Suture continue par rapport à la suture en points séparés pour refermer la peau après une chirurgie en dehors de l'accouchement

Contexte

Au cours des opérations les chirurgiens font une entaille (incision) dans la peau pour accéder au site opératoire. Les incisions sont refermées avec des sutures (couture), des agrafes, une colle tissulaire ou un sparadrap chirurgical. Les sutures peuvent être continues ou en points séparés. Les sutures continues sont généralement insérées sous la surface de la peau en utilisant des matériaux de suture résorbables ou non résorbables. Les points de suture séparés portent sur toute l'épaisseur de la peau et sont généralement non résorbables (mais pas toujours).

La mauvaise cicatrisation des plaies augmente les coûts des soins de santé et conduit à de mauvais résultats esthétiques. Nous avons tenté de déterminer s'il est plus efficace d'utiliser des sutures continues ou en points séparés pour refermer les plaies après une chirurgie en dehors l'accouchement par une recherche exhaustive de la littérature médicale pour des essais contrôlés randomisés (ECR) ayant comparé ces deux méthodes de fermeture de la peau (en août 2013).

Caractéristiques des études

Nous avons identifié cinq ECR avec un total de 827 participants. Sept cent trente participants (384 ont reçu une suture continue et 346 une sutures en points séparés) ont fourni des données pour cette revue. Les participants ont subi une opération de l'abdomen ou de l'aine.

Résultats principaux

Les seuls critères de jugement rapportés étaient l'infection superficielle du site opératoire, la réouverture superficielle de la plaie et la durée du séjour hospitalier. Aucun autre critère de jugement important, y compris la qualité de vie, les critères de jugement relatifs au patient à long terme et l'utilisation des ressources de santé, n'a été rapporté.

Environ 6 % des participants ont développé une infection superficielle du site opératoire, mais il n'y avait aucune différence significative entre les deux groupes dans la proportion de participants en ayant développé. Environ 4 % des participants ont eu une réouverture superficielle de la plaie. La proportion de participants atteints de ce problème dans le groupe de suture continue était environ un dixième de celle dans le groupe de suture en points séparés. La plupart des réouvertures de plaie sont survenues dans deux essais qui utilisaient des fils résorbables pour la suture continue et des fils non résorbables pour la suture en points séparés. Les sutures non résorbables sont retirées sept à neuf jours après l'opération, mais les sutures résorbables ne sont pas enlevées, et donc soutiennent la plaie plus longtemps - ce qui peut expliquer la différence dans la distribution de ce problème entre les groupes. Il n'y avait aucune différence significative entre les groupes dans la durée de séjour à l'hôpital.

Les réouvertures superficielles de la plaie sont réduites par une suture continue sous-cuticulaire. Cependant, dans les essais qui ont contribué à ce résultat, le retrait des sutures s'est fait dans un seul groupe (suture en points séparés), ce qui peut avoir conduit à cette observation. Le nombre de participants inclus dans cette revue était faible et le suivi après la chirurgie était de courte durée.

Qualité des preuves

La qualité globale des preuves était très faible. Les niveaux de biais dans les études étant généralement élevés ou incertains, il pourrait y avoir eu des défauts méthodologiques dans l'organisation des essais qui peuvent produire des résultats erronés.

Recherches futures

D'autres essais bien conçus à faible risque de biais sont nécessaires.

Conclusions des auteurs: 

La déhiscence superficielle de la plaie peut potentiellement être réduite par l'utilisation de sutures sous-cuticulaires en surjet. Cependant, l'incertitude persiste sur cette question en raison de la qualité des preuves. En outre, la nature des matériaux de suture utilisés peut avoir conduit à cette observation, puisque les matériaux de suture utilisés pour la technique en surjet n'avaient pas besoin d'être retirés, alors que les points de suture (non résorbables) utilisés dans les groupes de comparaison avaient besoin d'être enlevés. Les différences dans les méthodes de fermeture de la peau ont le potentiel d'affecter les critères de jugement relatifs au patient et l'utilisation des ressources sanitaires. D'autres essais bien conçus à faible risque de biais sont nécessaires pour déterminer quel type de suture est plus efficace.

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Contexte: 

La plupart des procédures chirurgicales impliquent l'incision de la peau, permettant au chirurgien d'accéder au site opératoire. La majorité des plaies chirurgicales sont refermées entièrement à la fin de la procédure ; cette revue se concentre sur ces plaies refermées. Il existe de nombreuses manières de fermeture de l'incision chirurgicale, par exemple, à l'aide de sutures (couture), d'agrafes, de colles tissulaires ou sparadraps chirurgicaux. La suture peut être en surjet ou en points séparés. De manière générale, les sutures en surjet sont habituellement sous-cuticulaires et peuvent être résorbables ou non, tandis que les points de suture sont généralement non résorbables et impliquent toute l'épaisseur de la peau - même si certains chirurgiens utilisent des points de suture résorbables.

Objectifs: 

Comparer les bénéfices et les inconvénients des techniques de fermeture de la peau en surjet et en points séparés chez des participants subissant une chirurgie non obstétricale.

La stratégie de recherche documentaire: 

En août 2013, nous avons effectué des recherches dans les bases de données suivantes : registre spécialisé du groupe Cochrane sur les plaies et contusions ; le registre Cochrane des essais contrôlés (CENTRAL) (Bibliothèque Cochrane) ; Ovid MEDLINE, Ovid MEDLINE (In-Process & Other Non-Indexed Citations) ; Ovid Embase et EBSCO CINAHL.

Critères de sélection: 

Nous avons inclus uniquement des essais contrôlés randomisés (ECR) ayant comparé la fermeture de la peau en surjet et en points séparés, qu'il y ait eu ou non des différences dans la nature des matériaux de suture utilisés dans les deux groupes. Nous avons inclus dans l'analyse tous les ECR pertinents, indépendamment de la langue, du statut et de l'année de publication ou de la taille de l'effectif.

Recueil et analyse des données: 

Deux auteurs de la revue ont indépendamment identifié les essais et extrait les données. Nous avons calculé le risque relatif (RR) avec des intervalles de confiance (IC) à 95 % pour comparer les résultats binaires entre les groupes, et calculé la différence moyenne (DM) avec des IC à 95 % pour comparer les résultats continus. Nous avons effectué une méta-analyse en utilisant un modèle à effets fixes et à effets aléatoires. Nous avons effectué une analyse en intention de traiter lorsque cela était possible.

Résultats principaux: 

Nous avons inclus cinq ECR avec un total de 827 participants. Les critères de jugement étaient disponibles pour 730 participants (384 participants randomisés à la suture en surjet et 346 participants aux points de suture). Tous les essais présentaient un risque de biais incertain ou élevé. Les participants ont subi une opération abdominale ou à l'aine. Les seuls critères de jugement signalés dans les essais étaient l'infection superficielle du site opératoire, la déhiscence (réouverture) superficielle de la plaie et la durée du séjour hospitalier. D'autres critères de jugement importants tels que la qualité de vie, les critères de jugement relatifs au patient à long terme et l'utilisation des ressources de santé n'ont pas été rapportés dans ces essais.

Dans l'ensemble, 6,5 % (39/602 participants, quatre essais) ont développé des infections superficielles du site opératoire. Il n'y avait aucune différence significative entre les groupes dans la proportion de participants ayant développé des infections superficielles du site opératoire (RR 0,73 ; IC à 95 % 0,40 à 1,33). Un total de 23 participants (23/625 (3,7 %), quatre essais) ont présenté une déhiscence superficielle de la plaie. Vingt-deux de ces 23 participants appartenaient au groupe de points de suture. La proportion de participants ayant présenté une déhiscence superficielle de la plaie était statistiquement significativement plus faible dans le groupe de suture en surjet par rapport au groupe de points de suture (RR 0,08 ; IC à 95 % 0,02 à 0,35). La plupart de ces déhiscences de plaies ont été rapportées dans deux essais récents dans lesquels les groupes de suture en surjet ont reçu des sutures sous-cuticulaires résorbables, tandis que les groupes de points de suture ont reçu des sutures transcutanées non résorbables. Les sutures non résorbables ont été retirées sept à neuf jours après la chirurgie dans les groupes de points de suture, alors que les sutures dans les groupes de comparaison, résorbables, n'ont pas été retirées. La technique de suture en surjet avec des fils résorbables ne nécessite pas un retrait des sutures et fournit un soutien à la plaie pendant une période plus longue. Cela peut avoir contribué à la différence entre les deux groupes dans la proportion de participants ayant présenté une déhiscence superficielle de la plaie. Il n'y avait aucune différence significative dans la durée du séjour à l'hôpital entre les deux groupes (DM -1,40 jours ; IC à 95 % -7,14 à 4,34).

Notes de traduction: 
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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens.