Quelle est la meilleure manière d'aider les personnes souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique à arrêter de fumer ?

Question de la revue

Nous voulions déterminer la meilleure manière d'aider les personnes souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) à arrêter de fumer.

Contexte

Le sevrage tabagique est le traitement le plus important pour les fumeurs atteints de BPCO. Les traitements permettant d'aider ce groupe de personnes à arrêter de fumer comportent le soutien comportemental (tel que les entretiens motivationnels) et les médicaments (tels que la thérapie de substitution nicotinique). Bien qu'il existe un panel de littérature portant sur ce qui fonctionne pour les fumeurs « sains », ce qui est le plus efficace pour les fumeurs atteints de BPCO mérite d'être développé.

Caractéristiques de l'étude

Nous avons recherché des études portant sur des hommes et des femmes adultes actuellement fumeurs présentant un diagnostic de BPCO. Nous avons ensuite inclus les études qui évaluaient l'efficacité d'un soutien comportemental, de médicaments, ou les approches combinées de ces deux traitements et dont l'objectif était d'aider à arrêter de fumer. Nous avons inclus des études ayant comparé différents types de traitements et celles qui comparaient un traitement ayant pour objectif d'arrêter de fumer à l'absence de traitement ou aux « soins habituels ». Nous avons uniquement inclus les études ayant indiqué le nombre de personnes ayant arrêté de fumer après un suivi d'au moins six mois. Enfin, notre plus récente recherche d'études date de mars 2016.

Résultats principaux

Parmi les 16 études incluses (comprenant 13 123 participants au total), nous avons trouvé des preuves de qualité élevée dans quatre de celles-ci (1540 participants). Dans l'ensemble, nous avons trouvé des preuves indiquant que les fumeurs atteints de BPCO qui reçoivent une combinaison de soutien comportemental intensif et de médicaments sont deux fois plus susceptibles d'arrêter de fumer que les personnes qui reçoivent uniquement un soutien comportemental. Aussi, nous n'avons pas trouvé de preuves indiquant une supériorité évidente du soutien comportemental ou de l'approche médicamenteuse. Enfin, il reste difficile de définir si les fumeurs atteints de BPCO sont différents des fumeurs n'étant pas atteints de BPCO par rapport aux traitements les plus efficaces pour les aider à arrêter de fumer.

Qualité des preuves

Nous sommes assez confiants par rapport à notre conclusion selon laquelle la combinaison d'un soutien comportemental et de médicaments fonctionne mieux qu'un soutien comportemental seulement. Cependant, nous n'avons pas été en mesure de combiner les résultats de nombreuses études incluses parce que les traitements ou les résultats de celles-ci étaient trop différents les uns des autres.

Conclusions des auteurs: 

Dans une méta-analyse incluant quatre (1540 participants) des 16 études incluses, nous avons trouvé des preuves de haute qualité qui indiquaient que la combinaison d'un traitement comportemental et d'une pharmacothérapie est efficace pour aider les fumeurs atteints de BPCO à arrêter de fumer. Enfin, nous avons conclu qu'il n'existe aucune preuve convaincante pour favoriser une approche particulière de traitement comportemental ou pharmacologique.

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Contexte: 

Le sevrage tabagique est le traitement le plus important pour les fumeurs atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), mais on connait très peu l'efficacité des différentes interventions de sevrage tabagique pour ce groupe de fumeurs.

Objectifs: 

Évaluer l'efficacité des interventions comportementales, pharmacologiques ou mixtes ayant pour objectif le sevrage tabagique chez les fumeurs atteints de BPCO.

La stratégie de recherche documentaire: 

Nous avons effectué des recherches dans toutes les entrées du registre spécialisé des essais du groupe Cochrane sur les voies respiratoires. En plus de cette recherche électronique, nous avons effectué des recherches dans des registres d'essais cliniques regroupant les essais planifiés, en cours et non publiés. Nous avons ensuite effectué des recherches dans toutes les bases de données depuis leur date de création. Nous avons examiné les références bibliographiques de toutes les études incluses et d'autres revues systématiques pertinentes par rapport au sujet sélectionné. Enfin, nous avons recherché des corrections ou rétractions des essais éligibles sur PubMed. Nous avons réalisé notre recherche la plus récente en mars 2016.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus des essais contrôlés randomisés évaluant l'efficacité de tout traitement pharmacologique, comportemental, ou mixte, chez les fumeurs souffrant de BPCO et indiquant après au moins six mois de suivi les taux d'abstinence.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment extrait les données et effectué une évaluation de la qualité méthodologique de chaque étude. Nous avons résolu les désaccords par consensus.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus 16 études (portant sur 13 123 participants) dans cette revue systématique, dont deux étaient de haute qualité. Ces deux études ont montré que les comprimés sublinguaux de nicotine et la varénicline ont augmenté le taux de sevrage par rapport au placebo (risque relatif (RR) 2,60 (intervalle de confiance (IC) à 95 % de 1,29 à 5,24) et RR 3,34 (IC à 95 % de 1,88 à 5,92)). Les résultats combinés de deux autres études ont également montré un effet positif du bupropion par rapport au placebo (RR 2,03 (IC à 95 % de 1,26 à 3,28)). Après mise en commun des résultats de ces quatre études, nous avons obtenu des preuves de haute qualité concernant l'efficacité de la pharmacothérapie associée à une thérapie comportementale intensive par rapport à un placebo associé à une thérapie comportementale intensive (RR 2,53 (IC à 95 % de 1,83 à 3,50)). En outre, nous avons trouvé des preuves indiquant que le traitement comportemental intensif augmentait les taux d'abstinence par comparaison avec les soins habituels (RR 25,38 (IC à 95 % de 8,03 à 80,22)) ou un traitement comportemental de faible intensité (RR 2,18 (IC à 95 % de 1,05 à 4,49)). Enfin, les résultats ont montré l'efficacité de différentes combinaisons d'interventions psychosociales et pharmacologiques.

Notes de traduction: 

Traduction réalisée par Martin Vuillème et révisée par Cochrane France

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.