxygène supplémentaire. Nous n'avons identifié aucune étude examinant l'effet de l'oxygène ambulatoire sur la qualité de vie liée à la santé, la survie, les coûts ou le délai jusqu'à l'exacerbation ou l'hospitalisation. Aucune étude ne rapportait d'effets indésirables. La qualité des preuves pour ces trois études, telle qu'évaluée par les critères du GRADE, était faible.

Notes de traduction: 

Post-édition : Mélanie Houdet (M2 ILTS, Université Paris Diderot)

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.